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Congédiée par Yvon Picotte: Isabelle Émard estime qu'elle posait trop de questions

Isabelle Émard, ex-directrice-adjointe au Groupe RCM.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Isabelle Émard, ex-directrice-adjointe au Groupe RCM.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Outrée par les propos tenus à son endroit par Yvon Picotte lors du point de presse du Groupe RCM, jeudi passé, Isabelle Émard, celle qui avait été choisie par résolution du conseil d'administration pour prendre la direction générale lors du départ à la retraite de Michel Camirand, croit qu'elle a été congédiée parce qu'elle posait trop de questions.

Détentrice d'un MBA et spécialisée en finances, Mme Émard avait été consultante pour RCM pendant six mois avant d'être embauchée au poste de directrice-adjointe à la suite d'un concours remporté contre 39 candidats, en 2014.

Le 18 mars 2015, après 14 mois au sein de l'entreprise, Isabelle Émard a fait ses preuves. Le conseil d'administration n'a en effet que des éloges envers elle: «Elle comprend bien les différents enjeux de Groupe RCM... Elle possède de belles qualités de gestionnaire, du leadership...», peut-on lire dans la résolution adoptée ce jour-là par les membres du c.a. incluant Yvon Picotte.

Il ne restait qu'à finaliser les discussions relatives aux conditions de travail, comme les vacances, le salaire et les bénéfices sociaux.

Mais ces discussions n'ont pas eu lieu. Le 10 avril suivant, la vie professionnelle d'Isabelle Émard a basculé.

C'est à cette date, dit-elle, qu'Yvon Picotte a commencé à colporter des propos négatifs à son sujet, comme il le fera d'ailleurs publiquement dans les médias en juin et la semaine dernière, devant toute la presse régionale.

M. Picotte a mentionné à plusieurs reprises que Mme Émard n'était pas d'accord avec la mission de RCM et c'est pour cette raison qu'il lui a montré la porte.

Curieusement, le procès-verbal qu'il a contribué à adopter, le 18 mars, dit exactement le contraire.

«La mission de l'entreprise est au coeur de ses préoccupations», indique le document à propos d'Isabelle Émard.

Cette dernière croit que les problèmes ont commencé lorsqu'elle a siégé au conseil d'administration de Soleno Recyclage, le partenaire privé de RCM, en avril, en remplacement de Michel Camirand.

«Les états financiers (de Soleno Recyclage) ne nous avaient été donnés que 48 heures à l'avance», raconte-t-elle. «On avait beaucoup de questions. Les chiffres semblaient différents de ceux des rapports internes. On a appelé Yvon Picotte pour faire part de nos inquiétudes et on a suggéré d'accepter le dépôt, mais sous réserve», raconte-t-elle.

Selon elle, le conseil d'administration avait accepté de former un comité de travail pour étudier la question. Mais ce comité n'aurait jamais vu le jour.

Dès le lendemain, M. Picotte aurait lancé contre Mme Émard ce qu'elle qualifie de «vraie campagne de salissage» auprès du conseil d'administration.

Selon elle, ce n'est pas tant l'affaire des jetons de présence que reçoivent M. Picotte et son vice-président, Guy Julien, qui a démarré le bal, mais cette affaire d'états financiers. «Je posais trop de questions. Mais si je n'avais pas posé de questions, on me l'aurait reproché», dit-elle.

Le 4 mai, une rencontre a finalement lieu entre Yvon Picotte, Isabelle Émard et Michel Camirand. Selon Mme Émard, «peu importe ce que je disais, j'étais dans le champ. Il me tournait presque le dos. Il a fallu que je lui dise: laissez-moi finir ma phrase.Et le pire, c'est qu'il a insinué que je couchais avec Michel Camirand. C'est vraiment bas», déplore-t-elle.

Le 7 mai, Mme Émard réussit à rencontrer trois des membres du conseil d'administration. Selon elle, il a été possible de défaire point par point chacune des allégations faites à son endroit.

«Ils m'ont tous dit qu'ils se sentaient intimidés par M. Picotte, mais qu'il était plus facile de me sacrifier que d'aller contre Yvon Picotte», dit-elle.

Selon elle, l'entreprise de démolition amorcée contre elle et contre le directeur général, Michel Camirand, aurait eu des échos jusqu'au comité de gestion composé des cadres supérieurs. «L'idée, c'est qu'on ait de moins en moins de crédibilité», analyse-t-elle.

Lors de la conférence presse de jeudi, Yvon Picotte a nié que Soleno ait menacé de mettre la clef sous la porte s'il ne représentait pas RCM avec Guy Julien au conseil d'administration de Soleno Recyclage.

Or, la mise en demeure de Soleno adressée à Michel Camirand, directeur général, et Marcel Beaumier, ancien secrétaire corporatif, le 21 mai 2015, est claire:

«Nous avons aussi appris que RCM menace de procéder à des fuites d'information révélant des postes du bilan RCM Recyclage, ce qui éclabousserait indûment tant RCM que Soleno (...) Si pareil scénario se produit, si RCM expulse MM. Picotte et Julien de son conseil d'administration, alors le lien de confiance entre Soleno et RCM s'en trouvera rompu. Dès le prononcé de votre décision, Soleno procédera en vue de résilier l'entente et entreprendra toute procédure utile visant à mettre fin aux opérations de Soleno Recyclage», indique la mise en demeure.

Rappelons que Mme Émard entend poursuivre RCM pour congédiement injustifié et atteinte à sa réputation.

brigitte.trahan@lenouvelliste.qc.ca

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