Hommage au pompier Maxime Fournier au marathon Lévis-Québec

Après 42,2 kilomètres de course, Daniel Lequin, le... (Photo: Le Soleil)

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Après 42,2 kilomètres de course, Daniel Lequin, le pompier Étienne Labonté et François Blouin se sont dit très émus d'avoir fait cette course en hommage au jeune Maxime Fournier, décédé lors du Demi-Marathon des pompiers de Shawinigan le 7 juin dernier.

Photo: Le Soleil

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Il était aux côtés du pompier sur la ligne de départ, le 7 juin dernier, mais les deux hommes ne se sont jamais rendus ensemble au fil d'arrivée. Dimanche, sur le circuit du marathon SSQ Lévis-Québec, Daniel Lequin a franchi 42,2 kilomètres et, cette fois, il a couru jusqu'au bout avec, en pensée, Maxime Fournier, ce pompier de 21 ans décédé lors de la dernière édition du Demi-Marathon des pompiers de Shawinigan.

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Le pompier Maxime Fournier

Le 7 juin, le jeune pompier de Shawinigan s'affalait à moins d'un kilomètre de l'arrivée. À quelques mètres de la fin de la course, il touchait l'asphalte pour ne jamais plus s'en relever. Le chroniqueur sportif Daniel Lequin galopait alors devant lui. «Cela m'a secoué pas mal», avoue-t-il encore aujourd'hui. Marathonien de longue date, M. Lequin a souhaité rendre un hommage posthume au jeune défunt, dimanche, à Québec, sa première course depuis le triste événement.

«Je tenais à rendre hommage à ma façon à Maxime Fournier [...]. J'ai trois enfants et en perdre un deviendrait un événement noir de mon existence», écrit M. Lequin sur un billet hébergé par le réseau RDS. Rejoint par téléphone, il reconnaît que pas un jour ne passe sans qu'il nourrisse une pensée en mémoire de Maxime Fournier. D'autant plus, admet-il, que la Faucheuse a frappé aveuglément, sans avertir et de façon inattendue.

«Ça m'a chamboulé, ç'a marqué mes pensées. Je trouvais que c'était important, cet hommage, parce qu'il [Maxime] va m'accompagner tout le temps. Souvent j'y pense, quand je m'entraîne, j'ai des flashs et ça me revient. C'est sûr que je vais toujours avoir ça en mémoire», note l'homme de 61 ans, qui a commencé à courir à l'âge de 40 ans.

Pendant 42,2 kilomètres, donc, de Lévis au Vieux-Port de Québec, Maxime Fournier a foulé les rues de la Capitale-Nationale. En pensée, certes, mais pour M. Lequin, il importait de semer derrière ses pas le nom du pompier, un moment d'autant plus significatif à l'aube de son 60e marathon en carrière. Sur la ligne d'arrivée, la mère, le père et le frère du jeune pompier, portant chacun un chandail où la photo de Maxime était imprimée.

C'est avec le sourire, certes, mais également un gros pincement au coeur que les membres de la famille ont observé de la tente VIP les 10 000 marcheurs et coureurs en provenance d'une trentaine de pays doubler la ligne d'arrivée.

Sous les applaudissements des spectateurs, les marathoniens ont traversé main dans la main le dernier mètre, vers midi. S'en est suivi une accolade entre les trois hommes. Un geste très apprécié des parents et du frère de Maxime Fournier. Ils ont d'ailleurs remercié les participants. «C'est un très bel hommage. Merci beaucoup!», se sont-ils contentés d'exprimer avec émotion.

La famille, encore visiblement sous le choc, n'a toutefois pas voulu émettre plus de commentaires. «Nous avons été très bien reçus», s'est contenté d'ajouter la mère de la victime.

L'organisation du marathon SSQ Lévis-Québec tenait à accueillir la famille avec le réconfort qu'on attend de droit en pareille circonstance.

«On comprend qu'un événement comme ça touche beaucoup les familles. On sait que les parents sont bouleversés par ça. C'est pourquoi on leur a proposé de venir sous la tente VIP pour mieux vivre l'arrivée des coureurs. On voulait les rendre à l'aise lors de l'événement. On se doutait que ça allait les toucher que des coureurs courent pour leur fils», note Mélissa Roux, coordonnatrice des communications du marathon SSQ Lévis-Québec.

«Par la force des circonstances, il deviendra significatif mon 60e marathon en carrière», renchérit M. Lequin. Notons que trois autres coureurs l'accompagnaient dans cet hommage sportif. Il s'agit du marathonien François Blouin, du pompier Étienne Labonté, qui était également aux côtés de Maxime le 7 juin, ainsi que de l'organisateur du Demi-Marathon des pompiers de Shawinigan, Pierre Champagne. Ce dernier a plutôt franchi, dimanche, la distance du demi-marathon.

«Notre objectif, c'était de dédier notre course à Maxime Fournier. C'est pas rien ce qui est arrivé. Ça été extrêmement touchant. Au moment de son décès, Maxime était un coureur bénévole. Lui-même dédiait sa course, ses efforts, à la jeune personne handicapée qu'il poussait durant la course. Cette course [du 7 juin] permettait donc de créer du bonheur, tant chez le jeune homme vivant avec un handicap, que chez Maxime qui lui a offert son coeur», rapporte M. Champagne.

«Maxime est originaire de la région de Québec, alors j'ai trouvé que l'idée de lui rendre hommage à Québec était tout à fait adéquate. Je me suis donc dis: je vais me joindre à eux. Comme Maxime l'a fait, j'ai couru avec mon coeur pour lui rendre hommage, dans le fond, tout simplement», formule M. Champagne.

À bout de souffle et émotif, Étienne Labonté a préféré ne pas émettre de commentaire après sa performance de 4 h 25 min 50,9 s.

Quant à François Blouin, il ne connaissait pas personnellement Maxime Fournier, mais s'est dit touché par la situation.

«Mon père est décédé d'une maladie pulmonaire; indirectement, cela me touchait énormément. Courir pour cette cause-là, je ne pouvais pas passer à côté. Chaque course, il peut arriver n'importe quoi; que ça soit à la fin ou au début, il peut arriver un malaise. Pour moi, c'était important de rendre hommage à Maxime, car il est parti beaucoup trop jeune. Il était avec nous tout au long du parcours. Nousavions un symbole dans le dos qui le représentait. Lorsque Étienne avait plus de difficultés, c'est Maxime qui l'encourageait. On sait qu'il était là», conclut celui qui en était à son troisième marathon.

L'an prochain, lors de la 7e édition du Demi-Marathon des pompiers de Shawinigan, une activité particulière sera organisée pour que perdure la mémoire de Maxime Fournier. «Il va y avoir un legs quelconque. On n'est pas tout à fait là encore, mais le comité va s'y pencher. D'abord, il nous fallait sortir de toutes ces émotions pour le faire correctement», conclut M. Champagne.

Avec la collaboration du Soleil

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