Guy Julien s'excuse

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ex-ministre péquiste Guy Julien, vice-président du conseil d'administration du Groupe RCM, a rencontré la presse, mercredi matin, afin d'expliquer pourquoi il a eu un comportement qu'il juge lui même «inapproprié» envers une journaliste de Radio-Canada, Marie-Claude Julien, la semaine dernière.

Guy Julien a remis aux médias copie de la lettre d'excuses qu'il a fait parvenir à la journaliste, mardi.

«Je t'ai pris pour cible et t'ai déversé une partie de ma frustration», reconnaît-il dans cette lettre. Son attitude, ajoute-t-il, est venue du fait que Marie-Claude Julien avait «rapporté la première des propos mensongers des gens que nous avons congédiés». Guy Julien a indiqué, hier, qu'il «regrette amèrement» le comportement qu'il a eu envers Mme Julien juste avant le début d'une conférence de presse portant justement sur la crise au sein du Groupe RCM, en lui disant notamment qu'elle avait engraissé.

«Je me suis tiré dans le pied», reconnaît-il. «Je me suis planté.»

Il lui aurait fait une accolade non sollicitée et non réciproque et aurait touché à ses cheveux. Bien que M. Julien ait reconnu ses gestes, il a indiqué qu'il ne se souvient pas d'avoir flatté les cheveux de la journaliste à plusieurs reprises.

«J'étais pas seul dans une chambre», a-t-il aussi plaidé pour remettre les choses en perspective.

Le micro de Radio-Canada, rappelons-le, avait capté une conversation entre M. Julien et M. Picotte, juste avant le début de cette conférence de presse, dans laquelle M. Picotte dit: «C'est elle qui nous a beurrés?» et M. Julien de répondre dans l'affirmative en ajoutant: «Je lui ai dit qu'elle avait engraissé. Elle était en tabarnak. Ça fait que j'ai manqué un peu, là.»

D'ailleurs, M. Julien a laissé entendre qu'Yvon Picotte n'a pas apprécié du tout d'avoir été associé à cette affaire par les médias et qu'il entend intenter des poursuites contre le chroniqueur Patrick Lagacé de La Presse.

Mercredi matin, M. Julien a plaidé pour sa part qu'il aimait taquiner les gens et que son comportement envers Mme Julien était justement une taquinerie et qu'il s'est aperçu assez vite qu'il venait de faire une erreur et que son geste avait été «déplacé».

Quand on lui demande comment un ancien ministre, qui a tout de même l'expérience du public et des médias, a pu se comporter de la sorte, M. Julien répond: «Peut-être parce que je suis humain avant d'être ministre.»

Guy Julien a répété plusieurs fois qu'il a de l'estime pour Marie-Claude Julien avec laquelle il n'a d'ailleurs aucun lien de parenté, a-t-il précisé. Il n'a pas critiqué l'intégrité de son travail journalistique, mais il confie que le reportage qu'elle avait fait avait été une source importante de frustration pour le conseil d'administration du Groupe RCM. «C'était frustrant en tabarnouche», dit-il.

«On a même, Yvon pis moi, passé pour des voleurs parce qu'on recevait des jetons de présence» (pour siéger au conseil d'administration de Soleno Recyclage au nom du Groupe RCM).

M. Julien a déploré que la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, de même que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ne l'aient pas contacté pour avoir ses commentaires avant de faire une sortie sur cet événement. Du même souffle, il a reconnu qu'il était injoignable puisque qu'il suivait une cure de jeûne depuis plusieurs jours dont il n'est revenu que mardi, vers 15 h.

«Ceux qui me connaissent savent très bien que je ne suis pas misogyne», dit-il.

L'ancien ministre indique que dorénavant, «je vais mieux gérer la circulation à travers les médias. Mais pour moi, ce n'était tellement pas méchant. Vous n'êtes pas obligés de me croire, mais en tout cas...»

Guy Julien n'a pas l'intention de démissionner de son poste de vice-président du Groupe RCM.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec était satisfaite, mercredi, des excuses adressées par Julien à l'endroit de la journaliste. «Nous considérons maintenant que le dossier est clos», a fait savoir la présidente régionale de la FPJQ, Charel Traversy.

Cette dernière a indiqué que l'ampleur provinciale que cette affaire a prise était justifiée. «Ce sont des situations comme ça qu'il faut dénoncer à la FPJQ. On va continuer de le faire», dit-elle.

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