ANALYSE

Trois-Rivières dans la mire des conservateurs

Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, et... (Photo: Marc Rochette, Le Nouvelliste)

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Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, et le lieutenant politique pour le Québec, Denis Lebel, en point de presse lors d'une annonce nationale.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quand on lui demande si Trois-Rivières est le comté le plus prenable en région pour les conservateurs, le lieutenant québécois Denis Lebel se montre diplomate en souhaitant la victoire du plus grand nombre de candidats pour le prochain gouvernement Harper. Mais sa deuxième visite en moins d'une semaine trahit son optimisme de «ramener Trois-Rivières à la table des décisions à Ottawa».

«Je suis très honoré. C'est une belle marque de confiance. On veut ramener Trois-Rivières à la table des décideurs», a martelé, mercredi, le candidat trifluvien, Dominic Therrien.

Et celui-ci ne pouvait souhaiter meilleure occasion pour recevoir à nouveau l'autobus du ministre sortant. Non seulement s'agissait-il d'une annonce nationale, mais en plus, elle lui aura permis de mettre à profit son expérience d'avocat en droit de l'immigration.

C'est que Denis Lebel a fait savoir qu'un gouvernement conservateur réélu «va réintroduire et adopter la loi sur le serment de la citoyenneté dans les 100 premiers jours de sa législature». Un tel projet de loi avait été présenté en juin, tout juste avant la fin de la session parlementaire. Le projet de loi C-75 est évidemment mort au feuilleton avec le déclenchement des

élections et la dissolution du Parlement.

«Mulcair et Trudeau avaient voté contre. La citoyenneté, ce n'est pas juste un privilège, il y a aussi des responsabilités», a insisté M. Lebel. Et l'une d'entre elles est de s'identifier «clairement et ouvertement» lors de ces prestations de serment, «comme le pense une majorité de Canadiens», a-t-il soutenu.

Devant le tribunal, mardi, l'avocat du ministère de la Justice, Peter Southey, a surpris la juge et la défense en déclarant que le gouvernement n'avait jamais voulu «obliger» les femmes à découvrir leur visage durant les cérémonies de citoyenneté, mais qu'il s'agissait plutôt d'un «souhait».

Questionné à ce sujet hier, le ministre Lebel a rapidement rétorqué que la position des conservateurs n'était pas qu'un souhait, mais une «volonté ferme». «Lorsqu'un gouvernement dépose un projet de loi, c'est plus qu'un souhait», a-t-il dit.

Se défendant de tenir un double discours à ce sujet - soit de présenter une position devant la Cour et une autre devant la population et les électeurs - le ministre a dit que «les juristes qui défendront la position du Canada dans ce dossier, c'est une chose, nous au niveau, ce matin, du Parti conservateur du Canada, nous réaffirmons notre volonté d'aller dans ce sens». M. Lebel a refusé de dire combien tout ce litige avait coûté au gouvernement jusqu'à maintenant.

On sait que Zunera Ishaq, une femme de 29 ans qui est arrivée en Ontario en provenance du Pakistan en 2008, avait refusé de participer à une cérémonie de citoyenneté canadienne en 2013 parce qu'elle devait se dévoiler. Elle avait plutôt déposé devant les tribunaux en janvier 2014 une demande de révision de la politique fédérale.

Mardi, la Cour d'appel fédérale a rejeté l'appel d'Ottawa d'une décision précédente qui avait déclaré illégale la tentative d'Ottawa d'interdire, par règle administrative, le niqab lors de ces cérémonies.

Les trois juges ont rendu le jugement sur le banc, affirmant qu'ils souhaitaient procéder rapidement afin de permettre à Zunera Ishaq d'obtenir sa citoyenneté à temps pour pouvoir voter aux élections fédérales du 19 octobre.

Le ministre de l'Immigration, Chris Alexander, a annoncé hier matin son intention de contester ce jugement de la Cour d'appel fédérale qui permet le port du niqab lors des prestations de serment pour obtenir le statut de citoyen canadien.

Or, Dominic Therrien s'est avéré fort utile pour faire la distinction entre l'aspect administratif du dossier et les intentions législatives du Parti conservateur. «Le niqab est un outil d'oppression, de domination et de discrimination contre la femme», a lancé le père de deux filles qui s'est déjà rendu au Nigéria, lors d'une mission humanitaire d'Avocats sans frontières, pour aider et défendre des femmes condamnées à mort.

De toute évidence, l'ancien joueur de baseball professionnel se sentait des plus à l'aise sur ce terrain juridique. Et par les temps qui courent, les circonstances semblent favorables aux conservateurs qui amorcent la deuxième partie de campagne avec un surplus budgétaire de 1,9 milliard de dollars. Des situations qui collent bien à leurs thèmes de sécurité et prospérité.

Comme quoi la balle semble rouler à sa faveur, Dominic Therrien compte dans son équipe nul autre que l'ancien président démissionnaire du Parti libéral du Canada dans Trois-Rivières, André Aubert, qui n'a guère apprécié les façons de faire des libéraux dans le choix du candidat Yvon Boivin.

D'ailleurs, s'il fallait que l'aspirant conservateur obtienne de son parti une ouverture envers les victimes de la pyrrhotite, il ne lui resterait plus beaucoup de roches dans ses souliers pour atteindre le marbre...

En collaboration avec la Presse canadienne

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