Mathieu Grégoire au coeur d'un tourbillon médiatique

Mathieu Grégoire ne s'attendait pas à faire la... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Mathieu Grégoire ne s'attendait pas à faire la manchette de tous les médias, lundi, après avoir dévoilé sur les réseaux sociaux l'agression dont il a été victime au Festival western de Saint-Tite. Lundi, près de 15 000 personnes avaient partagé son histoire qui, selon lui, relève de l'homophobie.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Mathieu Grégoire ne s'attendait pas à faire les manchettes nationales. Passé à tabac lors du Festival western de Saint-Tite (FWST), agression dont les motivations, estime-t-il, relèvent de l'homophobie, le jeune Trifluvien entend désormais utiliser le micro qui lui est tendu pour dénoncer haut et fort la violence dont sont victimes les membres de la communauté gaie.

En retour, si Mathieu Grégroire se découvre l'énergie du combattant, Martin Caron, lui, repose toujours dans le coma avec avoir reçu, toujours au Festival western, un violent coup de pied au visage.

Mathieu Grégoire a été invité à l'émission de Denis Lévesque et à celle de Mario Dumont, deux populaires tribunes télévisuelles québécoises. Même l'acteur Jasmin Roy, qui lutte contre l'intimidation à l'école, aurait été touché par son malheur. Moins de quarante-huit heures après son agression, le principal concerné avoue qu'il est un peu étourdi par l'attention dont il est la cible.

«Aujourd'hui [lundi] c'est la pagaille, ça roule beaucoup. Je ne sais plus trop où donner de la tête», reconnaît M. Grégoire à bout de souffle. «Je n'ai pas eu le temps de me reposer. Avec tout ça, pas eu le temps de décanter de la situation. Je ne m'attendais pas à ça.»

Maintenant que les projecteurs sont tournés vers lui, Mathieu Grégoire veut diriger le faisceau de lumière sur une cause sociale, la sienne, celle de la communauté gaie. Le jeune instructeur de zumba souhaite utiliser les caméras pour rappeler qu'en 2015, les homosexuels ne sont pas toujours traités avec les égards auxquels ils ont droit, souvent dénigrés, ridiculisés, intimidés, voire, comme lui, battus.

«Je veux me lever et je veux prendre la parole pour ma communauté», mentionne le jeune homme avec conviction. «Je veux dire aux gens que [la violence commise envers les homosexuels], c'est quelque chose qui est encore d'actualité. Oui, les gens ont, en général, une plus grande ouverture, mais pas assez grande pour qu'on puisse être à l'aise tout le temps. On entend encore des situations de gais qui se suicident, des gais qui se font battre, des gais qui sont jetés à la porte par leurs parents. Pour moi, c'est important que les gens sachent que ça existe encore, même si parfois c'est très insidieux. Souvent, ça brise des vies.»

Lorsqu'on lui demande s'il participera l'an prochain aux festivités du FWST, Mathieu Grégoire est catégorique. «Il n'est pas question que je laisse mon agresseur gagner», insiste-t-il.

TOUJOURS DANS LE COMA

Martin Caron, lui, ne pourra peut-être jamais plus participer aux festivités du FWST. Lundi encore, l'homme de 32 ans reposait dans un profond coma après avoir été frappé à la tête, en pleine rue à Saint-Tite, dans la nuit de jeudi à vendredi. Plus le temps passe et plus sa famille se fait un sang d'encre. Plus le temps passe et plus les séquelles risquent d'être graves.

«Présentement, il y a un côté de son cerveau qui ne fonctionne qu'à 15 % de ses capacités. Le neurologue pense que ça ne reviendra jamais plus comme c'était. C'est sûr que Martin va avoir des pertes parce qu'il a manqué de sang au cerveau», déplore Louis Boisvert, le beau-frère de M. Caron. «À son réveil, il y a des risques de décès, parce que c'est là que le choc va arriver.» Samedi dernier, M. Boisvert avait offert plusieurs milliers de dollars à quiconque lui fournirait de l'information pour retrouver l'agresseur.

LE FWST RÉAGIT

L'ampleur médiatique entourant l'agression de M. Grégoire fut telle, lundi, que la direction du festival et l'administration municipale de Saint-Tite y sont allées de déclarations officielles. Toutefois, autant le festival que la Ville refusent d'accorder des entrevues.

«Nous sommes préoccupés par ces faits. Ces types de comportement n'ont pas lieu d'être. Les gens viennent de partout et savent se comporter, mais il y a des exceptions comme dans toutes les villes. Nous travaillons pour avoir un événement sécuritaire et plaisant pour toute la famille», dit Pascal Lafrenière, le directeur du festival, par voie de communiqué.

Depuis 2013, sur la plage horaire du FWST, une dizaine de plaintes concernant des crimes contre la personne (menaces de mort, voies de fait simples, agressions armées) sont traitées chaque année par la Sûreté du Québec.

Pour l'édition 2015, la SQ confirme que trois enquêtes sont en cours.

M. Lafrenière ajoute que la direction du festival ne peut commenter les incidents afin de ne pas nuire aux enquêtes.

André Léveillé, maire de Saint-Tite, adopte la même position. Également par voie de communiqué, la municipalité assure qu'elle prend la situation très au sérieux et qu'elle met tout en oeuvre afin de sécuriser sa population et les visiteurs.

Quant à savoir si la Ville envisage d'accentuer la sécurité dans ses rues ou si elle va demander un resserrement de l'application du règlement municipal interdisant la consommation d'alcool sur la place publique, le maire Léveillé se refuse à tout commentaire.

Ce règlement municipal est déjà appliqué, indique la sergente de la SQ, Mélanie Dumaresq. La porte-parole souligne que les policiers présents au festival distribuent bon an, mal an, une trentaine de constats d'infraction pour ivresse sur la place publique. «C'est toléré [...] S'il y a exagération ou si ça trouble le cours des choses, on intervient», mentionne la sergente Dumaresq, en ajoutant que la présence policière est «ajustée selon l'affluence».

L'AIDE DU PUBLIC DEMANDÉE

Toute personne ayant des renseignements sur l'un ou l'autre des incidents est invitée à contacter la centrale d'informations criminelles au 1 800 659-4264.

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