Récupération Mauricie: 2,7 millions $ d'investissements sur la glace

René Goyette, président de la Régie de gestion... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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René Goyette, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Un projet de modernisation de 2,7 millions $ à l'usine de tri de Récupération Mauricie (RM), à Saint-Étienne-des-Grès, celle qui accueille les matières de nos bacs bleus, est mis sur la glace à la suite d'une mésentente entre les deux propriétaires de RM, soit le Groupe RCM et la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Le président de la Régie, René Goyette, excédé par le changement de cap impromptu dans ce dossier par le Groupe RCM, veut carrément faire changer les règlements qui régissent le partenariat entre les deux entités.

Jeudi dernier, à l'occasion de sa réunion mensuelle, la Régie a fait un premier pas en retirant son cautionnement financier de 2 millions $ à ce projet qui s'en trouve ainsi bloqué puisque toute dépense supérieure à 25 000 $ à RM nécessite l'accord des deux partenaires.

La Régie et le Groupe RCM étaient tous deux d'accord pour octroyer le contrat à la firme Gardex de Victoriaville, décision qui fut prise par résolution en mai dernier. Le contrat n'est toutefois pas signé encore.

Dans les entrefaites, la direction du Groupe RCM a changé. En juin dernier, rappelons-le, plusieurs cadres ont été congédiés pour des raisons qui demeurent toujours obscures.

C'est à la suite de cette manoeuvre que le Groupe RCM a changé son fusil d'épaule, à la mi-août et demande à son partenaire, la Régie, de choisir une autre firme pour exécuter le contrat, soit Machinex.

Le directeur général par intérim du Groupe RCM, Lambert Bédard, estime que Machinex a beaucoup plus d'expérience.

RCM plaide aussi que Gardex ne faisait pas partie des soumissionnaires à ce projet et que le conseil d'administration a voté une résolution lui accordant le contrat «pour des raisons obscures.» La soumission de Gardex était toutefois moins élevée que son concurrent.

Pour le président de la Régie, René Goyette, il n'est pas question de se désengager d'une résolution prise dans les règles de l'art. «En tant qu'élu municipal, j'ai un code d'éthique auquel je dois me conformer», fait-il valoir.

La Régie a d'ailleurs décidé de retirer carrément sa caution financière, le 20 août dernier.

Lambert Bédard, après avoir pris des avis juridiques sur la question, signale que Récupération Mauricie n'est pourtant pas assujettie aux règles d'adjudication des contrats municipaux. «Mais eux autres, ils se cachent en arrière de leurs principes moraux», dit-il.

Même si Gardex était moins cher, le Groupe RCM plaide que Machinex «soumet une proposition préférable à celle de Gardex.» Machinex propose notamment un délai d'exécution plus court d'une semaine.

Pour René Goyette, c'est loin d'être une raison pouvant justifier d'abandonner des engagements pris par résolution il y a quelques mois, au risque d'écoper de poursuites, laisse-t-il entendre.

«Ça va être fait selon les règles de l'art», martèle René Goyette.

«Il va falloir qu'on revoit les règlements de RM. Je veux être un partenaire. Là, ça a l'air qu'ils ont engagé un nouveau président, mais Claude Boulanger, qui est pourtant le président de RM l'a su une fois que ça a été fait», déplore M. Goyette. «C'est tout le temps de même. Ça achève», laisse-t-il entendre.

Avec une copropriété de RM à 51 % pour le Groupe RCM et à 49 % pour la Régie, «je pense qu'on peut être écouté plus que ça», dit-il. «Au moins, qu'on ait le respect du partenaire. Quand RCM passe une résolution, le 28 juin, comme quoi il décide de changer le contrat, ça ne marche pas, ça. Ce n'est pas là que ça se décide», plaide René Goyette.

Lambert Bédard dit avoir demandé une rencontre avec la Régie dans ce dossier sans y parvenir. Le président de la Régie reconnaît que dans les circonstances, il préfère nettement régler cette affaire via les voies officielles.

Notons que le projet de modernisation de RM consiste en l'aménagement d'équipements spécialisés pour améliorer la qualité du papier via des techniques de tri balistique et de tri optique. Un système de tri par courants de Foucault permettra aussi d'améliorer la récupération de l'aluminium.

brigitte.trahan@lenouvelliste.qc.ca

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