Québec veut accueillir plus de réfugiés syriens

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La ministre de l'Immigration Kathleen Weil et la ministre des Relations internationales Christine St-Pierre ont annoncé ce lundi que le Québec souhaite accueillir davantage de réfugiés syriens.

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La Presse Canadienne
Montréal

Devant l'ampleur de la crise humanitaire des réfugiés syriens, le gouvernement Couillard désire accueillir davantage de personnes fuyant ce pays plongé dans la guerre civile en plus d'accélérer leur arrivée dans la province.

Alors que de nombreux pays européens ouvrent leurs portes aux réfugiés, Québec fait de même avec une cible de 3650 d'ici la fin de l'année, soit 2450 de plus que son objectif initial.

«Les mesures d'accélération nécessitent l'accord et la collaboration du gouvernement fédéral», a expliqué hier en conférence de presse la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, accompagnée de sa collègue aux Relations internationales, Christine St-Pierre ainsi que de groupes de parrainage.

Optimiste, Mme Weil a indiqué que le ministre fédéral de l'Immigration, Chris Alexander, avait été informé des intentions du Québec, ajoutant qu'elle s'attendait à une réponse rapide.

«Ils (savaient) qu'on allait diffuser ce plan d'action, a-t-elle affirmé. L'urgence, c'est que le fédéral travaille avec nous.»

Les demandes de Québec pourraient bien rester lettre morte, puisque le chef conservateur Stephen Harper, qui faisait campagne à Scarborough, en Ontario, a affirmé hier que le gouvernement fédéral n'avait pas besoin d'en faire davantage pour faciliter la tâche à la province.

Questionné sur la demande des ministres Weil et St-Pierre, M. Harper a répondu que cela correspondait à la «proportion» des réfugiés que devait recevoir la province en fonction de ce qui a déjà été promis par le Parti conservateur.

«On examine comment nous pouvons faire plus vite», s'est-il limité à dire.

Au Québec au moins 1000 demandes de parrainage concernant des Syriens - qui doivent obtenir l'aval d'Ottawa - ont été effectuées depuis le début de l'année.

La province demande également de hausser de 650 le nombre de réfugiés pris en charge par l'État et de 1800 individus pour les réfugiés parrainés. Depuis le début de l'année, 651 personnes en provenance de la Syrie sont arrivées au Québec. En 2014, la province a représenté 60 % de l'effort d'accueil canadien.

Au total, l'ensemble des mesures dévoilées par les deux ministres représenteront des coûts de 29 millions $. Ce montant sera destiné à la francisation, l'aide à l'emploi, l'éducation ainsi que la santé, entre autres.

Mme Weil a également indiqué qu'elle aimerait voir le gouvernement fédéral consentir à ce que du personnel québécois du ministère de l'Immigration puisse se rendre à Beyrouth, au Liban, où se trouvent de nombreux réfugiés syriens, afin d'accélérer le processus en ce qui a trait au parrainage.

Par ailleurs, la ministre des Relations internationales a annoncé une aide supplémentaire de 100 000 $ destinée aux organismes québécois de coopération internationale oeuvrant surle terrain en plus de la mise sur pied d'une cellule de crise afin de d'assurer les liens entre les ministères ainsi que les organismes d'aide.

L'annonce d'hier survient alors que la crise des réfugiés fait les manchettes aux quatre coins de la planète depuis la diffusion récente des images d'un petit Syrien âgé de 3 ans noyé sur une plage de la Turquie ainsi que des liens avec sa famille et le Canada.

Déjà, les villes de Montréal et Québec avaient signifié, la semaine dernière, leur volonté d'accueillir davantage de réfugiés en provenance de la Syrie.

Le père Bernard Basset, de l'Église grecque melkite catholique du Canada, qui dit avoir aidé une trentaine de familles depuis le début de l'année, a salué les mesures québécoises à l'égard des réfugiés syriens, particulièrement celles concernant l'augmentation du plafond pour parrainer.

En marge de la conférence de presse, il a souhaité une accélération rapide du traitement des demandes

«Les réfugiés ne veulent pas vivre hors de leurs pays lorsque vient le temps d'émigrer à cause du coût de la vie, a expliqué le père Basset. Par exemple, il est très dispendieux pour un Syrien d'aller s'installer au Liban en attendant d'aller ailleurs.»

La porte-parole péquiste en matière de relations internationales, Carole Poirier, a estimé qu'il s'agissait d'un «bon geste» de la part du gouvernement Couillard.

Elle espère maintenant que le gouvernement fédéral «prendra les devants» en plus de souhaiter que les municipalités québécoises se manifestent pour accueillir les Syriens qui arriveront au Québec.

«On l'a vu dans le passé avec les Kosovars ou d'autres communautés qui avaient été accueillies, par exemple, en Estrie, a observé Mme Poirier. En ne les mettant pas tous à Montréal, c'est une intégration qui se fait de façon plus proportionnée.»

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