Mobilisation contre UberX: «On veut que le premier ministre clarifie sa position»

Bien que le service UberX ne soit pas... (Olivier Croteau)

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Bien que le service UberX ne soit pas implanté à Trois-Rivières, les chauffeurs de taxi de la région se sont mobilisés en appui à leurs collègues de Montréal et de Québec.

Olivier Croteau

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les travailleurs de l'industrie du taxi se sont mobilisés mardi partout au Québec afin de dénoncer le service de taxi UberX. Bien que l'application ne soit pas encore implantée à Trois-Rivières, les chauffeurs de taxi de la région ont tenu à démontrer leur appui à leurs homologues de Montréal et de Québec, tout en demandant au premier ministre Philippe Couillard de clarifier sa position quant à UberX.

Les deux compétiteurs trifluviens, Taxi Coop et Taxi Élite, ont décidé de se mobiliser à deux endroits différents. Alors que les chauffeurs de Taxi Coop, entreprise qui regroupe environ 70 taxis, se sont donné rendez-vous devant les bureaux du ministère des Transports du Québec, sur la rue Laviolette, une dizaine de chauffeurs de Taxi Élite se sont rassemblés devant le bureau du ministre Jean-Denis Girard, au centre-ville, afin de remettre une lettre au premier ministre.

«On veut dénoncer le taxi illégal, plus particulièrement UberX et essayer de demander au gouvernement libéral de clarifier sa position là-dessus. Ça fait des mois que le ministre des Transports, Robert Poëti, dit ouvertement que c'est illégal. La semaine passée, Philippe Couillard a déclaré quelque chose qui était assez ambigu en disant qu'il n'était pas fermé à l'idée de réglementer la chose. On veut que ce soit clair», demande Sylvain Roy, directeur général chez Taxi Coop.

Rappelons que les chauffeurs associés à UberX échappent à tout contrôle fiscal de l'État, qu'ils ne possèdent aucun permis de taxi, ni les assurances nécessaires. Uber regroupe des chauffeurs de taxi, tandis qu'UberX regroupe des citoyens qui font monter des clients dans leur voiture personnelle. Les chauffeurs de taxi déplorent ce service alors qu'ils doivent pour leur part se soumettre à de coûteuses réglementations pour opérer en toute légalité.

«Un permis coûte 140 000 $, ça coûte 1000 $ de plaques d'immatriculation par année, 2000 $ d'assurances par année, il faut passer à l'inspection deux fois par année, ça prend des voitures récentes de cinq ans ou moins. C'est très, très, très réglementé le taxi, une bonne partie des revenus part dans la réglementation. Si UberX peut faire ça avec n'importe quoi, c'est sûr que ça nous nuit», plaide Sylvain Roy.

Pour l'instant, on ne voit pas de chauffeurs associés à UberX à Trois-Rivières. «Ce qu'on entend dire c'est que si le premier ministre donne l'accord au niveau de UberX, leur prochaine cible seront les trois villes universitaires que sont Sherbrooke, Trois-Rivières et Chicoutimi», explique de son côté Jacques De Montigny, président de Taxi Élite à Trois-Rivières.

Sylvain Roy explique que la réalité du taxi n'est plus de cueillir en vitesse un client qu'on dépose sur un coin de rue. «C'est d'aller chercher une personne de 87 ans au quatrième étage dans son fauteuil roulant, l'aider à prendre place, boucler sa ceinture, mettre son fauteuil dans le coffre. On fait du survoltage à -27 degrés Celsius l'hiver quand les autos ne partent pas, on fait du déverrouillage quand les gens ont oublié leurs clés dans l'auto. Si on faisait juste du taxi facile comme UberX, peut-être qu'on pourrait charger moins cher aussi, mais ça a changé. Le taxi qui ne débarque pas de son auto aujourd'hui, il ne fait pas ses frais.»

Au Québec, ce sont 22 000 familles qui vivent de l'industrie du taxi. Trois organismes se sont unis hier matin afin de faire entendre leur voix, soit le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) et du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM).

Relations tendues entre les compétiteurs trifluviens

Les deux entreprises de taxi se sont séparées mardi matin pour intervenir auprès de Jean-Denis Girard et auprès du ministère des Transports simultanément.

«C'est la position officielle, mais en gros on voulait aussi éviter des frictions entre les deux compagnies, parce que les relations sont tendues. C'est l'alternative qu'on a trouvée. On est prêts à supporter la cause, si noble soit-elle, mais le porte-étendard est loin d'être légitime lui-même», a exprimé Sylvain Roy parlant de son compétiteur. De son côté, Jacques De Montigny ne s'est pas prononcé à ce sujet, se contentant de dire: «ce sont des compétiteurs sur le même marché».

En tout, une quinzaine de chauffeurs trifluviens ont pris part à la mobilisation d'hier matin. La manifestation s'est déroulée dans le plus grand calme, avec des foulards jaunes en signe de soutien.

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