Le pape François est acclamé à Washington

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Le pape François

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Associated Press
Washington

Le pape François a attaqué de front les questions épineuses des changements climatiques, de l'immigration et des inégalités, mercredi, au premier jour complet de sa visite aux États-Unis, signalant ainsi qu'il n'éviterait pas les enjeux qui ont profondément divisé les Américains.

De passage à Washington, le pape s'est également adressé à 450 évêques américains, dont plusieurs se rallient difficilement à la nouvelle direction de justice sociale que le pontife donne à l'Église catholique. Il a gentiment demandé aux évêques de renoncer à un «langage dur et polarisant», tout en louant leur courage devant les scandales d'abus sexuels au sein de l'Église. Cela a d'ailleurs choqué des victimes, qu'il pourrait bien rencontrer au cours de son séjour.

La ville politiquement divisée et souvent stoïque de Washington s'est animée durant la visite du pontife. Des milliers de personnes, dont certaines qui espéraient faire bénir leurs enfants, se sont massées le long de l'avenue de la Constitution pour voir passer le défilé papal. À bord d'une Jeep blanche spécialement modifiée, les gardes du corps du pape ont extrait plusieurs enfants de la foule pour que le pontife puisse les embrasser et les bénir. Quand une fillette a tenté de s'approcher de la papemobile et que ses gardes ont voulu l'éloigner, le pape lui a fait signe de s'approcher pour l'embrasser et la bénir.

Fidèle à sa réputation de «pape du peuple», il a fait attendre le président américain Barack Obama et d'autres dignitaires à la Maison-Blanche, prenant le temps de s'entretenir avec des dizaines d'écoliers qui s'étaient massés devant la nonciature du Vatican. Il a discuté avec plusieurs d'entre eux et s'est même arrêté le temps de quelques égoportraits.

Le pape s'est ensuite rendu à la Maison-Blanche, où il a été accueilli par le président Obama et son épouse Michelle. Le couple présidentiel semblait radieux quand le pontife est arrivé à bord de sa petite Fiat - possiblement le plus modeste véhicule à avoir jamais conduit un dignitaire jusqu'à leur porte.

Le Saint-Père a prononcé un discours bref, mais dirigé. S'exprimant d'une voix douce et dans un anglais parfois difficile, il a affirmé qu'en tant que fils d'une famille d'immigrants - ses parents italiens ont quitté le pays pour l'Argentine -, il était «heureux d'être invité dans ce pays, qui a été en grande partie bâti par de telles familles».

Il s'est également montré très enthousiaste face au programme environnemental de l'administration Obama, félicitant le président pour les mesures de lutte contre la pollution atmosphérique qu'il a prises. Lançant un message ferme aux climato-sceptiques, il a dit que la planète en réchauffement «exige de nous une reconnaissance sérieuse et responsable» de ce qui attend les enfants d'aujourd'hui. Il a également déclaré que le problème du réchauffement de la planète «ne peut plus être confié aux prochaines générations».

Le président Obama était plutôt en accord avec les positions du pape, lui qui demande, avec peu de succès, aux républicains d'agir sur les questions du climat et de l'immigration. Il a remercié le pape François de rappeler au monde «l'obligation sacrée de protéger la planète - ce magnifique cadeau de Dieu».

Le pape avait aussi un message pour les conservateurs du pays, leur demandant de protéger la liberté de religion - «un des trésors les plus précieux de l'Amérique».

«Tous sont appelés à la vigilance, a-t-il dit, pour préserver et défendre cette liberté face à tout ce qui pourrait la menacer ou la compromettre.»

M. Obama a lancé, de son côté, que le pontife était une force morale qui «nous secoue hors de notre complaisance» en nous rappelant de nous soucier des plus démunis et de la planète.

Après ces remarques, les deux se sont dirigés vers le Bureau ovale pour une rencontre en tête à tête, à laquelle seul un interprète a assisté. Les employés de la Maison-Blanche ont affirmé que le contenu de la discussion était privé et ont refusé de dire si l'avortement ou le mariage gai avaient été abordés, des sujets qui divisent les deux leaders.

Washington n'est que le premier arrêt de la visite de six jours du pape aux États-Unis. Il deviendra jeudi le premier pontife à prendre la parole devant le Congrès.

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