Jardiner sur tous les toits

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Alex Dorval, propriétaire du Temps d'une Pinte, trouvait intéressant le concept de rendre son toit graduellement plus vert.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Qui a dit qu'il fallait de grands espaces pour jardiner? De plus en plus, les plants de tomates, basilic ou concombres apparaissent dans des endroits très restreints et même... sur les toits. Comme quoi, il est possible d'avoir le pouce vert, même en ville. Il semblerait que le mouvement porte ses fruits jusqu'à Trois-Rivières, avec son lot d'avantages pour les jardiniers urbains.

C'est la passion du jardinage qui a poussé... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste) - image 1.0

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C'est la passion du jardinage qui a poussé Joëlle Carle à réaliser son propre jardin sur son toit depuis 2013.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

Depuis deux mois, Alex Dorval, propriétaire du Temps d'une Pinte, dispose de plusieurs Smart Pots sur le toit de son entreprise, soit des pots dits intelligents, faits de géotextile. «On commence à avoir de plus en plus de produits qu'on intègre dans nos assiettes à l'ardoise. On a du basilic, des tomates, des piments forts, quelques fleurs comestibles, de la menthe, des concombres, de la laitue», explique-t-il. C'est le chef du restaurant et un cuisinier qui participent à l'entretien de ce jardin.

Microbrasserie, café et restaurant au coeur du centre-ville trifluvien, Le Temps d'une Pinte trouvait intéressant le concept de rendre son toit graduellement plus vert. «Éventuellement, c'est quelque chose qui diminue les îlots de chaleur et qui réduit l'usure de notre toiture et les frais reliés à l'énergie. En même temps, ça réduit notre facture sur un an ou deux en approvisionnement de fruits et légumes. C'est tout le temps décevant de savoir que tes piments viennent du Mexique quand tu es capable d'en faire pousser sur ton toit. On a l'espace, on a voulu le rentabiliser.»

C'est Mon Jardin Urbain de Trois-Rivières qui a initié Le Temps d'une Pinte au jardinage sur son toit. L'entreprise de Luc Jutras propose des aménagement paysagers depuis 2004. Ce dernier explique que le phénomène est appelé à grandir à Trois-Rivières.

«Ça fait des années que c'est commencé dans le coin de Vancouver et peut-être dix ans dans le bout de Montréal et de Québec. On est toujours quelques années après. Je suis certain qu'il va y en avoir de plus en plus.» Selon lui, l'arrivée d'emblèmes dans le mouvement, comme le Château Frontenac par exemple, aide à le promouvoir.

Le jardinage urbain consiste à faire des jardins sur des toits ou des balcons, la plupart du temps des légumes ou des fines herbes. «Les gens ont souvent tendance à penser que parce qu'ils n'ont pas un grand terrain ou un champ ils ne peuvent pas faire de la production de légumes alors qu'on peut en avoir à petite échelle», explique-t-il. «Il n'y a pas plus de bactéries sur les légumes que ceux qui ont grandi en campagne.»

Selon lui, le mouvement prend de l'ampleur parce que les citoyens sont de plus en plus intéressés à savoir ce qu'il y a dans leur assiette. Aussi, une fois l'investissement de départ fait, il devient plus économique de produire ses propres légumes que de les acheter à l'épicerie. «Les gens recommencent même à se faire leurs propres conserves en période d'abondance pour l'hiver qui arrive.»

De son coté, c'est la passion du jardinage qui a poussé Joëlle Carle à réaliser son propre jardin en 2013 sur son toit au centre-ville, le seul espace qu'elle avait pour cultiver. Celui-ci est aujourd'hui assez impressionnant. «Je voulais aussi faire de la sensibilisation pour montrer aux gens que c'est possible de cultiver partout avec un peu n'importe quoi», explique-t-elle.

Elle le fait toujours dans un souci écologique. «La première année, j'ai expérimenté beaucoup de types de bacs.» Aujourd'hui, elle cultive dans une vieille piscine pour enfants, un bac de recyclage brisé ou un autre trouvé dans les poubelles, etc.

«Maintenant tout le monde jardine. Le jardinage, c'est comme la nouvelle mode.» Elle aimerait éventuellement agir à titre de personne-ressource pour des projets d'agriculture urbaine, elle qui travaille notamment à la ferme maraîchère biologique La Chouette Lapone à Saint-Séverin.

Elle rêve d'une ville où il y aurait des jardins partout et où la Ville soutiendrait ces projets.

Les Incroyables Comestibles sont toujours là

Rappelons la présence dans la ville des Incroyables Comestibles pour une troisième année. Joëlle Carle est également impliquée dans le mouvement à saveur communautaire, qui prône un partage de ces légumes souvent cultivés en façade de maison. Cette année, un partenariat a d'ailleurs été créé avec la Ville de Trois-Rivières, qui a officiellement autorisé les jardins et participé aux coûts.

«L'année passée était une grosse année. Il y a des gens qui s'ajoutent, le mouvement se met en place lentement, mais sûrement».

On retrouve ces jardins un peu partout, entre autres au centre-ville, sur les rues du Haut-Boc, Notre-Dame, Sainte-Julie, à l'église Sainte-Cécile, à la Maison Carpe Diem, au centre d'aide Comsep ou encore à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

L'idée née dans un quartier en Angleterre est simple: les Incroyables Comestibles veulent faire de la ville un immense potager partagé, auquel tout le monde peut contribuer.

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