CSAD: explosion des coûts pour les organismes sportifs

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La saga financière du Complexe Alphonse-Desjardins a des conséquences sur plusieurs organismes qui doivent absorber une hausse de leur loyer

Photo: Krystine Buisson

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(TROIS-RIVIÈRES) Alors que le Complexe sportif Alphonse-Desjardins tente de retrouver une santé financière, plusieurs organismes y logeant ont eu une surprise en ouvrant leur courrier au cours des dernières semaines. La facture demandée pour leur loyer a drastiquement augmenté.

C'est entre autres le cas pour le programme sport-études en hockey, qui, après avoir profité de locaux gratuits, s'est vu demander 10 000 $ pour la location d'un bureau, d'un local pour entraîneurs et d'un rangement situé sous les estrades de l'aréna. Cette facture, calculée selon la superficie, a surpris Hockey Mauricie, qui dirige le programme, puisque l'organisation estimait qu'avec le nombre d'heures louées par semaine, elle était en droit d'obtenir au moins un local pour ses entraîneurs, selon le président, André Ricard.

«Ce ne sont pas des locaux de grand luxe, on ne rentre même pas debout dans le rangement. Je pense que l'endroit où s'habillent les entraîneurs, c'est primordial. Il n'y a pas d'autre utilité possible pour ces locaux, et en plus, c'est Hockey Mauricie qui les a meublés. Le montant qu'ils nous chargent, c'est énorme, surtout que nous sommes un OSBL. Si on nous charge cette facture, qui va écoper? Ce sont les jeunes qui évoluent dans le programme.»

La direction du CSAD se défend toutefois de vouloir encaisser de l'argent sur le dos des athlètes, mais souligne qu'elle suit tout simplement le plan de redressement mis de l'avant à la suite des importants déficits émanant de l'ancienne administration, grandement détaillés dans le rapport du Vérificateur général du Québec.

«Un des éléments du plan de redressement est qu'il y avait beaucoup de gratuités. C'est clair qu'il ne doit plus y avoir de programmes de gratuités. Les baux locatifs aussi devront être ajustés à échéance selon les règles du marché», explique le directeur de l'installation, David Labrecque.

«Ce sont des décisions difficiles, mais elles visent à assurer la pérennité et la rentabilité du Complexe, assure-t-il. Pour certaines organisations, ça apporte une majoration assez appréciable.»

Il faut savoir que la Commission scolaire Chemin-du-Roy, où étudient ces jeunes sportifs, est propriétaire en partie du CSAD. Ce sont toutefois les organisations sportives mandataires qui doivent gérer et assurer la rentabilité du volet sport du programme sport-études.

«C'est la commission scolaire qui est propriétaire des installations et ce n'est pas dans son mandat d'offrir le tout gratuitement, surtout avec les coupures», ajoute M. Labrecque.

Déjà, Hockey Mauricie a pris la décision d'abandonner le bureau qui était réservé à son directeur de la structure intégrée afin de réduire la facture.

«On loue pour 80 000 à 90 000 $ pour notre sport-études, il me semble qu'on est un gros locataire. C'est entre 15 à 20 heures par semaine au CSAD et l'aréna Jean-Guy Talbot. Quand on a reçu ça cette année, c'était difficile pour nous de faire des changements. Est-ce qu'on doit regarder pour une autre commission scolaire? Je ne veux pas que ça ajoute des coûts exorbitants aux jeunes qui pratiquent là.»

À noter que le prix de location d'heures de glace n'a pas changé pour la population en général, puisque celui-ci était déjà similaire à celui des autres patinoires de la ville.

Une rencontre est prévue entre les parties aujourd'hui afin de discuter du dossier.

Des déficits à prévoir

Dans le cas du Club d'athlétisme Zénix, qui a vu sa facture doubler, on s'attend à enregistrer un déficit dans le volet sport-études. Dans son cas, aucune possibilité de déménager.

«On nous a dit que c'était à prendre ou à laisser. Nous sommes pris, parce qu'il n'y a pas d'autre piste en région. C'est soit qu'on accepte le prix ou on ferme le club», soupire la présidente Isabelle Dufresne.

Finalement, le CSAD a accepté d'accorder une réduction de 10 % à Zénix.

«On aurait aimé un peu de flexibilité, par exemple une hausse progressive pour arriver au montant voulu, pas tout d'un coup.»

Cette dernière s'attend à ce que les frais du programme sport-études dans le futur soit majoré d'une somme entre 200 et 400 $ annuellement par élève jusqu'à un retour à l'équilibre.

Sport-Hommage Mauricie

Les dirigeants du Gala Sport-Hommage Mauricie, qui se tient au CSAD tous les deux ans, ont eux aussi eu une mauvaise surprise lorsqu'ils ont appris que le montant demandé afin de louer la salle en vue du prochain événement allait plus que doubler par rapport à 2014. Bien évidemment, ce sont ainsi plusieurs bourses remises à des athlètes qui auraient dû être amputées afin de payer la facture de location. «Nous avons rencontré M. Labrecque à deux reprises, avec Micheline Guillemette [du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) - Mauricie]. On ne s'attendait pas à ça et on trouvait que c'était un non sens de nous refiler une telle facture, salée, alors que les vedettes de la soirée sont des jeunes qui s'entraînent à cet endroit», rappelle le président de l'organisme, André Beauchesne.

«Nous sommes des mécènes, qui remettent plus de 10 000 $ en bourses, et ce sont les athlètes qui auraient payé la facture, ajoute-t-il. On comprend qu'ils ont un exercice financier à faire, et on est conciliant, mais si on veut retourner au CSAD, ils devront mettre de l'eau dans leur vin. Mais nous avons senti une ouverture de leur part et qu'ils ont compris», s'est réjoui M. Beauchesne.

nicolas.ducharme@lenouvelliste.qc.ca

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