Un enfant de six ans oublié dans l'autobus

Jessyka Aubry déplore que son fils Mathis soit... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Jessyka Aubry déplore que son fils Mathis soit rentré à la maison deux heures et demie en retard à la fin de sa première journée de classe après avoir fait un détour par Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Mathis Aubry va se souvenir longtemps de sa rentrée scolaire en première année. Après sa journée de classe, l'élève de l'école Val-Marie est revenu à son domicile du Cap-de-la-Madeleine avec plus de deux heures et demie de retard après un petit détour par... Sainte-Anne-de-la-Pérade.

«Tout m'est passé par la tête. J'avais peur qu'il ait eu un accident, qu'il soit débarqué sur un coin de rue et qu'il soit en train de marcher quelque part. Je ne savais rien jusqu'à temps qu'on nous dise que les enfants étaient rendus à Sainte-Anne-de-la-Pérade», raconte sa mère, Jessyka Aubry.

En cette première journée de classe, plusieurs membres de la famille attendaient son fils de six ans. Il devait arriver vers 16 h 15. Les minutes ont commencé à s'écouler et toujours pas d'autobus. Une heure plus tard, ils ont contacté la compagnie d'autobus Scobus, une filiale de Groupe Gaudreault. On leur a alors indiqué qu'il y avait du retard et qu'à la rentrée, c'était une situation normale. 

Une autre heure plus tard: ils ont fait un nouvel appel. C'est alors qu'ils ont appris que Mathis, qui habite à environ cinq kilomètres de l'école, était rendu près de Sainte-Anne-de-la-Pérade. Il est finalement rentré chez lui vers 18 h 50. 

Selon Mme Aubry, l'autobus n'a même pas passé sur sa rue à la fin des classes. La chauffeuse lui a d'abord dit qu'elle s'était bel et bien arrêtée à l'endroit prévu et qu'aucun enfant n'avait débarqué.  Il semble plutôt qu'elle se soit immobilisée plus loin à une intersection avant de demander aux enfants si quelqu'un habitait dans cette rue. Comme personne n'a répondu, la conductrice, qui compte plus de 30 ans d'expérience, a poursuivi sa route sans se rendre jusqu'à l'arrêt prévu. Une situation «inadmissible», selon Scobus. 

«Elle a pris une autre rue pour tenter de sauver du temps. Il y aura bien sûr des sanctions disciplinaires parce que c'est inadmissible, selon nous», affirme Guy Sirois, vice-président exécutif de Groupe Gaudreault.

Lorsqu'elle s'est rendu compte que Mathis ainsi qu'une jeune fille n'étaient pas descendus à l'endroit prévu, elle était déjà loin de Trois-Rivières. Elle a donc terminé son trajet avant de revenir sur ses pas. 

Mme Aubry s'explique mal pourquoi la conductrice n'a pas respecté son parcours. «Lorsqu'elle a demandé si quelqu'un habitait dans la rue, personne n'a répondu. Ce n'est pas à mon garçon de six ans de lui dire son chemin non plus. Elle s'est rendue jusqu'à Sainte-Anne-de-la-Pérade avec nos enfants. Elle est supposée s'arrêter à deux maisons à côté de chez nous. Ce n'est pas à nos enfants de lui expliquer son trajet. Elle a une carte et elle est supposée savoir où elle s'en va», note-t-elle. 

Son garçon est rentré affamé parce qu'il n'a pas le droit de manger dans l'autobus. «Il m'a dit: ''J'ai essayé maman d'écouter, mais je n'étais pas capable parce qu'il y avait trop de bruit dans l'autobus. J'ai essayé. Je n'entendais pas et je ne savais même plus où j'étais rendu. J'étais rendu très, très loin''».

Cette situation se produit alors que l'école Val-Marie, comme trois autres écoles privées de Trois-Rivières, a décidé de gérer elle-même le transport de sa clientèle. À part cet incident et d'autres retards d'une moins grande ampleur, il n'y a pas eu d'autres problématiques. «Naturellement, on s'assure que ça ne se reproduira pas. J'ai rencontré tous les groupes aujourd'hui pour rassurer les enfants, pour leur dire qu'on a eu des commentaires et qu'on allait apporter des corrections», souligne France Vadeboncoeur, directrice de l'école, qui précise qu'à chaque début d'année, des ajustements sont nécessaires.

D'ailleurs, Mme Aubry est très satisfaite de la réaction de Val-Marie dans cette affaire. «Ils ont été d'une grande aide. Ils n'ont pas quitté l'école avant que les enfants arrivent.»

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