Propos envers une journaliste: Guy Julien et Yvon Picotte pointés du doigt

À l'avant-plan, l'ex-ministre et vice-président du Groupe RCM,... (Photo Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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À l'avant-plan, l'ex-ministre et vice-président du Groupe RCM, Guy Julien, épaulé par le président de l'organisme, Yvon Picotte, lors d'une conférence de presse organisée par le Groupe RCM le 27 août dernier. À l'arrière, le nouveau directeur général du Groupe RCM, Martin Lacharité.

Photo Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), section Mauricie/Centre-du-Québec, pointe du doigt deux administrateurs du Groupe RCM, soit le président de l'organisme Yvon Picotte et le vice-président Guy Julien, et dénonce l'intimidation dont ce dernier aurait usé contre une journaliste de Radio-Canada en ciblant son apparence physique.

Selon la FPJQ, la journaliste Marie-Claude Julien, qui a réalisé des reportages au sujet de la bisbille entourant une rémunération accordée à ces deux administrateurs, couvrait une conférence de presse le 27 août dernier lorsque le vice-président del'organisme et ex-ministre, Guy Julien, aurait agi de manière inappropriée.

Après avoir affirmé à la journaliste que cette histoire était «une des pires affaires de salissage de ma vie», Guy Julien lui aurait fait une accolade, non sollicitée et non réciproque, en lui flattant les cheveux. Il aurait par la suite dit à la journaliste: «Je te regardais à la télé la semaine passée, pis t'as grossi toi. T'as engraissé.»

Suivant cette déclaration, M. Julien se serait vanté de ses agissements au président du conseil d'administration du Groupe RCM, Yvon Picotte.

En effet, le micro de Radio-Canada, demeuré ouvert, aurait capté l'échange entre les deux hommes. Sur la bande sonore, on entendrait Yvon Picotte dire: «C'est elle qui nous a beurrés?», question à laquelle Guy Julien aurait répondu: «Oui. Je lui ai dit qu'elle avait engraissé. Elle était en tabarnak.» Un échange qui se serait conclu par un éclat de rire des deux hommes.

Par voie de communiqué, la FPJQ souligne que «cette tentative d'intimider une journaliste en tentant de la déstabiliser avec des remarques sur son apparence physique est carrément inacceptable, d'autant plus qu'en tant quegestionnaire d'un organisme et ex-ministre, les deux hommes sont familiers avec le milieu médiatique.»

«Ce qui nous a interpellés, c'est la forme d'agression physique que la journaliste a subie. L'intimidation, on en a un peu partout dans le cadre de notre métier, mais c'est vraiment cette forme de proximité-là qu'on jugeait déplacée», note la présidente de la FPJQ Mauricie/Centre-du-Québec, Charel Traversy.

À la FPJQ, on est d'avis que M. Julien doit formuler des excuses à la journaliste de Radio-Canada, qu'elles soient publiques ou privées.

«On s'attend, du moins on espère des excuses», ajoute Mme Traversy.

Des excuses qui sont venues d'emblée du président du Groupe RCM, Yvon Picotte.

«Si jamais quelqu'un s'est senti vexé, je m'en excuse, mais mon attitude [le rire qu'on lui reproche] n'était pas liée du tout à ça», affirme-t-il. «Si je n'ai pas le droit de rire dans une conférence de presse, on me le dira», ajoute-t-il.

Selon M. Picotte, Guy Julien devra assumer lui-même les propos qu'il a tenus. Pour sa part, il avoue qu'il «n'aurait jamais fait de commentaire comme ça et j'en n'ai pas fait non plus.»

Du même souffle, il estime que «si y'en a qui ont les épaules frileuses, ils ont le droit de les avoir, mais moi je ne suis pas frileux à ce point-là.»

Rappelons que les deux hommes avaient soulevé une certaine controverse en acceptant des jetons de présence pour siéger au conseil d'administration de Soleno Recyclage au nom du Groupe RCM.

Si cette rémunération n'est pas illégale, certains, dont l'ancien directeur général du Groupe RCM, Michel Camirand, se questionnaient sur sa portée éthique et sur les possibles conflits d'intérêt que cette rémunération pouvait engendrer.

En conférence de presse, le 27 août, M. Julien et M. Picotte ne voyaient aucun problème de monnayer leur bénévolat contre de l'argent sonnant.

«Si vous êtes tanné de faire du bénévolat, M. Picotte, comme j'ai pu lire votre déclaration dans Le Nouvelliste, c'est à l'assemblée générale qu'il faut le dire ou leur proposer un modèle de rémunération des administrateurs. Lorsqu'on est tanné de faire du bénévolat, on peut aussi poser un geste positif et laisser sa place», avait écrit dans une lettre ouverte, publiée le 5 août, l'ancien président du Groupe RCM et président fondateur de Récupération Mauricie, Jean-Guy Doucet.

Au moment de mettre sous presse, il nous a été impossible de joindre Guy Julien.

olivier.gamelin@lenouvelliste.qc.ca

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