Des souffleurs à feuilles dès 4 h 30 le matin (vidéo)

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(Trois-Rivières) Depuis le début de l'été, plusieurs résidents du centre-ville de Trois-Rivières sont réveillés très tôt le matin, entre 4 h 30 et 7 h, en raison du bruit produit par les souffleurs à feuilles utilisés pour nettoyer les trottoirs et le parc Champlain.

María Juliana Vélez et son conjoint Andrea Bertolo sont régulièrement réveillés au petit matin, une situation qui exaspèrent au plus haut point les parents d'un enfant de deux ans. Les résidents de la rue Hart ont même confié songer à déménager, tant les inconvénients sont majeurs. Qui plus est, lorsque les fenêtres sont ouvertes la nuit et que toute la ville est endormie, le bruit est plus perceptible et agressant.

«Si les gens font du bruit à l'extérieur, on peut appeler la police, elle arrive. Mais si c'est la Ville qui fait du bruit la nuit, on ne peut pas appeler la police pour qu'elle intervienne. Il y a une différence», affirme Mme Vélez.

«Je comprends qu'il faut nettoyer le parc Champlain et que c'est en face de l'hôtel de ville, mais il faut essayer de trouver des moyens moins bruyant pour le faire. C'est assez irrespectueux de faire le travail avec trois souffleurs à feuilles», ajoute-t-elle. «Le maire n'aimerait pas avoir ça en face de chez lui à 4 h 30 du matin.»

Bien que nous ne savons pas précisément quel modèle d'appareil les travailleurs utilisent, la plupart des souffleurs à feuilles professionnels des grandes marques produisent des niveaux de bruit atteignant les 100 décibels. À titre de comparaison, un marteau piqueur produit environ 120 décibels alors que le bruit d'un aspirateur est d'environ 80 décibels. Afin de démontrer la véracité de ses propos, María Juliana Vélez est allée, le week-end dernier, à la rencontre de trois travailleurs et a filmé la scène. On les voit souffler les détritus et on est à même de constater l'ampleur du bruit.

Alain Léger est également un résident du centre-ville et médecin à la retraite. Il a dénoncé l'utilisation des souffleurs à feuilles au centre-ville sur le site Internet du Regroupement québécois contre le bruit.

«On les voit travailler souvent au parc portuaire et on trouve ça tellement ridicule. On pousse les feuilles et les petits papiers, mais la poussière lève et va ailleurs», explique le médecin à la retraite en entrevue. «C'est une technique complètement ridicule, polluante et bruyante.»

Aujourd'hui à la retraite, Alain Léger avoue que le bruit très tôt le matin le dérange moins, mais il indique du même souffle que les travailleurs peuvent être très affectés par cette situation.

À l'instar de la majorité des résidents du centre-ville, le couple apprécie le bouillonnement culturel et touristique lors des nombreux événements de l'été. Il accepte de plus les désagréments des fêtards qui quittent, parfois très bruyamment, les bars au milieu de la nuit. «Tous les événements et les festivals terminent au plus tard à 23 h 30. Et quand les gens sortent des bars, on entend du bruit, mais ça ne dure pas des heures», affirme la dame.

«Mais à 4 h 30 la Ville qui se met à faire du bruit, ça commence à être très dur. Je comprends que nous n'habitons pas dans un quartier écologique au milieu du bois, mais ce que nous ne comprenons pas, c'est que la Ville fait un bruit affreux pendant des heures le matin. C'est pire que les gens qui sortent des partys. Je jure que ça n'a rien à voir.»

Au même titre qu'au moins cinq de leurs voisins, Mme Vélez et son conjoint, Andrea Bertolo, ont déposé des plaintes à la Ville de Trois-Rivières. Celles-ci n'ont toutefois pas eu de suites. «On n'a pas eu d'appel, rien du tout. La Ville a décidé d'ignorer la chose quoi.»

Questionnée au sujet du bruit produit par les souffleurs à feuilles, la Ville de Trois-Rivières indique qu'elle doit procéder ainsi afin de garder le centre-ville propre. Le porte-parole de l'administration municipale précise qu'en raison de la présence dans les rues de camions de livraison dès 7 h, les travaux de nettoyage doivent débuter plus tôt.

«Le centre-ville a comme particularité d'avoir des camions de livraison dans les rues dès 7 h. Nous devons donc avoir terminé le nettoyage des rues avant», explique Yvan Toutant, porte-parole à la Ville de Trois-Rivières. «Les souffleurs envoient les détritus dans la rue pour permettre au balai mécanique de les ramasser.»

«C'est comme si la Ville ne pensait pas que cette rue [la rue Hart] est résidentielle. C'est vrai qu'il y a le coin de l'hôtel de Ville et de la cathédrale où personne n'habite, mais la section de la rue Hart qui donne sur le parc Champlain est complètement résidentielle», dénonce Mme Vélez. «Samedi et dimanche, les travailleurs commencent à 5 h 30. C'est le week-end quand même», rétorque la résidente.

La Ville désire toutefois procéder à une réévaluation de sa méthode de travail à la fin de l'été. «Nous voulons nous rendre à Montréal et à Québec pour voir comment ces villes procèdent pour nettoyer les trottoirs et les parcs», ajoute le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

gabriel.delisle@lenouvelliste.qc.ca

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