Gouvernance de RCM: Jean-Guy Doucet préoccupé

Ancien président du Groupe RCM et administrateur de l'organisme pendant 25 ans,... (François Gervais)

Agrandir

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ancien président du Groupe RCM et administrateur de l'organisme pendant 25 ans, Jean-Guy Doucet s'inquiète de la gouvernance et demande aux administrateurs actuels, le président Yvon Picotte en tête, de tenir au plus tôt une assemblée générale qui leur permettra de s'expliquer aux membres.
M. Doucet a d'ailleurs fait parvenir une lettre ouverte au Nouvelliste qui parue mercredi matin.

Jean-Guy Doucet... (François Gervais) - image 1.0

Agrandir

Jean-Guy Doucet

François Gervais

Rappelons qu'en juin, trois employés cadres du Groupe RCM, dont le directeur général et la directrice des ressources humaines, avaient été licenciés. Cela s'était déroulé alors que circulaient dans les usines de Yamachiche et de Saint-Étienne-des-Grès des pétitions pour destituer tous les membres du conseil d'administration. On apprenait qu'Yvon Picotte et Guy Julien, recevaient des jetons de présence de Soleno, partenaire d'affaires de RCM, pour représenter RCM au conseil d'administration de Soleno Recyclage.

Le conseil d'administration avait par la suite annulé la tenue de l'assemblée générale annuelle pourtant dûment convoquée, le 17 juin dernier. Depuis, «c'est le silence total, mais à l'interne, ils agissent. Ils sont en processus pour engager un nouveau directeur général ou directrice et à notre connaissance, il n'y a toujours pas d'assemblée de convoquée», dit-il. «Il faut quand même en convoquer une», plaide M. Doucet. L'assemblée générale fut annulée sans que le c.a. en justifie alors la raison.

M. Doucet ainsi que les employés congédiés vont consulter à leurs frais un avocat en droit corporatif afin de voir «comment on peut demander une assemblée générale», dit-il. Normalement, rappelle-t-il, cette dernière doit être tenue 90 jours après la fin de l'année financière.

Le groupe se propose aussi de recourir au ministère des Finances.

L'ancien président confie qu'à l'interne ce qui circule, c'est que «si vous ne votez pas pour Picotte ou Julien, vous perdez votre job et Soleno ferme la shop. C'est un peu spécial», reconnaît-il.

La tenue d'une assemblée générale permettrait de «reparler à plusieurs personnes à l'interne et de leur dire: ''Résistez à la menace. Ce n'est pas vrai qu'ils vont fermer la shop. Environ 90 % à 95 % de la matière première de Soleno provient de Soleno Recyclage''», affirme-t-il.

Toujours selon M. Doucet, la crise s'est déclenchée chez RCM en juin lorsque l'adjointe du directeur général a demandé une étude sur les prix de revient et les prix de la matière plastique récupérée par RCM. C'est à ce moment-là, explique-t-il, qu'on lui a montré la porte.

Selon lui, «il n'en reste pas pour les personnes handicapées» qui forment RCM. «Il y a même des pertes», croit-il.

M. Doucet indique qu'une demande avait été faite pour engager une firme spécialisée en prix de revient pour étudier les prix, mais ce projet ne s'est jamais réalisé.

«Les deux représentants qui seraient sensés questionner ça», dit-il, sont Yvon Picotte et Guy Julien.

«Ce qui est assez inconcevable, c'est qu'une compagnie privée, un tiers, dise à un groupe sans but lucratif: ''Si vous n'aimez pas ces deux personnes-là, on ferme la shop.'' Et ça, c'est écrit dans une lettre de mise en demeure», rappelle M. Doucet.

«Ça n'a pas de bon sens. C'est comme s'ils pouvaient prendre le contrôle d'un organisme sans but lucratif», plaide-t-il.

Jean-Guy Doucet croit que le conseil d'administration n'est même plus légitimé, en ce moment, de prendre des décisions.

Ce dernier indique qu'il a eu «une très bonne conversation avec la directrice d'Emploi Québec. Ils sont parfaitement au courant de tout, sauf qu'ils n'ont pas de pogne. S'ils agissent et qu'ils coupent les subventions, ça équivaut à fermer les jobs», déplore-t-il. «Mais à un moment donné, le ministère va se tanner de payer des subventions à une entreprise privée», prévoit-il.

Jean-Guy Doucet estime que cette crise touche de près la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie puisque RCM possède 51 % des parts de Récupération Mauricie, l'organisme qui fait le tri du bac bleu résidentiel. La Régie, elle, possède 49 % des parts restantes. «Et le Groupe RCM fournit des employés à la Régie. C'est moi qui ai fait ces ententes», rappelle-t-il.

«Avec la Régie, on fait un profit qui revient au Groupe RCM qui, normalement, le redonne aux employés ou investit pour améliorer les conditions de travail», rappelle-t-il en ajoutant que de nouveaux investissements de quelque 2,5 millions $ sont d'ailleurs prévus pour améliorer les équipements.

