Le maire Angers déçu par le pacte fiscal

Le maire de Shawinigan Michel Angers ne cachait... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le maire de Shawinigan Michel Angers ne cachait pas sa déception mercredi, à l'endroit du nouveau pacte fiscal.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil, Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

Malgré des compressions récurrentes de 300 millions $, les membres de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) ont voté à 80 % en faveur du pacte fiscal proposé par le gouvernement. «On n'est peut-être pas plus riches, mais on est plus forts», a résumé le maire de Montréal Denis Coderre.

Après trois heures de discussion, les 300 élus québécois réunis au Centre des congrès de Lévis ont décidé de dire oui à la proposition du gouvernement. Un gain majeur pour les maires est d'avoir le droit, dès le printemps 2016, de décréter les conditions de travail de leurs employés.

«Mon os à moi, ce que je voulais comme boni là-dedans, c'était d'avoir le droit de décréter. On vient de bouleverser les relations de travail au Québec dans le domaine municipal et c'est à l'avantage de tous les payeurs de taxes», a lancé le maire de Québec Régis Labeaume.

«Pour notre conseil d'administration, ce pacte fiscal n'est pas une fin, mais c'est un début vers l'autonomie municipale», a lancé Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'UMQ, qui soutient que le gouvernement leur a donné plusieurs outils qui permettront aux villes de mieux se gérer elles-mêmes.

Le ministre Pierre Moreau a réagi au résultat du scrutin par la voix de son attachée de presse. «Le ministre se réjouit de ce résultat, a affirmé Catherine Poulin. Il reste une étape importante, celle du vote des membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Il espère un vote positif parce que c'est une entente raisonnable.» Les membres de la FQM se prononceront par voie électronique de jeudi à samedi.

Michel Angers déçu

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne cachait pas sa déception à l'endroit du nouveau pacte fiscal. Il a d'ailleurs fait état de ses préoccupations devant le conseil d'administration de l'UMQ, sur lequel il siège, ainsi que lors de l'assemblée générale. Michel Angers indique que les débats ont été «bien animés».

«D'entrée de jeu, j'ai exprimé que j'étais très déçu. Je m'attendais lorsqu'on a signé le pacte transitoire qu'on allait ravoir nos billes. Ça n'a pas été le cas», note le maire de Shawinigan.

En démocrate, Michel Angers a décidé de se rallier à la majorité. «Il y a eu toutefois plein d'ouvertures dans plusieurs domaines, dont l'allégement réglementaire pour les gouvernements de proximité, pour faire en sorte qu'on soit capable de reconnaître les compensations tenant lieu de taxes. Il y a des avancées, mais à plus long terme.»

Le maire de Shawinigan affirme que les compressions récurrentes de 300 millions $ toujours imposées aux municipalités par ce nouveau pacte fiscal entraînent «des impacts importants». «Lors du dernier pacte fiscal transitoire nous avons dû faire des coupes importantes et restreindre les dépenses. Et je considère qu'avec ce nouveau pacte fiscal, j'aurai pour les deux prochaines années un exercice financier extrêmement difficile à faire», affirme Michel Angers. «J'aurai besoin de la collaboration de tous nos partenaires, que ce soit les employés ou l'administration.»

L'entente prévoit un ajustement de la péréquation pour les villes dont la richesse foncière est faible. Shawinigan fait justement partie de ces villes. Bien que cet engagement semble intéressant pour Michel Angers, il n'a pas été chiffré. «J'ai mentionné très clairement que Shawinigan ne devait pas être perdante pour la péréquation. Notre richesse foncière étant parmi les plus basses au Québec, on a énormément besoin de ces montants», soutient M. Angers.

La CSN affirme que «ça va brasser»

Les syndicats ont été soufflés d'apprendre que le gouvernement du Québec a accepté de donner aux municipalités le pouvoir de décréter les conditions de travail de leurs employés lorsqu'une négociation achoppe. Ils ont fait sentir leur mécontentement quelques minutes avant la réunion des maires de l'UMQ, au Centre des congrès de Lévis.

Par «pur hasard», nous dit-on, la CSN tenait son conseil confédéral de la rentrée au même endroit que la réunion de l'Union des municipalités hier. Vers 15 h 45, les syndiqués se sont rassemblés avec drapeaux et crécelles, à quelques mètres de l'entrée de la salle.

Ils ont voulu lancer un message ultime aux maires, avant qu'ils ne votent sur le pacte fiscal, qui prévoit des compressions de 300 millions $ annuellement, pendant quatre ans, en échange de nouveaux pouvoirs, comme celui de décréter les conditions de travail.

«Si les maires embarquent là-dedans, ça va brasser dans les municipalités, je peux vous l'assurer», a lancé Jacques Létourneau, président de la CSN, qui croit que ce pacte n'a qu'un but: forcer les municipalités à accepter d'énormes compressions, en échange de quoi elles pourront rogner sur les conditions de travail des employés et ainsi économiser.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer