Fluoration: la santé publique sur la défensive

Dre Isabelle Goupil-Sormany, directrice de santé publique et... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Dre Isabelle Goupil-Sormany, directrice de santé publique et de la responsabilité populationnelle du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux Mauricie et Centre-du-Québec.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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(TROIS-RIVIÈRES) À la veille d'une conférence de presse de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine sur le projet de fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières, la direction de santé publique, qui recommande cette mesure, a tenu à rappeler dans un communiqué ses actions pour améliorer la santé dentaire de la population ainsi que son rôle qui n'est pas dicté par l'acceptabilité sociale.

«On sait que demain [mardi] il y a un important événement qui est appelé par la Coalition trifluvienne pour une eau très saine et on sait que ça va être sur le débat de l'acceptabilité sociale. Mais, ce n'est pas un enjeux de santé publique», affirme d'emblée en entrevue Dre Isabelle Goupil-Sormany, directrice de santé publique et de la responsabilité populationnelle du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux Mauricie et Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

La Santé publique a souligné qu'elle met en place le dépistage et le suivi des enfants à risque de carie en maternelle, 1re et 2e année. De plus, l'organisme s'assure que des scellants dentaires sont appliqués en milieu scolaire pour les enfants à risque de carie. La Santé publique soutient en même temps plusieurs campagnes de sensibilisation.

En mai dernier, la Santé publique annonçait qu'elle souhaite qu'une étude soit menée sur les effets de la fluoration de l'eau potable. Cette étude permettrait de voir l'impact de la fluoration éventuelle de l'eau à Trois-Rivières sur la population. «On veut comprendre ce qui fait que des gens ont une bonne santé dentaire ou non dans la région. On va étudier les habitudes de vie, pour toute la Mauricie et le Centre-du-Québec, pas juste pour Trois-Rivières», note la Dre Goupil-Sormany.

La directrice de la santé publique estime par ailleurs que les opposants à la fluoration de l'eau à Trois-Rivières utilisent des études scientifiques à l'avantage de leur discours.

«Il y a un débat de valeur. Et en fonction de ses valeurs, on va choisir les données qui font l'affaire. Je ne pense pas qu'ils citent mal les études, je pense qu'ils choisissent les études et les sélectionnent», affirme-t-elle. «Nous, on se fie sur les consensus d'experts. Il y en a un qui vient de sortir en juin 2015 et qui vient confirmer l'efficacité de la fluoration. Mais il a dit aussi qu'il faudrait faire encore un peu plus d'études pour voir si en 2015 c'est encore aussi efficace. C'est exactement ce qu'on veut faire.»

Vivement opposée à la fluoration de l'eau potable, la Coalition trifluvienne pour une eau très saine poursuit ses actions. Déjà, 14 500 citoyens opposés à cette mesure ont signé la pétition de la coalition qui ne mâche pas ses mots pour définir cette pratique, la qualifiant même d'illégale.

«Lors d'une récente sortie dans les médias de Dre Goupil-Sormany, elle nous a dit que les données sur la fluoration étaient tellement veilles qu'on ne pouvait s'y fier», affirme Joan Hamel, porte-parole de la coalition. «Et elle veut faire une étude sur nos enfants pour prouver que la mesure est efficace. [...] On peut douter de l'efficacité de la mesure.»

gabriel.delisle@lenouvelliste.qc.ca

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