Trésors cachés derrière les murs de leur duplex

En défaisant les murs de son duplex, Patrick... (Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste)

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En défaisant les murs de son duplex, Patrick Desjardins ne se doutait pas qu'ils recelaient des trésors d'un autre âge, dont un exemplaire du journal Le Nouvelliste datant de 1925.

Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La Commission des liqueurs a enregistré un profit de plus de 5,7 millions $ cette année. Qui plus est, le pont de glace qui permet aux Trifluviens de traverser la rivière vers la ville de Cap-de-la-Madeleine vient de se former sur le Saint-Maurice. Du moins, c'est que nous révèle en première page Le Nouvelliste du 28 janvier... 1925. Cinquième année, numéro 73, vendu pour la modique somme de deux cents. Un Nouvelliste parmi tant d'autres trouvailles historiques découvertes dans les murs d'un duplex que deux amis s'affairent à rénover.

Quelques objets découverts dans le grenier et dans... (Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste) - image 1.0

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Quelques objets découverts dans le grenier et dans les murs d'un duplex de la rue Saint-Paul à Trois-Rivières.

Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste

Patrick Desjardins et son acolyte, Tony Pratte, se sont récemment portés acquéreurs d'un duplex situé sur la rue Saint-Paul à Trois-Rivières. Lorsqu'ils ont commencé à rénover cette bâtisse construite en 1895, ils ne s'attendaient pas à trouver, derrière les murs et dans le grenier, une multitude d'objets hétéroclites datant du siècle passé.

Sous la laine minérale qui isolait le grenier, une planche à repasser d'un autre âge (du temps où, semble-t-il si l'on se fie à l'illustration qui y est accolée, seules les femmes utilisaient cet outil domestique), de vieux journaux, des bouteilles d'alcool, un rapporteur d'angles en bois, des conserves d'aliments dont les compagnies sont disparues depuis belle lurette, un paquet de cigarettes de marque Alouette, dont le prix d'achat est de... 14 cents. Sur l'emballage, un slogan somme toute révélateur d'une certaine culture populaire: «Alouette, gentille alouette, je te fumerai».

«Chaque jour on faisait un petit bout de travaux et, chaque jour, on trouvait de nouveaux objets», mentionne M. Desjardins qui compte bien, une fois les rénovations terminées, habiter le logement situé à l'étage.

«On a acheté ce bloc d'une reprise de finance, alors c'était à nos risques et périls. En fin de compte, on n'a pas eu trop de mauvaises surprises, juste des belles surprises», admet-il. Pour la petite histoire, récente celle-là, ce dernier est propriétaire d'un lave-auto à Trois-Rivières, alors que son collègue oeuvre comme entrepreneur en construction. À ses yeux, les objets dénichés ont davantage une valeur patrimoniale qu'une valeur monétaire.

Entre autres artefacts exposés à la lumière du jour: des vieux négatifs, que les deux hommes souhaiteraient faire développer, une carte d'admission pour la distribution des prix de fin d'année du Séminaire Saint-Joseph datant du 20 juin 1904, la carte d'affaire d'un dentiste ayant pignon sur rue à côté du théâtre Le Bijou sur la rue des Forges (ancêtre de la salle J.-Antonio-Thompson), premier théâtre de Trois-Rivières fondé en 1909 par Arthur J. B. Robert.

Un bric-à-brac où l'on fouille comme dans un livre d'histoire de la ville: un vieux soulier de femme en cuir noir défraîchi, un dépliant publicitaire du magasin de meubles Woodhouse company limited de la rue Notre-Dame, des calendriers de 1938, une mitaine en cuir, des clous à tête carrée, un journal La Patrie, une boîte de conserve de maïs de marque Lindvalley, une bouteille de sirop Eskimo composé d'écorce et de racines naturelles (pour la grattelle ou l'eczéma, voire les crevasses ou les bobos en tous genres), l'étiquette d'une bouteille du breuvage «Spécial Laviolette» de Trois-Rivières (6 cents), quelques lettres manuscrites anonymes, etc.

Pour l'heure, le sous-sol, le rez-de-chaussée et le logement à l'étage sont complètement vides, les cloisons abattues, le plancher mis à nu. Les quatre murs qui donnent sur l'extérieur retrouvent peu à peu leur air des premiers jours, c'est-à-dire de larges planches de bois dégrossies de trois pouces d'épaisseur et isolées avec de l'étoupe. Les deux hommes comptent rénover les trois appartements (incluant le sous-sol) en leur laissant ce cachet d'antan qui, espèrent-ils, attirera une certaine clientèle prête à dépenser un peu plus pour habiter un espace aux accents du 19e siècle. Les travaux devraient prendre fin vers la mi-octobre.

«On espère faire des loyers un peu plus luxueux. Les murs vont rester en planches et on va isoler de l'extérieur. Les poutres au plafond vont demeurer là. Ça va faire des beaux loyers», se réjouit M. Desjardins en rangeant soigneusement ses trésors.

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