Franchir la «partie la plus sombre» du parc

Devant une plate-bande de 200 Roses prêtes pour... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Devant une plate-bande de 200 Roses prêtes pour leur ultime entraînement, les organisatrices de l'Équipe féminine du défi des Roses du parc national de la Mauricie, Chantal Guimond et Marie-Josée Gervais.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Derniers coups de pédale avant la grande traversée. Samedi, elles étaient près de 200 Roses à participer à l'ultime entraînement de l'Équipe féminine du parc national de la Mauricie. Un circuit d'environ cinq heures à vélo en plein coeur du dark side of the park, prémisse au grand défi de 105 kilomètres qui aura lieu le 26 septembre prochain.

Depuis janvier, les Roses, ces femmes de tous les âges qui ont décidé de (re)mettre l'activité physique au centre de leur quotidien, suent sang et eau pour être fin prêtes sur leur bicyclette. Chaque semaine, elles s'entraînent, s'entraident et s'encouragent mutuellement. Car, s'il y a le défi final, il y a également l'avant-défi et, peut-être le plus difficile, l'après-défi.

Samedi, donc, elles se sont réunies sur les berges du lac Esker dans le parc national de la Mauricie afin de peaufiner leur mise en forme et recevoir les derniers trucs de la route. De tous les entraînements réalisés par les femmes depuis neuf mois, celui de samedi est de loin le plus exigeant.

«Aujourd'hui [samedi], les femmes vont s'entraîner sur la dark side of the park, la partie noire, la partie la plus sombre du trajet. C'est dur. Ici, il y a beaucoup de relances, les côtes sont différentes, les filles sont à mi-parcours. La mi-parcours, c'est là où on se demande si on va être capable de compléter le défi. C'est là que les démons s'invitent dans notre tête. C'est pourquoi, aujourd'hui, on explore cette partie-là du trajet», note l'une des organisatrices de l'événement, Marie-Josée Gervais.

À quelques jours du départ, les efforts de l'entraînement portent déjà leurs fruits. Pour Danielle Proteau, du secteur Lac-à-la-Tortue, et Hélène Amyot de Québec, qui en sont respectivement à leur 3e et 2e défi des Roses, les bénéfices physiques et psychologiques vont bien au-delà de la fierté de franchir la ligne d'arrivée.

«Des mois d'entraînement, ça apporte déjà le bien-être, la forme et tout ce qui s'en suit. Elles sont contagieuses, ces Roses-là! Quand ça nous tente moins le matin, on pense aux Roses, on se lève et on y va», note Mme Proteau. «De toute façon, le but, c'est le dépassement de soi, ce n'est pas être meilleure que les autres. L'objectif, c'est la remise en forme pour garder la santé», ajoute-t-elle. «Et surtout, à notre propre rythme», renchérit sa comparse de selle.

Le défi

Le défi des Roses est de taille. Le 26 septembre, elles seront près de 2000 à enfourcher leur vélo pour se lancer sur la route sinueuse qui serpente de part et d'autre le parc national de la Mauricie.Plus de 105 kilomètres à manger un coup de pédale à la fois, sur un trajet où se dressent 44 côtes et plus de 1800 mètres de dénivellation.

Autre défi possible sur le menu des Roses: un duathlon qui additionne 60 kilomètres de vélo de route suivis, le lendemain, d'un demi-marathon de 21,1 kilomètres de course à pied.

L'après-défi

«L'après-défi, c'est comme un accouchement. Les femmes ont le blues du challenge, comme un post-partum. C'est ce que les filles vivent toutes. On se sent seule, on revient dans nos pantoufles et c'est à ça qu'il faut faire attention, ne pas remettre nos vieilles pantoufles», image Marie-Josée Gervais. «Pendant neuf mois, les femmes mettent leur santé au premier plan. Maintenant que le défi est terminé, certaines se demandent comment elles peuvent continuer à intégrer ça.»

Le truc pour maintenir une vie active? Il n'y a pas de truc pour bouger sinon de... bouger! LaDre Chantal Guimond rappelle que, comme le toxicomane trouve plaisir à consommer, les femmes doivent trouver plaisir à s'activer.

«Cette déprime possible d'après-défi, elle s'explique par nos endorphines qui ne nous nourrissent plus. De ne plus faire d'effort physique, lorsqu'on l'avait réintroduit au quotidien dans notre vie, c'est comme si on prenait notre petite dose de drogue à chaque jour et, du jour au lendemain, on tombe en sevrage. Il faut la garder, l'activité physique, au quotidien, et c'est ça qui va faire que la déprime d'après-défi n'arrivera pas», prescrit la Dre Guimond.

Un truc, donc? «Ce qui marche le mieux c'est de l'inscrire à l'agenda, au même type qu'on met une réunion à l'école ou au travail. Quand arrive le temps de sortir pour bouger, il y a toujours mieux à faire, même faire la vaisselle», mentionne la Dre Guimond. Un conseil qui n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.

«De toute façon, la vaisselle, elle ne bougera pas, elle peut donc attendre», lance Danielle Proteau avant d'enfourcher son vélo.

olivier.gamelin@lenouvelliste.qc.ca

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