Stationnement au CSSS de Trois-Rivières: des surplus de 1,5 million $ engrangés

Les profits liés aux parcs de stationnement des... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Les profits liés aux parcs de stationnement des établissements de santé de la région soulèvent l'indignation des groupes syndicaux.

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Trois-Rivières a engrangé des surplus de l'ordre de 1,5 millions $ pour son parc de stationnement durant l'année 2014-2015. Alors que certains employés du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) se verront imposer une hausse sur le tarif de stationnement dès cet automne, les groupes syndicaux crient à l'injustice.

Selon le rapport financier annuel 2014-2015, les coûts directs et indirects associés à l'opération du parc de stationnement du CSSS de Trois-Rivières ont totalisé 688 684 $ alors que les revenus totaux s'élevaient à 2 212 043 $. Cela porte donc le surplus à 1 523 359 $. Le scénario se répète dans les autres CSSS de la région alors que les surplus au CSSS de l'Énergie atteignent 23 343 $ et 11 749 $ au CSSS de Maskinongé.

«La raison de cette nouvelle hausse-là c'est qu'on est apparemment déficitaire et qu'on n'a pas le choix. Qu'il faut une grosse hausse pour payer les entretiens, les déneigements. Mais contrairement à ce que nous dit notre employeur, nous ne sommes pas en déficit selon les chiffres que j'ai vus», fait valoir Nancy Fortin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins du CSSS de l'Énergie - FIQ.

«Je ne vois pas comment on peut nous imposer une hausse et du même souffle on apprendrait qu'il y a des profits majeurs. Si tel est le cas, ce serait vraiment odieux», avance quant à elle Monique Veillet, première vice présidente du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec (SIIIACQ).

Le directeur des services techniques au CIUSSS MCQ, Mario Lessard, tient à apporter des nuances à ces chiffres. «À l'intérieur du montant, ça tient compte à la fois du revenu des visiteurs et à la fois du revenu des employés. C'est un consolidé des deux. Les surplus sont dus à la tarification des visiteurs. Ces surplus sont réinvestis en service», assure M. Lessard. Les employés ne peuvent donc pas bénéficier de ce montant. «On ne veut pas que les visiteurs compensent pour les employés. On veut que les employés assument leur part normale».

Si on ne tient compte que des revenus provenant des vignettes de stationnement des employés, «c'est sûr qu'il n'y a jamais eu de surplus», atteste M. Lessard. Cette uniformisation des tarifs de stationnement à l'ensemble des établissements de santé du CIUSSS MCQ permettrait donc un équilibre budgétaire et un autofinancement des parcs de stationnement. Mais les réalités de chaque centre restent très différentes selon Nancy Fortin.

«Le beau mot ces temps-ci, c'est uniformiser. Sauf que ici [à Shawinigan] ce que ça coûte, à Trois-Rivières ce que ça coûte et ailleurs ce que ça coûte, c'est pas pareil. Ce ne sont pas les mêmes coûts qui sont reliés. Une seule tarification universelle pour tout le monde, on trouve que c'est inéquitable», clame-elle.

Un contrat pour tout changer?

Au CSSS de l'Énergie, un contrat lie l'employeur et l'employé pour l'octroi d'une vignette de stationnement. Le dernier contrat a été signé le 15 avril dernier et sera effectif jusqu'au 14 avril 2016. «Il n'est nullement spécifié sur ce contrat qu'il a le droit d'appliquer une hausse de prix. C'est bien marqué que je m'engage à respecter la procédure de gestion de stationnement, mais c'est nullement spécifié qu'il y aurait une hausse», mentionne Nancy Fortin. «On a un contrat et il sera respecté jusqu'en avril 2016», atteste-t-elle.

Grâce à ce contrat, elle assure que l'employeur est revenu sur sa position et que la hausse de prix ne s'appliquera pas le 2 octobre pour les 3000 employés du CSSS de l'Énergie. Au CIUSSS, on ne peut confirmer ces informations. «On a treize anciennes organisations et treize politiques de stationnement. On est en train de les regarder une à une», indique Mario Lessard. «Des gens du volet légal sont en train de regarder l'ensemble des politiques qui existent. Pour l'instant, la hausse sera donc maintenue. Je vais procéder à la distribution de vignettes, on continue la démarche. Ça entre en vigueur le 1er octobre», rappelle-t-il.

Le SIIIACQ a vivement réagi quand il a appris qu'une entente pourrait se faire avec le CSSS de l'Énergie «J'avais un peu les jambes sciées ce matin en entendant qu'il y avait une entente particulière», avoue Monique Veillet qui confirme que le CHAUR ne possède pas un tel contrat.

laurie.noreau@lenouvelliste.qc.ca

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