Michel Angers peu intéressé à imposer des conditions de travail

Le maire de Shawinigan Michel Angers.... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Plutôt tiède sur les gains réalisés dans le cadre du nouveau pacte fiscal entre l'Union des municipalités du Québec et le gouvernement provincial, le maire de Shawinigan s'est fait violence pour accepter le principe d'imposer des conditions de travail aux employés municipaux en cas de négociations infructueuses. Michel Angers s'est rallié, mais il ne s'agira visiblement pas de sa stratégie pour régler les prochaines conventions collectives dans sa cour.

«Je me suis exprimé en étant en désaccord avec la possibilité de décréter des conditions de travail», confie-t-il. «J'ai toujours cru à une négociation gagnant-gagnant.»

«Quand le gouvernement du Québec décrète des conditions de travail à ses employés, ça se passe à l'Assemblée nationale, sans voir les impacts. Au conseil municipal, le maire travaille au quotidien avec les cols bleus, les cols blancs. Le fait de décréter des conditions de travail fera en sorte que les relations, pendant une convention collective, seront extrêmement difficiles à vivre.»

Pour l'ex-syndicaliste, ce nouvel outil heurte de plein front ses principes selon lesquels avec deux parties de bonne foi, on finit par s'entendre.

«Je préfère travailler en partenariat», souligne-t-il. «J'ai toujours été convaincu qu'une négociation dans laquelle on considère nos syndicats comme des partenaires donnera une situation qui avantagera la municipalité.»

«Je n'ai jamais été de ceux qui pensent qu'imposer des conditions de travail est une solution gagnante», ajoute le maire. «Ça a des dommages collatéraux extrêmement importants pour les relations de travail. La négociation de bonne foi est toujours préférable à des conditions imposées.»

M. Angers fait remarquer que les municipalités ne possèdent pas encore officiellement ce pouvoir, qui doit notamment passer le test des tribunaux.

«Avant d'en arriver à l'imposition de conditions de travail, il y aurait tout un processus à suivre», souligne-t-il.

«Le gouvernement dit qu'il regardera ces éléments en 2016. Nous ne les avons donc pas encore. Si des collègues des autres villes considèrent que ça peut être un levier extrêmement important pour balancer le rapport de force, peut-être. Mais je suis encore convaincu que la négociation traditionnelle est ce qu'il y a de mieux. Je n'ai jamais cru à une négociation avec le revolver sur la table.»

La Ville de Shawinigan discute actuellement avec ses cols bleus et ses cols blancs, dont les contrats de travail sont échus depuis le31 décembre 2014. Celui des pompiers est terminé depuis le31 décembre 2013, mais une entente de principe sera soumise aux syndiqués prochainement. Le personnel cadre et non syndiqué recherche aussi une nouvelle entente, la dernière étant également échue depuis le 31 décembre 2014.

Très peu d'information filtre sur l'allure de ces négociations jusqu'à maintenant, mais le maire fait toujours confiance aux processus en cours.

«Je suis convaincu que nos employés comprennent bien la situation, les enjeux financiers», indique-t-il. «La conclusion sera gagnant-gagnant. Jusqu'à maintenant, la négociation se fait de façon très harmonieuse.»

Alain Thiffault, président des cols bleus, ne détecte effectivement aucun orage à l'horizon, mais il déplore que le processus avance à pas de tortue jusqu'à maintenant. Le 1er octobre, les deux parties se rencontreront pour la quatrième fois seulement dans le cadre de cette négociation.

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