Yvon Carignan débouté

Yvon Carignan a été débouté devant la Commission... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Yvon Carignan a été débouté devant la Commission des relations du travail jeudi.

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(Trois-Rivières) Yvon Carignan, le fondateur de la Maison Carignan, a été débouté par la Commission des relations du travail (CRT). Le commissaire de ce tribunal administratif, Raymond Gagnon, a déterminé que l'ancien directeur général du centre de thérapie était un cadre supérieur lors de ses suspensions de février et avril 2014, ce qui le rendait non assujetti à la protection des dispositions de la Loi des normes du travail.

Le tribunal a donc rejeté les trois plaintes logées à la CRT par Yvon Carignan. Celui qui a fondé en 1989 le centre de thérapie, affirmait qu'il avait été suspendu - avant d'être finalement congédié -, injustement et sans motif valable.

Le commissaire évoque dans son jugement de neuf pages rendu jeudi le climat tendu qui régnait à la Maison Carignan. En juillet 2013, la Maison confie à un cadre-conseil le mandat de «mettre en place un système de gestion budgétaire et financière qui répond aux impératifs du centre». Ce cadre-conseil doit se référer entièrement à Yvon Carignan, alors directeur général du centre de thérapie.

«En peu de temps, les relations professionnelles entre les deux hommes se détériorent. Le cadre-conseil prend de plus en plus de place et monsieur Carignan le perçoit comme l'envoyé du président du conseil d'administration. À l'automne 2013, à la suite d'une pétition du personnel, le contrat de service prend fin», explique le commissaire dans son jugement.

Le jugement nous apprend également qu'Yvon Carignan jouissait d'importants avantages à titre de directeur général. «Au conseil d'administration, sont également prises les décisions portant sur la rémunération globale du directeur général. Ainsi, à son avantage, lui sont versés un bonus net après impôt de 3000 $ en 1993 et un montant forfaitaire de 3000 $ en 1995. De même, la Maison souscrit pour lui à une assurance-vie temporaire de 600 000 $ en 2005, renouvelée en 2009, afin d'assurer la pérennité de la Maison», écrit le commissaire.

En 2013, le salaire annuel du directeur général est élevé à 100 000 $.

«À ce salaire s'ajoute une contribution au régime de retraite de l'ordre de 50 000 $ par année, portant ainsi sa rémunération totale à 150 000 $, soit à près de 150 % de celle des autres cadres au service de la Maison», ajoute Raymond Gagnon.

Plus loin dans le jugement, le commissaire affirme qu'Yvon Carignan n'a pas de formation en gestion et «qu'il a un manque d'intérêt à l'égard des questions financières et administratives». «M. Carignan se voit davantage comme l'animateur en chef de la Maison et privilégie les relations interpersonnelles avec les personnes qui utilisent ses services», précise M. Gagnon en précisant qu'Yvon Carignan, alors directeur général, s'en remet à un administrateur pour la gestion financière.

En 2014, le conseil d'administration reproche à Yvon Carignan des irrégularités dans sa gestion et des pratiques administratives «qu'il considère incompatibles avec ses responsabilités comme directeur général».

IL VEUT CONTINUER À SE BATTRE

Le principal intéressé savait qu'il allait essuyer une défaite devant la CRT. Il affirme qu'il était impossible de démontrer qu'il n'était pas un cadre supérieur du centre de thérapie qu'il a lui même fondé. «La maison porte mon nom, c'est assez dur de dire que je ne suis pas un cadre supérieur. Quand tu gagnes 100 000 $, c'est dur de dire que tu passes le balai», a affirmé en entrevue Yvon Carignan.

La fin des procédures devant le tribunal administratif marquera certainement une nouvelle étape dans le litige opposant Yvon Carignan et la direction de la Maison Carignan. Il indique avoir refusé un règlement hors cour pour pouvoir continuer à se battre.

«J'aurais pu régler avec un montant. Ils sont tannés à la Maison Carignan de faire les manchettes avec cette histoire. J'ai refusé un règlement hors cour pour me battre jusqu'à la dernière goutte de mon sang avec les normes, mais j'ai un autre plan. Je peux faire ce que je veux maintenant», a ajouté M. Carignan, en évoquant la possibilité d'intenter des poursuites notamment contre des membres du conseil d'administration de la Maison Carignan.

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