Les grands perdants: les résidents

Johanne Panneton craint que les résidents ne soient... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Johanne Panneton craint que les résidents ne soient les grands perdants de cette nouvelle série de recommandations rendues publiques par le ministère de la Santé et des Services sociaux, mercredi.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'auteure de la vidéo, Johanne Panneton, craint que les résidents ne soient les grands perdants de cette nouvelle série de recommandations rendues publiques par le ministère de la Santé et des Services sociaux mercredi. Malgré les mises en garde du gouvernement, elle assure qu'elle n'hésitera pas à filmer à nouveau si elle est témoin d'une autre situation déplorable.

Parmi les recommandations, on évoque la possibilité d'allouer du financement afin d'augmenter le nombre d'heures travaillées par jour et par résident, un non-sens selon Johanne Panneton. «Comment tu veux donner plus d'heures s'il n'y a pas plus de personnel? Si on augmente le nombre d'heures de travail des personnes qui sont déjà là, c'est sûr qu'au bout du compte, c'est le résident qui va payer encore. Ils vont être à bout les préposés. Les soins vont être moins bons», estime-t-elle.

Que le personnel affecté reste sur l'unité durant les heures de repas fait aussi partie des points de ce rapport qu'elle trouve «exagérés». «S'il y en a que ça leur convient, qu'ils mangent là, mais que ça n'en devienne pas une obligation. Si tu as besoin de sortir pour aller te ventiler, il faut que tu y ailles. On va juste rendre visite à nos parents et quand ça fait 1 h-1 h 30, il faut que tu sortes. Imagine quand tu passes la journée là!», s'exclame-t-elle.

Tout de même, elle reconnaît que certaines recommandations ne peuvent pas nuire à la qualité des services qui sont octroyés, mais elle déplore que celles-ci ne s'appliquent pas spécifiquement à la situation dont elle a été témoin. Pour elle, une seule mesure aurait pu empêcher les événements. «Ce qui est en lien avec cette situation-là, ils auront beau dire ce qu'ils voudront, c'est le manque de personnel, c'est le manque de main-d'oeuvre.»

L'IMPACT DES IMAGES

Dans le rapport, on fait état des rencontres qui ont été effectuées dans le cadre de l'enquête. La soeur de la dame qui a chuté aurait été «fâchée lorsqu'elle a vu la vidéo et enragée lorsque celle-ci a été mise sur Facebook», peut-on y lire. Elle craignait également que des gens reconnaissent sa soeur. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, souhaite encadrer l'utilisation de caméras pour filmer des personnes âgées et s'inquiète lui aussi de cette pratique.

La belle-soeur de cette dame qui a été filmée à son insu craint, quant à elle, que cela n'entraîne des dérives. «C'est ce qui m'inquiète: que tout le monde peut filmer. Ils vont penser qu'ils vont filmer pour le bien de la personne, mais c'est pas toujours le cas. En même temps, on n'a pas le choix. Il y en a qui se battent tout le temps et il n'y a rien qui se passe. Et là, il sort une affaire de même et ça revient à l'ordre du jour, ça débouche sur quelque chose de positif. La facilité est là, on va tout de suite filmer et on va déclencher quelque chose», résume-t-elle.

«Je suis d'accord parce que ça a eu un impact très vite, très positif, mais d'un autre côté, c'est notre belle-soeur et on l'a vue dans le journal, c'est là qu'on a vu que c'était elle. Ma belle-soeur aurait aimé ça savoir que cette vidéo-là allait sortir», nuance-t-elle.

Elle se réjouit des suites de cette vidéo et du sérieux avec lequel les institutions ont traité le dossier. «Juste le fait qu'ils en parlent et qu'ils essaient de faire quelque chose, c'est déjà bon. Ils auraient pu s'en foutre complètement. Ils décident d'agir maintenant.»

Celle-ci n'entretient aucune rancoeur envers Mme Panneton. «Elle aurait pu lui filmer juste les pieds, pas toute la tête, on aurait compris qu'elle était au sol. Mais c'est sûr que dans l'énervement... La dame a fait du mieux qu'elle pouvait parce qu'elle ne voyait pas de préposés», estime-t-elle.

Pour Johanne Panneton, la question ne se pose même pas: elle n'aura aucune hésitation à sortir sa caméra à nouveau. «S'il arrivait un événement comme ça, je le ferais sans hésiter», assure-t-elle avec conviction. «Si je suis témoin de quelque chose que je considère qui n'a pas lieu d'arriver, c'est certain que je le mentionnerais et je ne me sentirais pas coupable pantoute.»

Elle continue d'ailleurs d'être témoin de situations déplorables. Entre autres, un homme aurait chuté au sol devant ses yeux et le délai de réponse pour le remettre sur pied aurait été très long. «J'aurais pu sortir mon téléphone encore», dit-elle.

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