RCM se défend: «Il y a un ménage à faire», dit Picotte

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De gauche à droite: Guy Julien, vice-président de RCM. Yvon Picotte, président et Martin Lacharité, le nouveau directeur général.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Flanqué de son conseil d'administration, le président du Groupe RCM, Yvon Picotte, a défendu bec et ongles, jeudi matin, les récentes décisions prises par son organisme au cours des derniers mois et qui ont coûté l'emploi de quelques cadres et affecté ses relations avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, mettant du même coup sur la glace un projet de modernisation de 2,7 millions $.

Après avoir présenté le tout nouveau directeur général du Groupe RCM, Martin Lacharité, Yvon Picotte y est allé d'un long discours pour expliquer l'origine des situations qui secouent présentement RCM.

C'est au moment où RCM a mis en probation Isabelle Émard, la personne qui allait prendre la direction générale après la retraite de Michel Camirand «que les troubles ont commencé» pour l'administration actuelle de RCM, explique M. Picotte.

«Elle n'était pas en accord avec les orientations de la mission. Elle a rajouté que pour elle, un conseil d'administration, c'était purement consultatif», dit-il. «On s'est dit que ce ne serait pas la bonne personne pour prendre la place», dit-il. À partir de là «ont commencé tous les déboires de l'organisme», selon lui.

Par déboires, il faut entendre la question des jetons de présence que reçoivent M. Picotte et son vice-président, Guy Julien, pour siéger au conseil d'administration de Soleno Recyclage, une information qui a été rendue publique en juin dernier.

Des têtes avaient roulé, chez RCM, lorsque cette affaire, qui n'est pas illégale, mais qui a suscité des questions d'éthique, a été diffusée dans le public.

D'ailleurs Yvon Picotte ne semblait pas avoir fini d'en découdre, jeudi, avec les personnes qui ont déterré cette affaire, dont Mme Émard, l'ancien directeur général, Michel Camirand et la directrice des ressources humaines, Danielle Marchand qu'il a tous écorchés en conférence de presse, jeudi.

M. Picotte affirme que la question des jetons de présence avait été discutée au conseil et inscrite aux états financiers dès janvier 2014. Il se demande pourquoi l'affaire éclate ainsi, 15 mois plus tard.

Les deux hommes ont affirmé, jeudi, qu'ils ne se sentent pas du tout en conflit d'intérêt de recevoir cet argent en échange de leur bénévolat.

On sait que des pétitions ont circulé chez RCM à la suite de cette information, demandant notamment la destitution du conseil d'administration. Selon M. Picotte, les gens ne savaient pas ce qu'ils signaient.

Yvon Picotte l'a répété à plusieurs reprises jeudi: il veut faire du ménage chez RCM. La directrice des ressources humaines, Danielle Marchand, comptait parmi ses cibles. Embauchée comme éducatrice spécialisée, elle était devenue, depuis plusieurs années, la directrice des ressources humaines. «On était très mal à l'aise avec le rôle qu'elle jouait», dit-il. Mme Marchand, selon certains témoignages, aurait été à l'origine d'une pétition pour destituer le conseil.

Michel Camirand a lui aussi écopé. Yvon Picotte a remis indirectement sa compétence en question en indiquant que le conseil d'administration n'avait plus accès aux procès-verbaux depuis mars dernier.

Interrogé par Le Nouvelliste à savoir comment il se fait que le conseil d'administration ait pu être aussi tolérant envers de telles situations, Yvon Picotte a mis la faute sur son directeur général à la retraite. «Mon d.g. me disait que si Mme Marchand quittait, l'usine tomberait à terre», explique-t-il.

Quand il a voulu forcer M. Camirand à lui remettre les procès-verbaux, ce dernier aurait dit qu'il pouvait démissionner. «Il marchait par menaces», raconte M. Picotte.

Plusieurs gestes auraient été posés sans l'approbation du conseil d'administration. M. Camirand a donné notamment deux ordinateurs à Mme Marchand en compensation pour 600 heures de temps supplémentaire.

RCM est aussi en conflit avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

RCM veut embaucher Machinex pour rénover l'usine de Récupération Mauricie alors qu'une résolution en bonne et due forme a été adoptée pour embaucher Gardex, résolution qui fut entérinée autant par RCM que par la Régie.

Yvon Picotte et son équipe croient que la résolution a été adoptée «pour des raisons obscures», alléguant, malgré les documents officiels remis aux journalistes par la Régie indiquant le contraire, que Gardex n'était pas un soumissionnaire.

Yvon Picotte espère toujours une rencontre avec la Régie pour dénouer l'impasse. Il assure que son «ménage» chez RCM n'est pas fini.

Il a par ailleurs annoncé jeudi que l'assemblée générale qui devait avoir lieu en juin sera tenue le 18 septembre.

Des poursuites sont à venir

Les conflits entre le Groupe RCM et ses ex-cadres donneront lieu au moins à une poursuite.

La directrice adjointe qui devait remplacer Michel Camirand après sa retraite de la direction générale de l'organisme déposera un recours contre le Groupe RCM pour congédiement abusif.

Remerciée après avoir découvert que le président, Yvon Picotte et le vice-président, Guy Julien, retirent des jetons de présence pour siéger au conseil d'administration de Soleno au nom de RCM, Isabelle  Émard n'écarte pas la possibilité de poursuivre aussi pour atteinte à sa réputation pour les propos tenus par M. Picotte à son sujet.

De son côté, Michel Camirand n'en revenait pas des paroles d'Yvon Picotte à son endroit devant la presse, jeudi, une véritable «campagne de démolition», estime-t-il.

«Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. On m'a varlopé beaucoup», constate-t-il en écoutant les reportages.

Accusé d'avoir donné trois ordinateurs à la directrice des ressources humaines, Danielle Marchand en échange de 600 heures de temps supplémentaires qu'il n'avait pas le droit de lui payer, M. Camirand assume pleinement son geste.

«Elle a eu deux ordinateurs. On les avait eus en cadeau du Conseil québécois des entreprises adaptées pour faire de la formation d'employés. On n'a même pas eu à les payer et j'ai le mien. La directrice des ressources humaines et le directeur général ont reçu en cadeau chacun un portable», dit-il.

D'ailleurs, Mme Marchand a fait parvenir au Nouvelliste une copie d'un courriel signé du directeur général par intérim, Lambert Bédard, lui permettant de conserver les ordinateurs, tel qu'autorisé par M. Camirand le 18 juin dernier.

Avant de partir, Michel Camirand raconte avoir fait une copie sur DVD de 175 fichiers électroniques qu'il a remis à son successeur par intérim.

Accusé par Yvon Picotte d'avoir cessé de livrer les procès-verbaux des assemblées du conseil depuis mars dernier, Michel Camirand nie cette information et assure qu'ils étaient d'ailleurs tous sur le DVD qu'il a remis au directeur intérimaire le 22 juin dernier.

Michel Camirand estime qu'Yvon Picotte «frôle le libelle diffamatoire» lorsqu'il prétend que le choix de Gardex pour la modernisation de Récupération Mauricie a été fait pour «des raisons obscures».

«Tout cela a été expliqué en long et en large au cours de deux réunions. Et je ne comprends pas que M. Picotte (qui était présent) ne se soit pas objecté», dit-il.

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