Labeaume écorche le maire Yves Lévesque

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Le maire de Québec Régis Labeaume

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si Régis Labeaume se fait un plaisir d'inviter les gens de la Mauricie à découvrir le Centre Vidéotron, il serait surprenant qu'il envoie une invitation personnelle à Yves Lévesque.

Le maire de Québec était de passage vendredi matin à Trois-Rivières afin de parler de la qualité de cette infrastructure qui ouvrira ses portes en septembre et de sa volonté que des gens de la région le découvrent, notamment lors des journées portes ouvertes prévues du 3 au 7 septembre. S'il est visiblement heureux d'aborder ce sujet, son regard s'assombrit lorsqu'il parle de ses relations, ou plutôt, de l'absence de relations avec le maire de Trois-Rivières.

«On se parle peu, en réunions. C'est plate. Je m'entends bien avec tout le monde. Je n'ai jamais compris pourquoi, cette attaque à propos des fonds de pension. Ça m'a blessé», raconte le maire, lors d'une entrevue accordée sur les terrains de l'hôtel de ville trifluvien.

L'attaque à laquelle fait référence Régis Labeaume est une déclaration effectuée en juillet 2014 par le maire Lévesque. Le projet de loi 3 sur les régimes de retraite était alors dans l'actualité et le maire trifluvien avait accusé son vis-à-vis de Québec de miner le climat entre les syndicats dans le dossier.

Yves Lévesque avait mentionné qu'il était regrettable d'entendre Régis Labeaume blâmer les syndicats pour des erreurs qui avaient aussi été commises par les élus. Selon M. Lévesque, les déficits causés dans certaines villes par les régimes de retraite découlaient de décisions auxquelles des élus avaient donné leur aval.

«Il a fait ça sans avertir, une charge à fond de train. J'ai appris ça à la télé. Il y en a qui pensent qu'ils sont les seuls à avoir le pas», laisse tomber M. Labeaume, qui avait répliqué en août 2014 en disant ne pas comprendre pourquoi le maire Lévesque était d'accord pour que les gens de Trois-Rivières paient davantage et continuent de payer pour ces régimes de retraite.

Ce dernier indique que Québec avait pourtant maintenu de bonnes relations avec le maire de Trois-Rivières auparavant. Pour lui, il n'est pas question de faire les premiers pas afin de mettre fin à la mésentente. «On a même fait la promotion pour les événements du 375e (anniversaire de Trois-Rivières). C'est à lui à venir me voir.»

Régis Labeaume en a ajouté une couche vendredi après-midi, à son retour à Québec. Selon nos collègues du Soleil, le maire de Québec n'a pu s'empêcher d'écorcher Yves Lévesque à nouveau. Mesquin, inélégant, blessant... Régis Labeaume ne manquait pas d'adjectifs pour qualifier la sortie de M. Lévesque dans le dossier des régimes de retraite. «Je l'ai pas oublié, c'était pas nécessaire», a martelé M. Labeaume. «Yves a décidé de sortir de l'UMQ [Union des municipalités du Québec], il pensait entraîner du monde, mais il est le seul qui est sorti», a-t-il fait remarquer. «C'est le seul avec qui je m'entends pas», a fini par laisser tomber M. Labeaume. Après réflexion, il a tout de même ajouté le nom du maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, sur cette courte liste. Même si «ça va moins pire là» avec lui. 

Le Nouvelliste n'a pu joindre Yves Lévesque pour obtenir ses commentaires.

Quelque 6000 billets disponibles

L'inauguration du Centre Vidéotron offrira différentes activités, dont la visite gratuite des lieux.

«Selon nos calculs, c'est une infrastructure qui couvre l'est du Québec. Et les gens l'ont payé un petit peu avec leurs taxes. Sur 175 000 billets, environ 6000 sont disponibles. Ça va être fantastique, pour les maniaques de hockey. Et quand les Cataractes vont venir à Québec, ils vont voir qu'il n'y a pas un autre club junior qui évolue dans un aussi bel amphithéâtre.»

Parlant d'amphithéâtre, Régis Labeaume a profité de son court passage à Trois-Rivières vendredi matin pour aller faire un tour à l'Amphithéâtre Cogeco. Il a pu faire la visite des lieux, gracieuseté d'un employé de l'infrastructure, et il en est ressorti très impressionné. «J'ai tout vu de l'intérieur, la scène. C'est beau. Ça prend des grosses scènes aujourd'hui, car les artistes veulent de la place.»

M. Labeaume savait que ZZ Top était en vedette vendredi soir à l'Amphithéâtre Cogeco. Convaincu que de nombreux de ses concitoyens étaient présents, M. Labeaume croit que les habitants des deux villes vont profiter de ces deux nouveaux équipements. 

Avec la collaboration du Soleil

Un club-école à Trois-Rivières?

Régis Labeaume ignore si le retour éventuel des Nordiques au sein de la Ligue nationale de hockey peut signifier l'arrivée de leur club-école à Trois-Rivières, mais il va en glisser un mot à la haute direction de Québecor.

À l'époque où les Nordiques évoluaient au sein de la LNH, ils pouvaient compter sur un bon bassin de partisans à Trois-Rivières et dans toute la Mauricie. Selon des chiffres dévoilés par l'hôtel de ville de Québec, 35 % des gens qui assistaient aux matchs des Nordiques provenaient de municipalités situées dans un rayon d'environ deux heures de route de la Vieille Capitale. Si la renaissance d'un club de hockey à Québec se réalise, nul doute que les vieux fans des Nordiques à Trois-Rivières seront au rendez-vous.

«Je n'ai pas eu de discussions entourant l'implantation d'un club-école des Nordiques à Trois-Rivières. Mais je dîne avec Pierre Dion (le président et chef de la direction de Québecor) lundi et je vais lui en parler», raconte le maire de Québec, bien au courant du projet de Trois-Rivières d'avoir un aréna de 5000 sièges.

Pour ce qui est du retour possible des Nordiques au sein du circuit Bettman, Régis Labeaume se montre très prudent. Il sait que le grand patron de la LNH n'apprécie guère se faire mettre de la pression à ce sujet. Et comme la candidature de Québec pour l'obtention d'une équipe d'expansion progresse, le maire de Québec veut éviter de faire un faux pas.

«C'est le temps de jouer le livre pour le dossier des Nordiques. Gary Bettman sait tout ce que je dis, il fait traduire tout ce que je dis et c'est sur son bureau le lendemain matin. Mais je respecte Bettman. C'est un bon gestionnaire. À l'étape où on est rendu, on les laisse travailler», déclare le maire Labeaume, dont l'expression du visage laisse paraître une belle confiance.

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