Groupe RCM: au tour de Michel Camirand de se défendre

Michel Camirand a occupé la direction générale du... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Michel Camirand a occupé la direction générale du Groupe RCM pendant 16 ans jusqu'en juin dernier.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'était au tour de l'ancien directeur général du Groupe RCM, Michel Camirand, à prendre la parole, jeudi, après avoir été malmené à plusieurs reprises sur la place publique par le président, Yvon Picotte et Guy Julien, administrateur.

«S'ils persistent là-dedans», dit-il, «ils vont entendre parler de moi par mes avocats», laisse entendre celui qu'on a forcé à démissionner, le 17 juin dernier, apparemment sans explications ni motifs.

Michel Camirand, qui a exercé son emploi de cadre supérieur à RCM pendant 16 ans, dont une dizaine d'années avec M. Picotte au conseil d'administration, indique qu'il s'attendait à ce qu'on lui montre la porte. «Ça faisait deux mois qu'on me traitait de tous les noms et que tout était de ma faute», raconte-t-il.

Ironiquement, dit-il, on lui avait remis un généreux bonus de performance ainsi que des félicitations écrites, le 5 mars 2014, pour le travail accompli lorsque RCM avait failli mettre la clef sous la porte.

Documents à l'appui, il montre aussi un autre bonus qui lui est parvenu le 12 janvier 2015. «On récompense l'incompétence chez RCM?», ironise-t-il.

Michel Camirand assure que le climat est devenu extrêmement tendu entre lui et MM. Picotte et Julien dès que l'affaire des jetons de présence a commencé à s'ébruiter dans l'entreprise, le 4 mai dernier. «Je suis le type par qui le scandale est arrivé», résume le d.g., aujourd'hui retraité.

M. Picotte, président du Groupe RCM et de Soleno Recyclage et M. Julien, administrateur du Groupe RCM et vice-président de Soleno-Recyclage, reçoivent en effet des jetons de présence, c'est-à-dire une rémunération pour leur participation bénévole à Soleno Recyclage. Rien d'illégal, mais la chose avait malgré tout soulevé des questions d'éthique au sein de RCM.

Yvon Picotte et Guy Julien ont répété à maintes reprises devant les médias que Michel Camirand était au courant de cette affaire depuis 15 mois. Yvon Picotte est même prêt à présenter l'affidavit de témoins là-dessus.

Michel Camirand affirme catégoriquement qu'il n'a su cette affaire que le 4 mai dernier lorsqu'il a pris connaissance des états financiers de Soleno-Recyclage.

Cette histoire débute en fait le 14 janvier 2014, lors d'un conseil d'administration tenu par la nouvelle entité Soleno Recyclage dans laquelle RCM et Soleno inc. sont partenaires. Présent à cette rencontre, M. Camirand affirme que le thème de «jetons de présence» n'a jamais été discuté. Même le procès-verbal de cette rencontre, qu'il montre à titre de preuve, n'en fait pas mention.

Le 9 avril suivant, lors d'une nouvelle réunion du c.a., c'est la directrice adjointe, Isabelle Émard, qui prend part aux délibérations. On lui remet alors un projet d'états financiers. On peut y lire: «Honoraires professionnels: 64 794 $.» Elle pose des questions et se fait répondre que de ce montant, 41 000 $ sont «pour le conseil d'administration.»

Michel Camirand reçoit le document le 4 mai et voit la note de son adjointe. Il va voir Yvon Picotte immédiatement pour lui demander s'il recevait des jetons de présence. Bien que la pratique ne soit pas conforme aux règlements généraux de RCM, elle serait légale selon un avis juridique obtenu par RCM.

M. Camirand annonce qu'il veut en saisir le conseil d'administration. Le ton aurait alors monté sérieusement entre les deux hommes. «C'est la première fois en 16 ans qu'un président me parlait comme ça. Il y a eu des criss et des câlisse de part et d'autre», dit-il.

Michel Camirand a tenté de convaincre le c.a. d'écouter sa version des faits, puis celle de M. Picotte, mais séparément, puis de délibérer en leur absence. Mais cette suggestion n'a pas été retenue. Le 11 juin, le c.a. de RCM donnait d'ailleurs l'aval à cette pratique.

Michel Camirand estime qu'en voulant changer récemment la résolution de Récupération Mauricie adoptée en bonne et due forme selon laquelle Gardex était retenue pour la modernisation du Centre de tri, RCM «a détruit 10 ans de relations de confiance et de gestion transparente entre RCM et la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie» qui est partenaire dans Récupération Mauricie.

On sait que la Régie vient d'ailleurs de retirer son cautionnement de 2 millions $ à ce projet.

«RCM est retournée en appel d'offres, mais elle n'a pas l'autorité pour le faire», dit-il. En plus, Récupération Mauricie avait visité l'usine de Gardex avant d'accepter sa proposition afin d'en vérifier sa capacité de production, dit-il, fâché de voir que M. Picotte insinue que le directeur général avait des «raisons obscures» de recommander Gardex.

Michel Camirand indique que depuis qu'il était directeur général, le nombre d'employés de RCM était passé de 90 à 214. Le salissage à son endroit n'a rien à voir avec sa compétence, estime-t-il, mais découle directement de l'affaire des jetons de présence.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer