Courir dans la jungle brésilienne

Carl Boulianne participera, en octobre prochain, à un... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD)

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Carl Boulianne participera, en octobre prochain, à un autre défi de taille: le Jungle Marathon du Brésil.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Beau temps, mauvais temps, sur une distance de 250 kilomètres, à pied s'il-vous-plaît, Carl Boulianne côtoiera pendant sept jours les anacondas, les serpents, les abeilles et les terribles Paraponera, ces fourmis surnommées balles de fusil en raison de leur morsure particulièrement douloureuse. Après avoir couru, il y a deux ans, 234 kilomètres en autosuffisance alimentaire dans le désert du Sahara au Maroc, le directeur adjoint du Service de sécurité incendie de la Ville de Shawinigan participera, en octobre prochain, à un autre défi de taille: le Jungle Marathon du Brésil.

Le défi est considéré comme l'un des plus exigeants au monde. «Une belle expérience», lance, bon enfant, le pompier shawiniganais. Une «expérience» en autosuffisance, c'est-à-dire que les quatre-vingt coureurs inscrits doivent traîner sur leur dos tout le matériel nécessaire à leur survie, du couteau de poche au hamac, en passant par la nourriture, les vêtements, le matériel de premiers soins, etc. «Dans le meilleur des mondes, mon sac à dos pèsera 17 ou 18 livres, mais le maximum que je m'autorise, c'est 22 livres», note l'intrépide coureur. Seule l'eau embouteillée est fournie par l'organisation et sera dispersée ici et là dans une forêt souvent sans repère.

Entre le désert du Sahara et la jungle brésilienne, deux difficultés particulières, parmi d'autres, attendent M. Boulianne. Premièrement, l'eau. Non le manque d'eau, mais son trop plein. «On a des rivières à traverser, des barrages, donc tu dois courir mouillé pendant sept jours. Mine de rien, les pieds vont faire des ampoules plus rapidement», signale-t-il. Sans compter le taux d'humidité qui pourrait avoisiner les 99 %.

En second lieu, la chaleur. Courir dans le désert à 50 degrés Celsius, par temps sec, c'est une chose. Courir dans la jungle à 40 degrés Celsius, par temps humide, s'en est une autre. «Avec l'humidité, il faut faire attention aux coups de chaleur», prévient-il. Et on passe ici sur les dangers personnifiés par les animaux et les insectes qui pullulent à tous les troncs d'arbre, autant de visiteurs inopportuns qu'on retrouve en moins grand nombre dans les sables brûlants du Sahara.

À mi-parcours, après des journées de course qui peuvent s'étirer sur près de 120 kilomètres, la densité des jaguars est tellement élevée que l'organisation du Jungle Marathon a prévu des gardes et des tireurs d'élite qui veilleront les coureurs durant la nuit. «C'est sûr que cette nuit-là, je vais peut-être moins bien dormir», avoue M. Boulianne qui, lui, ne sera armé que de son courage. «Je ne suis pas Tarzan. Je vais peut-être davantage me sauver à la course s'il se passe quelque chose. Ça va peut-être améliorer mon temps», ajoute le Shawiniganais dans un franc éclat de rire.

Carl Boulianne cultive quotidiennement une très bonne forme physique. Ce père de quatre enfants court tous les matins, à l'aube, et revient à temps pour servir le petit-déjeuner de sa progéniture. Dans le cadre d'une épreuve élite comme le Jungle Marathon, c'est moins la préparation physique qui importe que la mise au point psychologique. Le pompier devra faire le plein d'images positives et de souvenirs familiaux pour traverser les multiples embûches qui, inévitablement, se dresseront sur sa route, des rivières sans lit en passant par les nuits recouvertes d'un ciel d'encre et passées à la belle étoile.

«Je vais faire le plein d'événements et de souvenirs heureux. Quand ça commence à être plus difficile, tu te mets à penser à ces moments-là pour que ça passe. Entre autres, je suis en train de me faire un répertoire de musique qui me fait penser à mes enfants. Chacun de mes enfants a une chanson qui est associée à un moment. Quand ça va être plus dur, je vais les écouter. Le 5 à 7 que j'organise, pour l'avoir fait il y a deux ans, m'aide également beaucoup. S'il y a 100 personnes qui se présentent, je pense à ces gens-là qui sont venus m'encourager et ça aussi ça m'aide», mentionne M. Boulianne.

Pour appuyer financièrement son expédition, donc, M. Boulianne organise un 5 à 7 le 27 août prochain, au Broadway Pub de Shawinigan. Le billet, en vente au coût de 20 $, donne droit à un souper, bière, hamburger et frites. 

Pour se le procurer, on pourra écrire un courriel privé à M. Boulianne à l'adresse boulianne_carl@hotmail.com, ou via Facebook, voire en visitant le site Internet www.inscriptions.ultransaction.com/junglemarathon

Notons enfin que ceux qui souhaitent l'encourager durant l'épreuve, qui se déroulera du 4 au 11 octobre, peuvent le faire sur le site du Jungle Marathon. Les messages seront imprimés par l'organisation et remis aux coureurs chaque soir, dans la mesure du possible. 

«Parfois, c'est juste un bonjour, mais un bonjour qui donne une bonne dose d'énergie», conclut M. Boulianne.

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