Pas de rue Jean-Chrétien à Shawinigan

Avant même d'avoir existé, la rue Jean-Chrétien disparaît... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Avant même d'avoir existé, la rue Jean-Chrétien disparaît au centre-ville de Shawinigan. La 5e Rue conservera son identité, qui sera complétée par l'appellation «de la Pointe», comme toutes les autres rues du secteur.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La mobilisation populaire et la Commission de toponymie du Québec ont finalement convaincu le conseil municipal de Shawinigan de conserver la numérotation des rues au centre-ville, bonifiée par l'appellation «de la Pointe» en référence à la Pointe-à-Bernard. Une décision saluée par Appartenance Mauricie, qui avait préparé un mémoire très étoffé pour démontrer toute l'importance historique de ce plan d'urbanisme dans l'histoire du pays.

Le maire, Michel Angers et la présidente de la commission de toponymie de Shawinigan, Lucie DeBons, ont présenté le fruit de ces longs travaux mardi après-midi à l'hôtel de ville. Le scénario d'harmonisation des noms de rues, qui entraînera finalement 313 modifications sur l'ensemble du territoire, a été adopté en séance publique en soirée.

En février, M. Angers avait annoncé qu'il souhaitait personnellement que la 5e Rue devienne la rue Jean-Chrétien, en hommage à l'ex-premier ministre du Canada originaire de Shawinigan.

La Commission de toponymie du Québec s'est toutefois objectée à cette suggestion. En effet, impossible pour elle de remplacer un odonyme officiel par un autre qui ne rencontre pas ses critères. La CTQ demande aux municipalités d'attendre un an après le décès d'une personnalité publique avant de donner son nom à une voie de circulation. Les élus auraient rencontré moins d'obstacles dans le cas d'une nouvelle rue, mais dans l'esprit du maire, le coeur du centre-ville constituait une suggestion naturelle en raison des nombreux passages de l'ex-premier ministre du Canada au cours de sa carrière politique.

Par contre, devant l'évidence que la CTQ s'opposerait à la proposition, la commission de toponymie de Shawinigan a jonglé avec plusieurs hypothèses pour renommer la 5e Rue. Dans sa proposition finale, elle suggérait qu'elle devienne la rue du Centre-ville. La CTQ a rappliqué avec le maintien de la numérotation, avec un ajout. La 5e Rue devient donc la 5e Rue de la Pointe.

Ce revirement de situation n'a pas vraiment offusqué l'ex-député de Saint-Maurice, selon M. Angers.

«Dans son langage coloré, il m'a dit qu'il m'avait déjà mentionné qu'il n'était pas mort encore!», sourit le maire. «Il était d'accord avec le principe, mais il comprend que si la Commission de toponymie ne reconnaît pas le nom de Jean-Chrétien, ça devient problématique. Il y aura certainement d'autres occasions de souligner l'apport de l'ancien premier ministre du Canada à Shawinigan.»

Mario Lachance, président de la société d'histoire Appartenance Mauricie, avait rapidement sonné l'alarme au sujet de l'importance historique des rues numérotées de la Pointe-à-Bernard. Dès l'assemblée d'information du 16 février, il avait rappelé aux élus que cet ensemble faisait partie du plan déposé le 25 octobre 1899 par la firme T. Pringle & Son pour la Shawinigan Water & Power. Il avait réalisé un mémoire et reçu des appuis très crédibles du milieu universitaire pour appuyer ses arguments.

Dans ce contexte, M. Lachance accueille très favorablement le scénario final adopté par le conseil municipal.

«Je suis très heureux que nous gardions la numérotation», réagit-il. «On garde en place un ensemble toponymique unique au Québec. C'est un bel hommage que l'on rend au patrimoine. J'applaudis la décision de la Ville et je trouve originale l'idée d'ajouter «de la Pointe», car ça met encore plus d'importance sur l'histoire des lieux, celle de la Pointe-à-Bernard.»

Rappelons également qu'en début d'année, Patrice Bolduc avait recueilli près de 2200 noms dans une pétition pour inciter les élus à maintenir l'appellation de la 5e Rue.

«Je suis content», commente le citoyen. «C'est un peu ce que nous défendions, le caractère historique et le lien avec la fondation de la ville. Ça exprime la volonté populaire. La CTQ a bien joué son rôle, mais dans l'usage populaire, ça va rester la 5e!»

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