Compostelle en tandem: le voyage d'une vie

Sur la photo, on retrouve, sur la première... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Sur la photo, on retrouve, sur la première rangée, Chantal Ébacher et Josée Hamel, deuxième rangée, Marie Bergevin, Martine Grondines, Linda Bibeau, Denise Perreault, Line Bélisle et derrière, Gilles Breault. Isabelle Lesmerises est absente sur la photo.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Célébrer une victoire, soutenir un proche, redonner, relever un défi, amasser des fonds; à chaque pèlerin sa motivation. De Conques à Moissac, en France, quarante marcheurs associés à la Fondation québécoise du cancer parcourront de 100 à 200 kilomètres, du 14 au 27 septembre. Du lot, neuf participants marcheront pour le Centre régional et Hôtellerie de la Mauricie lors de cette sixième édition de «Compostelle en tandem».

C'est une expérience physique, émotive et spirituelle qui attend les marcheurs. Le centre local recevait la semaine dernière ses neuf participants pour marquer l'approche de ce grand voyage. La fébrilité au sein des troupes était palpable à l'approche du départ.

Cette expédition a un sens particulier pour Linda Bibeau, qui prévoyait un jour marcher sur les traces de Compostelle. Il y a deux ans, elle s'est remise d'un cancer du sein.

«J'étais comme bien des gens, j'avais entendu parler du chemin de Compostelle et je m'étais dit que j'aurais l'opportunité de le faire un jour. Si je n'avais pas été malade, je ne l'aurais peut-être pas fait aussi rapidement. Ça change une vie et la perspective que tu en as. La vie m'a donné un signe que ça pouvait être plus court que je pensais. Alors, pourquoi attendre? C'est aujourd'hui», dit-elle. «Cette année, on dirait que tout s'est enligné pour que je puisse partir. J'ai le sentiment de rendre à la fondation ce qu'elle m'a apporté.»

Les participants avaient chacun 2000 $ à amasser. Il faut dire que Linda Bibeau était toute désignée pour sensibiliser son entourage à la Fondation québécoise du cancer.

«J'ai eu des services ici en 2013, lorsque j'étais malade. J'ai bénéficié de la massothérapie, de l'art-thérapie, de tout ce qui s'offre ici. Je trouvais que c'était l'occasion de redonner un peu ce qui m'avait été donné. Au départ je ne savais pas si je pourrais amasser la somme, c'est beaucoup de sous, mais ça a été super facile, les gens ont été généreux.»

De son côté, Chantal Ébacher retourne sur les traces de Saint-Jacques-de-Compostelle pour une deuxième fois. Elle avait parcouru le chemin en 2012 pour la fondation en compagnie de son mari. Elle y retourne cette année avec une amie.

«La première fois, mon père venait de mourir d'un cancer du cerveau. Mon beau-père était décédé deux ans avant d'un autre cancer. Ça m'a interpellée.» Chantal Ébacher a la chance de ne pas avoir vécu de cancer. «C'est pour ça que je veux le refaire, pour remercier la vie d'être en santé. Je ne sais pas pourquoi, mais il faut que je le refasse.»

Pour l'avoir déjà fait, cette dernière peut témoigner de l'importance de l'entraînement dans le processus. «Il y a beaucoup de côtes. Le décor est différent pendant les dix jours de marche.» Comment peut-on se préparer à faire le chemin de Compostelle? «Il faut marcher!» Des kinésiologues du centre accompagnent les marcheurs pour leur entraînement depuis février dernier. Quelques activités ont eu lieu depuis, permettant aux marcheurs de se rencontrer.

«Il y a des choses qu'on vit là-bas, qu'on voit, qui sont hors de l'ordinaire», explique Chantal Ébacher. «Il y a quelque chose dans ce chemin-là à aller chercher, selon ton but, ta quête, ta recherche. C'est difficile à décrire parce que ça se vit tellement de façon personnelle.»

L'objectif global est d'amasser 115 000 $, dont 18 000 $ par l'équipe de la Mauricie. À deux semaines du défi, les Trifluviens ont déjà dépassé l'objectif local, eux qui ont recueilli une somme de 21 800 $. En tout, 90 000 $ ont déjà été amassés dans la province.

Sur le site Internet de la fondation (www.compostelleentandem.com), on retrouve chacun des marcheurs et les raisons pour lesquelles ils entreprendront ce périple. Il est également possible de les encourager en faisant un don en ligne. «Il y a autant de pèlerins qu'il y a de raisons de faire Compostelle», explique Linda Bibeau.

«Une doudou qui enveloppe»

«Je pars seule, avec des gens que je ne connais pas. Je ne suis jamais allée en Europe, c'est l'inconnu pour moi.» Linda Bibeau vivra certainement une expérience significative le mois prochain. En plus de réaliser un rêve, elle le fera «en tandem» avec la Fondation québécoise pour le cancer.

Les fonds permettent d'offrir des services de soutien pour mieux faire face à la maladie. En plus du service d'hébergement à prix modique pour les patients des régions qui viennent au centre pour recevoir des traitements, différents spécialistes viennentbonifier le quotidien des malades: soins de massothérapeutes spécialisés, ateliers d'art-thérapie, kinésiologie, Qi Gong, groupes d'entraide, etc.

«C'était ma deuxième maison quand j'étais malade. J'étais à toutes les activités. Souvent on entend parler de la Société canadienne du cancer qui fait de la recherche. Ici on nous encadre pendant la maladie, c'est comme une grosse doudou qui t'enveloppe. Ils prennent soin de toi et ça fait beaucoup de bien. Ce sont des gens fabuleux, qui écoutent. Ça permet de rencontrer d'autres gens qui vivent les mêmes choses que toi et ça, c'est important.»

Cinq centres au Québec bénéficieront des fonds amassés, soit à Trois-Rivières, Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau.

myriam.lortie@lenouvelliste.qc.ca

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