Le Festival western mécontent de la manifestation des enseignants

Des milliers d'enseignants et autres professionnels de l'éducation... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Des milliers d'enseignants et autres professionnels de l'éducation ont répondu à l'appel lancé par la CSQ et ont manifesté leur présence dans le cadre du Festival western de Saint-Tite.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) C'est connu, le Festival western de Saint-Tite (FWST) est une tribune privilégiée pour les politiciens. Plus de 600 000 personnes à portée d'une poignée de main, ce n'est pas tous les jours que les hommes et les femmes d'État peuvent bénéficier d'un tel achalandage. Dimanche, les enseignants et les professionnels du milieu de l'éducation ont logé à la même enseigne, au grand dam de l'organisation du FWST.

Ils étaient près de 3000 membres de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) agglutinés devant le parvis de l'église de Saint-Tite, dimanche, la tête recouverte d'un chapeau de cowboy en feutre bleu. Près de 3000 personnes oeuvrant dans les écoles du Québec venues pointer du doigt le couperet qui s'abat depuis cinq ans sur le système d'éducation québécois. Près de 3000 manifestants qui ont clamé qu'à l'heure actuelle, travailler dans une école, «c'est parfois un rodéo et que les inacceptables compressions sont imposées en cowboy dans le réseau de l'éducation».

Une allégorie western qui n'a pas plu, c'est le moins qu'on puisse dire, à l'organisation du FWST. Si les politiciens, en campagne électorale ou non, ont le loisir de semer discrètement des sourires ici et là, le directeur général du FWST, Pascal Lafrenière, estime que la manifestation de la CSQ volait littéralement la vedette aux vedettes de l'heure: les cowboys. À son avis, le FWST n'est pas un micro d'expression sociale, mais bien un espace de festivité où le plaisir doit prendre le dessus sur les revendications.

«On n'est pas tellement content», avoue d'emblée M. Lafrenière, informant du même souffle les autres groupes de pression qu'ils ne seront pas les bienvenus l'an prochain. «Quelles que soient les raisons, qu'elles soient bonnes ou pas, ça vient porter ombrage à l'événement. Moi, comme directeur général, je ne peux pas cautionner ça. Ils sont venus exploiter mon événement. Mes bénévoles et mes employés travaillent pendant un an et toi tu débarques et tu viens faire le show dans mon show, tu viens détourner l'attention de tout le monde. Je pense que c'est manquer de respect envers notre organisation.»

Certes, les membres affiliés à la CSQ n'ont pas choisi la plateforme du FWST pour leur amour des chevaux et des queues de castor au Nutella. Dans les officines du regroupement syndical, on était bien conscient que les rues seraient noires de monde et que, rodéo oblige, les médias présents sur place seraient un porte-voix inespéré. Notons qu'une entente avait été établie entre la CSQ, la Municipalité de Saint-Tite et la Fabrique, entente qui n'a pas été paraphée par le directeur général du FWST. «Est-ce que ça va faire changer la position gouvernementale que de porter ombrage au travail de mes bénévoles? Je me permets d'en douter», croit M. Lafrenière, qui est père de trois jeunes enfants.

Doléances

Somme toute, les professeurs en avaient gros sur le coeur, dimanche. Si l'ambiance était plutôt festive devant l'église de la rue Notre-Dame, les maïs et les sacs de croustilles distribués à bon train, les doléances étaient réelles. L'objectif de la CSQ: informer la population des impacts négatifs créés par un milliard $ de coupes effectuées dans le système d'éducation au cours des cinq dernières années. Un supplice de la goutte qui, assure la CSQ, fera tomber l'arbre dès l'automne si le gouvernement ne revient pas sur ses positions.

«Saint-Tite, c'est un des événements les plus courus au Québec, c'est un très bel événement. La population nous dit depuis des années qu'elle veut comprendre ce qui se passe en éducation», souligne la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement CSQ, Josée Scalabrini. Et la population, dimanche, était réunie en nombre dans les artères de la capitale mondiale du cheval. «Aujourd'hui, on vient voir autre chose que des cowboys à cravate. On vient voir de beaux cowboys qui ont souvent de belles stratégies, et on espère que le gouvernement va s'inspirer des gens qui veulent prendre le taureau par les cornes.»

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