Orages à Trois-Rivières: l'heure est au nettoyage

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Les archives du pavillon Saint-Jospeh du CIUSSS ont été inondées mercredi.

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(Trois-Rivières) Trois-Rivières a connu une situation exceptionnelle mercredi, alors que près de 40 mm de pluie se sont abattus sur la ville en moins d'une heure. Les fortes précipitations ont été à ce point concentrées que les secteurs de la ville en périphérie n'ont pas connu le «déluge» que le centre-ville et les quartiers avoisinants ont eu. Le temps était au nettoyage et au bilan des dégâts, au lendemain des violents orages.

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Le responsable de la communauté des Franciscains de Trois-Rivières, Michel Boyer, dans le musée du Père Frédéric inondé lors des orages de mercredi.

Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste

«Trois-Rivières a eu environ 40 mm de pluie en un peu plus de 30 minutes», a estimé René Héroux, météorologue à Environnement Canada. «La pluie était très localisée. Nous avons une station à l'île Saint-Quentin et elle n'a pas enregistré beaucoup de pluie. C'était un phénomène très localisé et les cellules orageuses étaient très intenses.»

Si ce phénomène est exceptionnel, il est toutefois normal au Québec. «Ça fait partie de notre climat», a noté le météorologue qui précise que les grêlons qui se sont abattus sur Trois-Rivières étaient plus petits que ceux qui ont touché Coaticook dernièrement. «C'était des grêlons aussi gros que des 2 $.»

Nombreux étaient ceux qui ont dû intervenir rapidement mercredi afin de limiter les dégâts. C'était d'ailleurs le cas des responsables du musée du Père Frédéric Janssoone, où les refoulements d'égout ont causé une inondation. Un air de déjà-vu pour la communauté des Franciscains qui a dû faire face à une situation identique en octobre dernier, les forçant même à remplacer les présentoirs du musée. «Nous avons dû rapidement intervenir pour surélever les nouveaux présentoirs de l'exposition. Heureusement, les artéfacts n'ont pas été endommagés», a expliqué le frère Michel Boyer, le responsable de la communauté des Franciscains de Trois-Rivières.

Le monastère des Ursulines n'a pas été épargné. Alors que des travaux d'aménagement de bassins de rétention des eaux sont en cours au monastère, les religieuses se seraient bien passées de l'inondation du sous-sol. Heureusement, les dégâts sont limités, le musée n'étant pas à cet endroit. La crypte qui accueille les tombeaux de plusieurs religieuses de la communauté a toutefois été épargnée.

«On dit que c'est un act of god, mais il aurait pu attendre que les travaux des bassins de rétention soient terminés», a souligné avec le sourire Lucie Lefebvre, la coordonnatrice des services du monastère. «Mais mercredi, c'était l'enfer. L'eau coulait de partout et elle giclait des toilettes. Il y avait un pied d'eau au sous-sol.»

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec a été grandement affecté par l'eau. Les services des prélèvements, des archives et de la réadaptation physique ainsi que le centre de jour de même que les 1er, 2e et 3e étages de l'aile A du pavillon Saint-Joseph ont connu des inondations. Jeudi matin, un ascenseur était toujours hors service, car beaucoup d'eau se trouvait au fond de sa cage. Des équipes s'affairaient d'ailleurs au nettoyage. Si beaucoup de boîtes d'archives ont été mouillées par les inondations, la direction du CIUSSS assure que les documents n'ont pas été perdus. Déjà en matinée, le séchage des documents avait commencé.

Du côté du pavillon Sainte-Marie, les laboratoires, le garage des ambulances, le premier étage de l'aile D ainsi qu'une salle de mécanique ont subi les conséquences des fortes pluies. «Cette situation exceptionnelle n'entraîne aucun impact sur les soins et les services offerts à la population», assure Anne-Sophie Brunelle, conseillère aux communications du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

Il n'y a pas que les inondations qui ont causé des maux de tête aux Trifluviens. Le restaurant du musée Boréalis a dû jeter le contenu d'un réfrigérateur après le bris d'un disjoncteur possiblement causé par la pluie. La directrice générale du musée, Valérie Bourgeois, souligne que les pertes sont évaluées entre 2000 et 3000 $. L'endroit est fréquenté par près de 70 personnes les soirs de spectacle à l'Amphithéâtre Cogeco.

Au bureau de poste de Trois-Rivières, l'eau s'est infiltrée par la toiture, ce qui a provoqué l'affaissement de quelques tuiles acoustiques au plafond du deuxième étage, où se trouve notamment les vestiaires des facteurs. Une équipe d'électriciens était sur place jeudi soir, de même qu'une ingénieure en bâtiment.

Les cols bleus de Trois-Rivières étaient à pied d'oeuvre mercredi afin de dégager les puisards inondés. Les citoyens peuvent de plus s'attendre à ce que des balais mécaniques soient plus présents dans les rues au cours des prochains jours. Le porte-parole à la Ville, Yvan Toutant, indique que cinq balais mécaniques seront en service le soir et trois durant la nuit. «Nous voulons nettoyer les rues des débris emportés par l'eau», a indiqué M. Toutant en avouant que la Ville s'attend à recevoir des réclamations au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

Au coeur de la tempête mercredi, les commerçants du centre-ville respiraient mieux hier matin. Plusieurs d'entre eux ont dû nettoyer l'eau accumulée dans les sous-sols, parfois même avec des pompes. Situé sur la rue Notre-Dame, le Centre d'esthétique Nicole Légaré a toutefois dû fermer ses portes pour quelques jours. Lors des orages, le plafond de l'établissement de beauté a coulé, entraînant d'importants dommages. «Des tuiles du plafond sont tombées, car l'eau coulait de partout. Nous sommes en processus de réclamation avec notre assureur. Nous ne pourrons pas ouvrir le centre avant mardi», a précisé François Légaré, un des responsables.

Les entreprises spécialisées en sinistres sont forts occupées depuis mercredi. Par exemple, Steamatic a ouvert une cinquantaine de dossiers pour les inondations causées essentiellement par des refoulements d'égout. «Nous avons même dû demander du renfort de la succursale de Québec. L'eau qui a inondé les résidences est souvent contaminée par des pathogènes, comme elle vient des égouts», a expliqué Martin Morissette, propriétaire de quelques succursales, dont celle de Trois-Rivières.

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