Pacte fiscal: des maires divisés en région

Le maire de Nicolet Alain Drouin.... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le maire de Nicolet Alain Drouin.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Mercredi, à l'issue de l'assemblée générale extraordinaire de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), les membres ont approuvé à 80 % le projet d'entente de partenariat négociée entre les partenaires municipaux et le gouvernement du Québec. Si les maires de Shawinigan et Bécancour partagent l'opinion du plus grand nombre, ceux de Nicolet et de La Tuque ont admis faire partie des 20 % à avoir voté contre le pacte fiscal proposé.

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Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies

Sylvain Mayer

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Le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

«On ne gagne rien au niveau financier. On nous a demandé de voter, d'être solidaire. De qui? De quoi? C'est venue d'où cette pression-là?», a lancé Alain Drouin au lendemain de la rencontre tenue à Lévis.

Selon la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy, l'entente permet de sécuriser les finances municipales pour les quatre prochaines années, de faire un pas de géant vers la reconnaissance des municipalités comme de véritables gouvernements et d'obtenir des outils législatifs essentiels pour rétablir l'équilibre dans les relations du travail.

Mais le premier magistrat de Nicolet aurait plutôt souhaité que l'UMQ envoie un message clair à l'État, après l'imposition d'un pacte fiscal transitoire l'an dernier. «C'est l'ensemble du monde municipal qui sort perdant», soutient celui qui, à la lumière du passé, ne fait guère confiance aux divers engagements du gouvernement.

Quand on lui demande s'il n'est pas tenté d'imiter son homologue de Trois-Rivières qui a claqué la porte de l'UMQ, Alain Drouin répond non sans hésiter. «Ce n'est pas juste un organisme qui négocie, il offre d'autres services. Et je ne fais aucun reproche à l'UMQ qui est allée au bout de ses affaires», affirme-t-il.

Interrogé à savoir si la récurrence des compressions de 300 millions de dollars allait causer problème en vue du prochain budget municipal 2016, le maire de Nicolet fait remarquer que «le mal a été fait l'an dernier».

Même constat du côté du maire de Louiseville, Yvon Deshaies, pour qui «le grand coup a été donné». Celui-ci n'a pu assister à l'assemblée de l'UMQ, étant retenu au même moment du côté de la Fondation Rues Principales.

«J'aurais voté contre. Je ne peux pas dire que je sors gagnant», a commenté celui qui se dit peu concerné par le pouvoir de décréter les conditions de travail des employés municipaux lorsqu'une négociation achoppe. «Ce sont les villes de 30 000 habitants et plus que ça va aider», a-t-il indiqué.

Même son de cloche du côté du maire de La Tuque, Normand Beaudoin, pour qui le pacte fiscal se veut plus avantageux pour «les grosses municipalités». «Il n'y a rien pour me satisfaire alors que je viens de finir de négocier, pour cinq, six ans de paix syndicale», a confié celui qui s'est exprimé en défaveur de la proposition. Malgré cela, il tient à demeurer au sein de l'UMQ «qui me sert à d'autres choses, pour ses instances juridiques ou en ressources humaines».

Déjà, le maire de Shawinigan, Michel Angers, avait fait connaître sa déception de «ne pas être en mesure de récupérer nos billes». Mais il a néanmoins décidé de se rallier à la majorité.

C'est également le cas du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, qui s'est dit favorable au pacte fiscal proposé sans pour autant être disponible pour le vote. «Les résultats étaient déjà pas mal escomptés, mais il y a plusieurs éléments qui ne nous touchaient pas vraiment», reconnaît-il.

Par ailleurs, ce dernier souligne que dans sa ville, les relations de travail ne sont pas tendues avec le syndicat. Mais il dit comprendre la déception de ceux qui s'attendaient à ce que le gouvernement leur remette de l'argent, après les coupes de l'an dernier.

Finalement, M. Dubois dit aussi miser sur les engagements de l'entente pour changer les règles du jeu en simplifiant la reddition de comptes, en allégeant le cadre réglementaire, en diminuant le fardeau administratif et en modifiant les paramètres des programmes.

«Qu'on nous laisse mener nos villes comme on le pense», conclut celui qui aimerait bien, par exemple, pouvoir adopter des règlements plus rapidement.

Il n'a pas été possible de joindre le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, pour connaître sa réaction au vote de l'UMQ.

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