Intimidation sur Internet: les élus trifluviens partagés

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La diffamation et l'intimidation sur Internet font désormais partie du quotidien des élus municipaux.

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(TROIS-RIVIÈRES) Bien que la Ville de Trois-Rivières ne soit plus membre de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), d'actuels conseillers ainsi que l'ancienne candidate à la mairie, Sylvie Tardif, jugent que le projet de l'organisme de créer un programme d'assurance pour couvrir les frais d'avocats pour éventuellement poursuivre des citoyens pour atteinte à la réputation d'un élu n'est pas dénué de sens. Le maire de Trois-Rivières ne partage toutefois pas cette position, estimant que de tels propos font parties du quotidien d'un politicien.

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La maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

L'ancienne conseillère municipale et candidate à la mairie... (Photo: archives Le Nouvelliste) - image 1.1

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L'ancienne conseillère municipale et candidate à la mairie de Trois-Rivières, Sylvie Tardif.

Photo: archives Le Nouvelliste

Le ton plus serein et posé des débats au conseil municipal de Trois-Rivières tranche avec l'ambiance qui régnait précédemment, alors que le Groupe des sept représentait une opposition au maire Yves Lévesque. Ce climat polarisé a entraîné des critiques et commentaires de citoyens tout autant polarisés sur les réseaux sociaux, éclaboussant au passage l'intégrité de quelques candidats à la mairie.

Malgré que l'atmosphère soit bien moins explosive, la conseillère du district Chavigny, Marie-Claude Camirand, juge ce futur programme de l'UMQ très intéressant.

«Lors du précédent mandat du conseil municipal, les débats étaient plus à vif. Et cela s'est transporté lors des élections et sur les réseaux sociaux», note Marie-Claude Camirand, une des membres du conseil trifluvien les plus actives sur les réseaux sociaux.

L'ancienne conseillère et candidate à la mairie de Trois-Rivières, Sylvie Tardif, se dit elle aussi en accord avec le projet de l'UMQ. L'ancienne membre du Groupe des sept aujourd'hui coordonnatrice de COMSEP, un organisme communautaire qu'elle a fondé, a fait l'objet de nombreuses attaques lors de la dernière course à la mairie. Certaines attaques étaient diffamatoires en portant atteinte à sa réputation.

«Ce n'est pas uniquement parce que les politiciens n'ont pas suffisamment la couenne dure. Certains propos ont été écrits à mon égard lors de la dernière campagne électorale et ils atteignaient ma réputation», se souvient Sylvie Tardif. «Ma réputation et mon intégrité valent de l'or. J'ai toujours mis l'intégrité et l'honnêteté en priorité dans ma vie. Mais pendant la campagne électorale, des choses qui ont été dites sur moi auraient pu faire l'objet de poursuites. C'était de la diffamation pure et simple ainsi que des mensonges.»

Les propos portés à l'endroit de Sylvie Tardif étaient si virulents que des membres de son équipe lui ont révélé leur teneur qu'après la campagne. Bien qu'elle ait songé à intenter des poursuites, les coûts de ces démarches l'ont découragée.

«Tu dois débourser toi-même les frais d'avocat. Et c'est très cher», explique-t-elle.

Le conseiller municipal du district de Pointe-du-Lac, François Bélisle, juge que le projet de l'UMQ a sa pertinence, car plusieurs élus du Québec sont la cible de propos diffamatoires. Il se questionne toutefois sur les coûts de ce programme.

De son côté, Yves Lévesque estime que les critiques et les attaques, aussi négatives puissent-elles être, font partie du quotidien d'un élu. Ce programme ne sera donc pas un argument pour ramener Trois-Rivières dans la grande famille de l'UMQ, note le maire.

«Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on voit ça, mais c'est certain qu'avec les médias sociaux ça se multiplie comme une traînée de poudre. Mais les gens sont assez grands pour faire la part des choses. Si on n'est pas capable de vivre avec ça, on est aussi bien ne pas faire de la politique», affirme le maire de Trois-Rivières qui considère que le programme de l'UMQ entraînera une charge financière supplémentaire pour les citoyens des villes membres de l'organisme.

«C'est certain que c'est un manque de respect et ce n'est pas quelque chose qu'on aime, mais c'est la réalité. Les médias sociaux sont des outils très intéressants, mais qui peuvent être dangereux pour briser la réputation des gens.»

Bien qu'il avoue que les propos diffamatoires sont plus fréquents à l'heure des médias sociaux, le conseiller du district de Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin, ne croit pas en la pertinence du projet de l'UMQ. Selon lui, il est suffisant de rappeler à l'ordre les auteurs de ces propos pour qu'ils cessent.

ÉGAUX LES HOMMES ET LES FEMMES?

Est-ce qu'il y a une différence entre les commentaires ou critiques portés à l'endroit d'une élue sont différents que ceux formulés au sujet de leurs collègues masculins? La conseillère Marie-Claude Camirand ainsi que Sylvie Tardif croient que oui.

«Une femme a des commentaires sur son apparence, ses coiffures et ses vêtements», se souvient Sylvie Tardif, qui note que les politiciens masculins ne font pas face à ce type de critiques.

«J'ai l'impression que les attaques envers un élu visent ses idées alors que lorsqu'il s'agit d'une femme, c'est sa personne qui est attaquée. On sent souvent de la misogynie», estime pour sa part la conseillère de Chavigny.

gabriel.delisle@lenouvelliste.qc.ca

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