Yvon Picotte... (Stéphane Lessard) - image 2.0

Agrandir

Yvon Picotte

Stéphane Lessard

Picotte parle de possibles poursuites

L'actuel président du Groupe RCM, Yvon Picotte, n'a pas décidé, encore, s'il allait se représenter à ce poste lors des prochaines élections au conseil d'administration. M. Picotte indique toutefois qu'il pourrait y avoir des poursuites dans le dossier de la crise qui secoue présentement l'organisme. «On a des affidavits et on ramasse des preuves», dit-il. «Il y a un paquet de choses illégales qui se sont passées là», affirme-t-il. «Je n'ai pas décidé si je me représentais ou pas. Là, ce que j'ai décidé, c'est de mettre de l'ordre dans la boîte», a-t-il confié mardi au Nouvelliste.

Depuis la mi-juin, alors qu'un groupe demandait sa démission et celle de tout le conseil d'administration, M. Picotte explique s'être adonné à une analyse fouillée de la situation, ce qui a forcé le report de l'assemblée générale annuelle prévue le 17 juin dernier. Il n'y a pas une semaine qui s'écoule, raconte-t-il, sans que le directeur général intérimaire, Lambert Bédard, trouve de nouveaux squelettes dans les placards de l'organisation. M. Picotte prévoit que certaines personnes impliquées dans l'administration des deux usines de RCM pourraient avoir éventuellement des comptes à rendre.

«Que je reste ou que je parte, il y a des choses qui vont être mises sur la table qui vont peut-être faire boule de neige», laisse-t-il entendre.

M. Picotte parle d'employés qui ont été traités «cavalièrement» et insultés et d'une personne en autorité qui profitait de son emploi pour faire fonctionner son agence de voyage. Il parle aussi de quelque 600 heures de temps supplémentaire non payées pour une seule personne, d'une directrice des ressources humaines qui avait plus de pouvoirs et de personnel sous sa responsabilité que le directeur général ainsi que de menaces de congédiement injustifiées et de dépenses non autorisées.

«On a mis de l'ordre dans la boutique», dit-il, en rebâtissant notamment l'organigramme. Yvon Picotte affirme avoir découvert que son ancien directeur général ne contrôlait que le cinquième des opérations de RCM à cause de l'organigramme. Or, dit-il, le CA faisait entièrement confiance à son directeur général.

Les gens qui avaient signé des pétitions pour démettre le conseil actuel «ont signé sous de fausses représentations», affirme-t-il.

«On va voir avec le nouveau directeur général (qui devrait être nommé à la fin du mois) si ça vaut la peine de brasser tout ça», dit-il.

Selon lui, toutes ces histoires ont commencé lorsque le CA a décidé de congédier la personne qui devait prendre la relève du directeur général.

Yvon Picotte prévoit qu'une assemblée générale sera bel et bien tenue à fin du mois d'août. «On ne transgressera pas les lois», assure-t-il, «sauf qu'il y a des gens, par exemple Jean-Guy Doucet (l'ancien président), qui auraient avantage à se questionner davantage et à regarder les documents qu'on a entre les mains», plaide-t-il.

M. Picotte indique que la directrice des ressources humaines n'a pas été congédiée par RCM, mais elle a été rappelée par son employeur. RCM ne l'avait pas embauchée. Il louait ses services à raison de deux jours semaine à titre «d'éducatrice spécialisée, mais elle s'est fait nommer (aux ressources humaines), par la suite par M. (Michel) Camirand (l'ancien directeur général) et Jean-Guy Doucet sans que le conseil d'administration soit au courant», affirme M. Picotte.

Président de RCM depuis plus de trois ans pourtant, ce dernier avoue qu'il n'était pas au courant de cette affaire et de bien d'autres qu'il a déterrées récemment. Ce n'est en effet que lorsqu'un groupe a tenté de «tasser le conseil d'administration qu'on s'est dit coudonc, on a fait quoi de mal?», raconte-t-il.

Yvon Picotte affirme qu'il s'accroche malgré tout à ses fonctions chez RCM parce que lorsqu'il en a pris la présidence, l'usine était sur le point de fermer et il tient à en protéger la mission sociale. La remplaçante de M. Camirand à la direction générale voulait, selon lui, «se débarrasser de Soleno», le nouveau partenaire d'affaires qui a permis la survie de RCM.

M. Picotte assure que ce n'est pas le conseil d'administration qui est allé chercher Soleno, «c'est un consultant nommé par le ministère des Finances.»

Même si les colonnes du temple sont un peu secouées, Yvon Picotte affirme que RCM n'est pas en danger et «on va avoir des élections d'ici la fin d'août, début septembre», promet-il.

Partager

À lire aussi

  • Qu'arrive-t-il au Groupe RCM?

    Opinions

    Qu'arrive-t-il au Groupe RCM?

    Le Groupe RCM est un centre de travail adapté, un organisme sans but lucratif qui est une fierté régionale depuis 34 ans. C'est aussi un organisme... »

  • Opinions

    Groupe RCM: la lumière doit-être faite

    À titre de membre du Groupe RCM et d'ex-administrateur de la corporation, la situation actuelle vécue par l'organisation me préoccupe au plus haut... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer