L'appel à l'aide aux migrants syriens entendu

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Un certain calme régnait au principal passage frontalier entre l'Autriche et la Hongrie lundi matin, après que quelque 14 000 personnes eurent entrées en Autriche au cours des derniers jours.

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Associated Press
Berlin

La chancelière allemande Angela Merkel a demandé lundi à tous les pays d'Europe de faire leur part pour accueillir les dizaines de milliers de réfugiés qui affluent vers le continent depuis l'Afrique et le Moyen-Orient, en évoquant le week-end «émouvant et parfois estomaquant qui vient de s'écouler».

Le président français François Hollande a annoncé que son pays accueillera 24 000 réfugiés. Le premier ministre britannique David Cameron a quant à lui fait savoir que son pays accueillera jusqu'à 20 000 réfugiés syriens provenant de camps en Turquie, en Jordanie et en Syrie au cours des cinq prochaines années.

Il a déclaré au Parlement que le Royaume-Uni a une responsabilité morale d'agir, en rappelant les images troublantes des derniers jours, avant d'ajouter que les enfants et les orphelins recevront priorité. Les nouveaux arrivants profiteront de visas de «protection humanitaire» valides pour cinq ans.

M. Hollande a aussi fait savoir que Mme Merkel et lui se sont entendus sur un mécanisme de répartition des migrants à travers l'Europe.

Le premier ministre hongrois Victor Orban a toutefois prévenu qu'il n'est pas prêt à y participer et s'est demandé comment un tel système de quotas pourrait fonctionner.

Un certain calme régnait au principal passage frontalier entre l'Autriche et la Hongrie hier matin, après que quelque 14 000 personnes soient entrées en Autriche au cours des derniers jours.

Des échauffourées ont toutefois éclaté hier entre la police macédonienne et les milliers de réfugiés et migrants qui attendent de poursuivre leur périple vers le nord. Environ 2000 personnes se massaient au village grec d'Idomeni, mais les douaniers macédoniens ne laissaient passer que quelques personnes à la fois, créant des tensions. Le calme est revenu quand ils ont accéléré le rythme et environ un millier de personnes avaient pu traverser en milieu de journée.

Le ministre hongrois de la Défense Csaba Hende a annoncé sa démission hier. Son départ n'a pas été lié au fait que la clôture que la Hongrie érige le long de sa frontière de 175 kilomètres avec la Serbie n'est toujours pas terminée, mais le premier ministre Orban avait précédemment exigé qu'elle ait été complétée au plus tard le 31 août. Les travaux sont effectués par des soldats. M. Hende sera remplacé par le ministre d'État aux Sports, Istvan Simicsko.

La Grèce a demandé une aide d'urgence à l'Union européenne en réponse aux centaines de migrants et réfugiés qui arrivent sur les îles de la mer Égée chaque jour.

Mme Merkel a déclaré aux journalistes, à Berlin, que l'Allemagne s'assurera de protéger ceux qui en ont besoin, mais que ceux qui n'ont aucun espoir d'obtenir le statut de réfugié devront rapidement rentrer chez eux. L'Allemagne est prête à accueillir, et de loin, le plus grand nombre de réfugiés, mais Mme Merkel a aussi demandé l'aide de ses partenaires européens.

M. Orban s'est moqué des efforts des leaders européens pour répartir les migrants par le biais d'un système de quotas et a dénoncé ceux qui affirment que la Hongrie est le «mouton noir» du bloc. Il a dit que de tels quotas seraient complètement inutiles à l'intérieur d'un système où les gens peuvent se déplacer librement d'un pays à un autre.

Le chancelier autrichien Werner Faymann et d'autres leaders européens ont blâmé M. Orban pour le chaos qui, d'après lui, n'ont laissé à l'Autriche et à l'Allemagne d'autre choix que d'ouvrir leurs frontières aux milliers de réfugiés et migrants qui se plaignaient du traitement qui leur était réservé en Hongrie.

La plupart de ceux qui sont entrés en Autriche pendant la fin de semaine ont immédiatement pris des trains à destination de l'Allemagne. Moins d'une centaine de personnes ont demandé l'asile en Autriche.

Le gouvernement allemand a décidé au cours des dernières heures de dépenser 6 milliards d'euros l'an prochain, en prévision de l'arrivée de milliers de nouveaux réfugiés. Il adoptera aussi de nouvelles mesures pour faciliter la déportation de migrants qui arrivent de pays jugés «sécuritaires», comme le Kosovo, le Monténégro et l'Albanie. Les réfugiés recevront également moins d'argent mais plus d'avantages sociaux.

L'Allemagne a récemment prédit l'arrivée de quelque 800 000 personnes d'ici la fin de l'année. Le bras droit de Mme Merkel, Sigmar Gabriel, a reconnu que l'intégration d'autant de réfugiés ne se fera pas sans heurts.

«Je le dis très ouvertement, il y aura des conflits, a dit le ministre de l'Économie aux journalistes. Plus nous parlerons ouvertement des craintes de la population, de la peur au pays et des conflits potentiels, plus je pense que cela nous aidera à gérer la situation de manière réaliste et à affronter la réalité.»

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