RCM: l'assemblée n'est pas crédible, selon un spécialiste

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C'est cet après-midi que sera tenue l'assemblée générale du Groupe RCM au cours de laquelle il y aura élections au conseil d'administration, élections qui se dérouleront d'ailleurs dans un contexte d'incertitudes et de malaises.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est cet après-midi que sera tenue l'assemblée générale du Groupe RCM au cours de laquelle il y aura élections au conseil d'administration, élections qui se dérouleront d'ailleurs dans un contexte d'incertitudes et de malaises.

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Selon le directeur de l'Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques, Michel Nadeau, l'assemblée d'aujourd'hui «ne rencontre pas les critères de légitimité» qu'elle devrait avoir.

Photo: La Presse

C'est que personne ne savait officiellement, jeudi encore, qui seront les personnes qui se présenteront aux différents postes.

On sait que les mandats d'Yvon Picotte, président et de Guy Julien, administrateur, font l'objet de très importantes critiques à l'interne du Groupe RCM puisque ces derniers reçoivent des jetons de présence pour siéger au conseil d'administration de l'entité Soleno Recyclage.

Pour un, le directeur de l'Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques, Michel Nadeau, jette un regard fort critique sur toute cette affaire. «Je crois que l'assemblée de demain (vendredi) n'est pas crédible», dit-il.

Selon lui, l'assemblée d'aujourd'hui «ne rencontre pas les critères de légitimité» qu'elle devrait avoir. Environ une soixantaine de tout nouveaux membres seront sur place, notamment. Il s'agirait, selon nos sources, d'un stratagème pour orienter le vote.

Que cela soit vrai ou non, Michel Nadeau estime que ce genre de situation crée un malaise et soulève le doute.

RCM est un organisme «qui jouit de l'appui public», dit-il et son financement est aussi public, donc «il est important qu'il n'y ait aucune ambiguïté quant à ses dirigeants, leurs intérêts et tout ça. Lorsqu'on voit que les dirigeants de l'entreprise sont aussi dirigeants d'une entreprise que RCM ne contrôle pas et que c'est Soleno qui contrôle et qu'ils reçoivent des revenus de cette entreprise-là, ça soulève un doute. Ce n'est pas une accusation, mais ça soulève un doute quant à la loyauté», fait-il valoir.

«L'article 322 du Code civil dit bien que lorsque vous êtes administrateur d'une entreprise, il ne devrait y avoir aucune ambiguïté. Être administrateur d'une entreprise qui produit un bien et en même temps être administrateur d'une entreprise qui achète ce bien-là, ça crée un malaise qui, en termes de gouvernance, n'est pas dans les bonnes pratiques de l'art, de l'industrie, de la gouvernance», dit-il.

La chose n'est peut-être pas illégale, comme l'affirme Yvon Picotte, mais tout est une question de crédibilité, fait valoir M. Nadeau.

«Quand vous êtes un OBNL qui, peut-être à un moment donné, va avoir besoin de financement public, il faut que vous soyez à l'abri de tout soupçon», plaide Michel Nadeau.

«Est-ce crédible et souhaitable que les gens de RCM soient en même temps administrateurs d'une firme qui est responsable de la distribution, de la vente, de la production de RCM et soient rémunérés par cette firme-là? Il y a un doute. Ça provoque une situation inconfortable», dit-il.

À cela s'ajoutent les divers problèmes de procédures, comme le report de l'assemblée annuelle et les candidats aux élections qui ne sont pas identifiés.

«Là aussi, il y a faille en matière de gouvernance. Dans l'intérêt de RCM, je me demande si l'on ne devrait pas, au cours des prochains mois, convoquer une nouvelle assemblée des membres qui ont au moins six mois de membership», dit-il.

«Les soixante et quelques personnes qui sont arrivées, les ouvriers de la dernière heure... un instant». dit-il. «Il faut dissiper l'ambiguïté L'opinion publique n'est pas naïve», estime M. Nadeau.

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