Espaces commerciaux et industriels: où s'en va Trois-Rivières?

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Plusieurs espaces sont disponibles à Trois-Rivières pour les entreprises. Le District 55 offrira son lot de terrains commerciaux tout près de l'autoroute 40.

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Jonathan Cyrenne
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Trois-Rivières est à la recherche d'investisseurs. Plusieurs locaux sont à louer, des terrains sont en vente à quelques endroits dans la ville et le projet du District 55 s'ajoute à l'offre immobilière disponible. Pour le maire de Trois-Rivières, la réussite de cette relance économique passe par une vision à long terme, mais aussi par le bien-être des citoyens.

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Le professeur Frédéric Laurin propose la création d'une table de concertation du commerce pour permettre à Trois-Rivières de se doter d'une vision à long terme pour son développement commercial.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

«Le grand défi des entreprises est la rétention de la main-d'oeuvre. On observe que le nouveau citoyen n'a plus les mêmes priorités. Ma génération était prête à aller travailler dans le Nord pour avoir un boulot. Maintenant, les gens veulent travailler mais aussi se divertir. À Trois-Rivières, on investit dans les infrastructures sportives et culturelles et cela a un effet sur la rétention des gens. Ils ont une bonne qualité de vie, ils ne veulent pas quitter. C'est aussi ça faire du développement économique. Lorsque tu gères une municipalité, ça te prend une vision pour plusieurs années. Il faut prendre les bonnes décisions pour être en avant de la parade», mentionne Yves Lévesque.

Plusieurs espaces stratégiques sont ou seront disponibles prochainement pour les investisseurs, on pense, entre autres, au terrain de l'ancienne église Saint-Philippe, à celui du défunt bunker des Hells et aux locaux de Target au centre commercial Les Rivières. À cette offre commerciale s'ajoutent les nombreux terrains au pied du pont Laviolette. Le premier magistrat estime qu'il ne peut pas manquer l'occasion de développer sa ville avec un grand complexe commercial.

«La tendance est un produit comme le district 55. On a deux choix, soit on reste comme on est ou en embarque dans la parade. Il faut répondre aux demandes des consommateurs. Il y a quelques années, il y avait plusieurs commerces dans les premiers quartiers, puis les centres commerciaux sont arrivés et les entreprises des premiers secteurs on dû s'adapter et même fermer. Si nous n'avions pas construit d'édifices à grandes surfaces, les gens auraient tout de même été faire leurs emplettes ailleurs. Aujourd'hui, la tendance est dans le supercentre et le District 55 viendra répondre à la demande. C'est certain que cela aura un impact. Regardez ce qu'on a fait depuis la fusion municipale, on a offert des incitatifs pour revivifier les premiers quartiers. Dans le secteur Marie-de-l'Incarnation, on offre des incitatifs pour embellir l'endroit. Ça fonctionne, les gens retournent là-bas. On veut aussi transformer les commerces qui sont fermés, dans les premiers secteurs, en espaces résidentiels. Il faut savoir qu'on ne contrôle pas le marché, on le laisse aller, mais s'il ne répond pas à nos attentes, on doit aussi mettre en place des incitatifs comme des subventions et des crédits de taxes», ajoute M. Lévesque.

Cette vision n'est toutefois pas la même pour Frédéric Laurin, un professeur en économie à l'UQTR. «L'économie de la ville ne va pas bien, avec toutes les fermetures d'entreprises. Nous subissions les effets de l'économie internationale, avec la fermeture de plusieurs chaînes dont Target et Mexx. Avec le projet du District 55, on fera compétition aux entreprises déjà présentes qui en arrachent. En construisant un centre sportif, un centre de foires, un hôtel et des commerces qui n'existent pas, on pourrait trouver un marché. Par ailleurs, le développement économique est aussi lié à l'urbanisme. Prenons l'exemple de la rue des Forges, tout le monde est là, parce qu'on a créé un climat favorisant le commerce. Il faut recréer ce genre de chose. Au Québec, on a une grande difficulté à créer des concepts uniques. On fait des boulevards Taschereau partout. Il faut faire des choix, dire à l'entrepreneur que son entreprise cadrerait mieux à un endroit, plutôt qu'à un autre. Il y a des choses qui peuvent être faites comme la création d'une table de concertation du commerce», ajoute celui qui est aussi chercheur à l'Institut de recherche sur les PME.

Chez Innovation et Développement économique Trois-Rivières, on se préoccupe aussi des terrains et bâtiments disponibles. L'organisation procède à un recensement des édifices industriels disponibles, des espaces à construire, mais aussi des zones à reconvertir. «Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent est un bel exemple de densification du tissu urbain, on a pris une zone industrielle et nous l'avons adaptée pour de beaux projets. Une autre des grandes préoccupations que nous avons est de réutiliser les espaces et bâtiments disponibles», mentionne Mario de Tilly, le directeur général de IDÉ Trois-Rivières.

Par ailleurs, les intervenants économiques travaillent à l'élaboration d'un plan stratégique de développement du territoire. Pas moins de 140 personnes ont été rencontrées à cet effet. «Ce sera un outil de développement à long terme, particulièrement pour les hautes technologies et le secteur industriel. On n'est pas dans une situation de pénurie de terrains. Il y a le parc industriel 40-55. Une rue sera bientôt prolongée. Il y a le parc des Hautes-Forges qui sera bientôt complet. À l'aéroport, il nous reste 5 hectares. On regarde plusieurs perspectives de développement. On a donc de la place pour accueillir de nouvelles entreprises», poursuit M. de Tilly.

Le ministre et député provincial de Trois-Rivières estime, pour sa part, qu'il est là pour soutenir les différents projets de la région. «La vision de développement revient aux développeurs économiques. Mon travail est de créer une grande collaboration entre les intervenants économiques. Il y a eu des changements auprès de la Chambre de commerce et de IDÉ Trois-Rivières. Il y a une dynamique qui s'installe dans la région. Les intervenants doivent s'asseoir ensemble. Comme gouvernement, on est là pour appuyer, notamment avec le fonds de diversification économique», commente Jean-Denis Girard.

Quant aux terrains de l'ancienne église Saint-Philippe et du bunker des Hells Angles, Trois-Rivières attend que les procédures judiciaires soient terminées avant de procéder à la vente. En ce moment, personne ne se serait manifesté comme potentiel acquéreur, au dire de Yvan Toutant, le porte-parole de la Ville. Le maire Lévesque croit pour sa part que les terrains devraient trouver preneur assez rapidement en raison de leur emplacement stratégique.

jonathan.cyrenne@lenouvelliste.qc.ca

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