Bac brun: la Mauricie en consultation cet hiver

Alors que la totalité des Montréalais utiliseront le bac brun, d'ici 2019, la... (Photo: La Presse)

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Alors que la totalité des Montréalais utiliseront le bac brun, d'ici 2019, la Mauricie est toujours en réflexion au sujet de la méthode qu'elle prendra pour valoriser les matières putrescibles des citoyens, comme l'exigera le gouvernement dès 2020. Elle prévoit des consultations publiques dans chacune des cinq MRC de la région, en janvier et février, a indiqué au Nouvelliste le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, René Goyette.

Auparavant, la RGMRM doit finaliser son Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) et le soumettre pour approbation au gouvernement, indique M. Goyette.

«C'est avec le PGMR qu'on va regarder tout ça. Il faudra qu'il y ait des solutions sur la table pour s'assurer que le gouvernement achète notre PGMR», indique-t-il.

Le président de la Régie ne sait donc pas encore si le bac brun et le compostage des matières putrescibles formeront la solution mauricienne à la réduction de l'enfouissement sanitaire.

Pourtant, la Régie a examiné les alternatives en long et en large depuis au moins 2008 alors qu'elle avait dans sa mire la construction d'une usine de méthanisation de 90 millions $. Les représentants de la Régie à cette date et même quelques maires s'étaient rendus en Europe, aux États-Unis et même dans diverses provinces canadiennes pour examiner la technologie en question.

En 2011, certains élus avaient aussi visité une usine de biométhanisation hybride en Allemagne sans toutefois en revenir convaincus qu'il s'agissait de la meilleure technologie à retenir.

En 2013, la Régie avait aussi mené une expérience pilote à Saint-Maurice concernant le tri à la source des matières putrescibles en espérant que cette méthode permettrait d'éviter l'implantation coûteuse du bac brun. Il s'agissait de mettre les matières putrescibles dans un sac biodégradable compostable qui était déposé par la suite dans le bac à déchets régulier. Les sacs étaient triés à leur arrivée à la Régie.

Contrairement à beaucoup de lieux d'enfouissement sanitaires, la RGMRM valorise déjà d'une manière très particulière ses matières putrescibles. Elle récupère en effet le biogaz des cellules d'enfouissement, qui autrement serait brûlé et le vend aux serres Savoura qui s'en servent pour cultiver des plants de tomates.

Malgré cette prouesse technologique qui, rappelons-le, a coûté des millions $ d'investissements ainsi qu'un procès coûteux à la Régie, René Goyette croit que le gouvernement obligera la Régie à récupérer les matières putrescibles quand même.

La Régie va-t-elle se battre pour devenir une exception à la règle en matière de valorisation des matières putrescibles?

«Je ne pense pas que le gouvernement va faire une exception avec la Mauricie, même si l'on a du biogaz», estime M. Goyette. «Je n'y crois pas.»

C'est la solution prônée récemment le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry, calculant que la région pourrait ainsi économiser des millions $. Cette solution avait aussi été soulevée par l'ancienne propriétaire des Serres du Saint-Laurent/Savoura, Marie Gosselin, qui en avait même parlé au ministre de l'Environnement.

Pour ce qui est de continuer à alimenter en biogaz le nouvel acheteur de Savoura, la Régie disposerait du biogaz qu'il faut pour honorer sa part du contrat même si elle cessait d'enfouir des matières putrescibles, croit le président de la Régie. «Ce n'est pas, pour le moment, problématique», dit-il.

La Régie sait depuis plusieurs années qu'elle devra réduire l'enfouissement et valoriser les matières putrescibles.

Pourtant, malgré toutes ses explorations de la situation, elle n'est pas encore parvenue à la solution idéale.

«Trouvez-moi donc un dossier facile, à la Régie», rétorque à ce sujet René Goyette en rappelant que depuis quelques années, la Régie a été obligée de mettre ses efforts «partout ailleurs au lieu de se concentrer sur les déchets.»

On se rappellera notamment de la saga concernant le LES de Champlain contre l'homme d'affaires Lucien Rémillard qui a finalement perdu sa cause après des années de procès contre la Régie.

Parallèlement, on a aussi connu le procès fort médiatisé de la Régie dans le dossier des serres Savoura pour des questions de difficultés d'approvisionnement en biogaz. De nouvelles complications ont surgi, récemment. Cette fois la mésentente se situe entre la Régie et la municipalité de Saint-Étienne-de-Grès pour des questions de modification de la géométrie des cellules d'enfouissement, complications qui pourraient potentiellement mener à un nouveau procès.

brigitte.trahan@lenouvelliste.qc.ca

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