«Un pas à la fois» contre l'intimidation

Après sept jours de course, Gabriel Harvey a... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Après sept jours de course, Gabriel Harvey a été accueilli en véritable héros à l'école secondaire des Pionniers, où il a livré un discours inspiré et inspirant.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Gabriel Harvey a couru les 145 kilomètres qui séparent Montréal de Trois-Rivières. Pendant sept jours consécutifs, le jeune homme de 18 ans a parcouru un demi-marathon chaque jour pour sensibiliser la population à la dysphasie, mais également pour dénoncer haut et fort l'intimidation dont sont victimes, comme lui, les jeunes dysphasiques.

Jeudi, plus d'une centaine d'élèves avaient formé une haie d'honneur pour applaudir leur camarade sur le terrain de l'école secondaire des Pionniers. Une centaine d'élèves qui ont pris Gabriel pour modèle, une poignée de professeurs et d'intervenants très fiers du défi relevé, contre vents et marées, par «leur» élève. Le principal intéressé, lui, soufflait encore lorsqu'il a prononcé un discours de remerciement inspirant, galvanisant la foule.

Rejoint au téléphone, Gabriel a d'emblée avoué que ce défi ne s'était pas réalisé en criant ciseau. Dame Nature n'a pas toujours été de son côté, additionnant à la pluie drue des températures plus froides. Certes, il a dû surmonter «quelques bas, mais la majorité du temps c'étaient des hauts», note-t-il. Après un an d'entraînement sous les conseils de son entraîneur privé, Cédric Tremblay-Fournier, deux heures de course tous les jours durant l'été, Gabriel avoue avoir franchi les kilomètres «un pas à la fois», jour après jour.

«J'ai eu vraiment du plaisir à relever ce défi», assure le jeune coureur. À quelques reprises, des amis l'ont accompagné pour quelques foulées, sans compter son père, Martin Harvey, qui chaque matin se lançait à la suite de son fils pour l'encourager.

Cela dit, c'est d'abord pour une cause que Gabriel a chaussé ses espadrilles, celle de la dysphasie en général et de l'intimidation en particulier.

«Le message que je souhaite porter, c'est que même si on est atteint de dysphasie, on peut réaliser nos rêves. Moi, mon rêve, c'était de courir entre Montréal et Trois-Rivières, et je viens de le faire. Alors les autres enfants, qu'ils soient dysphasiques ou non, peuvent aussi réaliser leurs rêves», insiste Gabriel. Et l'intimidation? Le jeune homme a lui-même été pointé du doigt à moult reprises dans le cadre de ses études secondaires.

«C'est quelque chose que j'ai vécu du secondaire 1 jusqu'au secondaire 3. À partir de ce moment-là, je me suis dit que pour moi, l'intimidation, c'était assez et que je devais agir. Deux ans après, je relevais ce défi pour la dysphasie. Et comme il n'y a pas assez de gens qui dénoncent l'intimidation, je me suis dit: pourquoi ne pas commencer maintenant. Pour les jeunes atteints de dysphasie, l'intimidation, c'est souvent une réalité quotidienne», rapporte Gabriel.

Certes, les jeunes dysphasiques ont accès à des intervenants spécialisés sur la route de leur cheminement scolaire. Mais pour Gabriel, il n'y en a pas assez. Cette année, il a amassé 1100 $ pour la cause; l'an prochain, il compte bien dépasser cette somme «pour qu'il y ait plus de psychoéducateurs dans les écoles pour qu'ils puissent régler ça [l'intimidation] le plus tôt possible avec les enfants. Ça prend plus de ressources.»

Inspirer les jeunes

«Je trouvais ça bien le défi que Gabriel souhaitait relever. Je trouvais ça rassembleur, positif, un défi qui pourrait inspirer d'autres jeunes. C'est positif ce qu'il a fait et ça pourra inspirer d'autres jeunes positivement», mentionne le père de Gabriel, Martin Harvey. Un désir paternel aussitôt réalisé sur les réseaux sociaux.

«Tu es mon idole, mon modèle, la motivation qu'il me fallait! Ça faisait six mois que j'étais démotivée, autant à l'école que pour tout autre sujet.. Je n'avais plus le goût de rien faire... Je voulais tout abandonner [...] Quand je t'ai vu arriver de ton défi, ç'a allumé quelque chose dans ma tête. Tu es un exemple à suivre, tu es courageux [...] Tu m'as redonné confiance en moi, ce que j'avais perdue depuis si longtemps... Tu es une bonne source d'inspiration», écrit une jeune élève des Pionniers sur sa page personnelle.

«Parfois, certaines personnes disent que les jeunes d'aujourd'hui ne font rien, mais Gabriel vient de prouver que les jeunes d'aujourd'hui sont capables de faire de grandes choses lorsqu'ils veulent», conclut M. Harvey, et ce, qu'ils soient dysphasiques ou non.

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