De la plume à Facebook

Denyse Décarie (à droite) et Jelva Richter Hansen... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Denyse Décarie (à droite) et Jelva Richter Hansen (à gauche), du Danemark, se sont rencontrées pour la première fois la semaine dernière. Elles ont correspondu de 1962 à 1984, et se sont retrouvées par Facebook l'an dernier.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Denyse Décarie a reçu sa première lettre de Jelva Richter Hansen, du Danemark, en février 1962. Cinquante-trois ans plus tard, les deux femmes qui ont correspondu pendant des décennies se sont rencontrées pour la première fois. Dans la cour de la maison de Mme Décarie, sur le bord du fleuve, les deux femmes juxtaposent les lettres soigneusement manuscrites et les impressions de courriels échangés depuis qu'elles se sont retrouvées par Facebook l'an dernier.

«En 1962, j'étais pensionnaire à l'École normale Val-Marie, et dans ce temps-là, c'était la mode d'avoir des correspondantes», raconte Denyse Décarie en expliquant la genèse de son contact avec Jelva Richter Hansen, qui elle, entretenait des relations épistolaires avec plusieurs personnes dans de nombreux pays, du Japon à l'Allemagne en passant par la Grèce, l'Irlande, la Belgique et la France.

À travers leurs missives, les deux femmes ont d'une part partagé les us et coutumes de leur pays respectif, et sur un plan plus personnel, ont franchi des étapes marquantes dont la transition à la vie professionnelle, le mariage et la maternité. Puis, en 1984, les lettres ont cessé. «Nous étions en Irlande et notre voiture a été vandalisée. Mon carnet d'adresses a été volé. Je devais attendre que Denyse m'écrive et inscrive son adresse sur l'enveloppe, mais elle m'a écrit sans mettre son adresse alors je n'ai pas pu lui répondre», relate Mme Richter Hansen.

Mme Décarie et son époux voyagent souvent en Europe, surtout depuis que leur fille s'est établie en Grande-Bretagne. La Trifluvienne pensait souvent à sa correspondante du Danemark lorsqu'elle planifiait ses séjours outre-Atlantique. Puis l'an dernier, l'enseignante retraitée du Cégep de Trois-Rivières a eu l'idée de chercher son amie sur Facebook.

«Je ne suis pas très Facebook. Je me suis inscrite parce que ma petite-fille me l'a demandé! Mais je me suis dit que Jelva, elle, devait être du type Facebook. J'ai tapé son nom et j'ai toute suite reconnu sa photo!» Les deux femmes ont ainsi repris contact et ont recommencé à s'écrire, mais par courriel.

L'étape suivante était la rencontre en personne. Mme Richter Hansen et son époux Flemming sont venus passer deux semaines au Canada, spécialement pour rencontrer Mme Décarie et son époux Bernard Brouillette. Les deux couples se sont immédiatement bien entendus et la relation «en personne» s'est avérée tout à fait naturelle. «On se connaît! Je savais que ça serait facile quand on se rencontrerait», commente Mme Décarie.

«Je crois que Denyse voulait qu'on vous parle de notre rencontre parce que la correspondance comme nous l'avons connue est quelque chose qui n'existe plus», indique l'invitée scandinave, qui au plus intense de sa période de correspondance internationale, recevait au moins une lettre par jour et en écrivait une. La Danoise tient aussi un journal personnel depuis l'âge de 14 ans.

Les deux retraitées ne s'accrochent pas au passé et se sont adaptées aux modes de communication d'aujourd'hui. «Je suis toujours contente de recevoir ses courriels », dit Denyse Décarie, avant de conclure: «Dans ce temps-là, c'était plus excitant, plus exotique de s'écrire comme on le faisait. Ça appartient à un autre âge.»

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