Le maire de Louiseville prône à nouveau la peine de mort

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies... (Sylvain Mayer)

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Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies

Sylvain Mayer

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(Louiseville) Le maire de Louiseville revient à la charge en affirmant que le Canada devrait restaurer la peine capitale. Invité à se prononcer sur les enjeux qui touchent sa communauté alors que la campagne électorale fédérale prend son envol, Yvon Deshaies a plaidé pour le retour de la peine de mort ainsi que pour l'abolition du Sénat de même que pour la modification de la Charte canadienne des droits et libertés afin notamment d'interdire le port du niqab et de la burqa.

«Je suis pour le retour de la peine de mort pour les grands criminels, je ne m'en cache pas. J'aimerais ça qu'on regarde si le gouvernement peut se pencher sur cette question. Sans dire qu'on va le faire, je veux qu'on regarde cette question», a avancé le maire de Louiseville en entrevue. Le principal intéressé a pris soin de rappeler Le Nouvelliste pour s'exprimer sur ce sujet après une première entrevue portant sur les enjeux locaux des prochaines élections fédérales. 

Ce n'est pas la première fois qu'Yvon Deshaies évoque le retour de la peine de mort au pays. En décembre dernier, ses propos avaient fait grand bruit au Québec. Si certaines personnes jugeaient qu'il disait ce que plusieurs pensaient tout bas, plusieurs ont vivement dénoncé sa position. Rappelons qu'il estime que la peine de mort aurait des effets dissuasifs pour les criminels et que cela ferait économiser des fonds publics, à l'heure où l'économie canadienne connaît un ralentissement certain.    

Par ailleurs, le premier magistrat de Louiseville croit que la Charte des droits et libertés de la personne doit être modifiée. «Il faut revoir la Charte des droits. Un moment donné, ils vont devoir ouvrir ça un jour. On a beaucoup de droits et la Charte dit qu'on peut faire beaucoup de choses. Actuellement, le niqab est difficile à empêcher. [...] Peut-être est-ce qu'il faut qu'on soit plus sévère», soutient le maire de Louiseville. «Le niqab n'est pas interdit officiellement. C'est au gouvernement de dire qu'il n'en veut pas, parce que si une personne qui le porte va devant les tribunaux, les juges ont de la difficulté à juger ça.»

Le hijab, ce voile islamique qui ne recouvre que la tête et le cou, n'est pas un problème, estime Yvon Deshaies. «Le hijab c'est beau parce que Mémère Bouchard [personnage dans Le temps d'une paix] avait ça dans le temps. C'est un voile qui recouvre la tête, mais on voit le visage. Ça, je vais vous dire, ce n'est pas laid», ajoute le maire de Louiseville en dénonçant la position du chef du Nouveau Parti démocrate (NDP), Thomas Mulcair, qui s'est dit en accord avec le port du niqab lors des cérémonies d'assermentation de nouveaux citoyens.  

«Le prochain gouvernement devra parler de l'abolition du Sénat», ajoute M. Deshaies, qui indique que cette modification ne serait «pas facile», car cela implique l'approbation de toutes les provinces canadiennes. «Je sais que notre premier ministre, Philippe Couillard, est moins chaud à l'idée, mais quand même.»

Les candidats se prononcent    

La députée sortante de la circonscription de Berthier-Maskinongé, la néodémocrate Ruth Ellen Brosseau, ne partage pas la position du maire de Louiseville au sujet de la peine de mort. «Le Canada défend les droits de l'Homme à l'international et a aboli il y a près de 40 ans la peine de mort. Et c'est coûteux d'avoir la peine de mort», indique Mme Brosseau qui ajoute, au sujet des propos de M. Deshaies sur la Charte, que les Canadiens doivent être respectueux de la religion d'autrui et des jugements de la Cour suprême. 

La position de M. Deshaies quant à l'abolition du Sénat trouve toutefois écho auprès de la candidate du NPD. «Le maire de Louiseville et moi ne sommes pas d'accord sur tout, mais on s'entend à 100 % sur l'abolition du sénat. Il trouve que le Sénat est rempli de scandales, comme ceux de Patrick Brazeau et de Mike Duffy, et qu'il tue des fois des projets de loi de la chambre des communes. Ce n'est pas très démocratique», note Ruth Ellen Brosseau. 

Le candidat du Bloc québécois dans Berthier-Maskinongé, Yves Perron, rappelle que la peine de mort en vigueur dans plusieurs États américains, ainsi qu'au fédéral, ne fait pas baisser le taux de criminalité aux États-Unis. Il précise que ce taux est inférieur au Canada qu'au sud de la frontière. Au sujet de l'abolition du Sénat, le bloquiste prétend que la meilleure façon d'y arriver, considérant que cette décision nécessiterait l'accord de toutes les provinces, est que le Québec devienne un pays indépendant. 

Le porte-couleur du Parti libéral du Canada (PLC), Pierre Destrempes, soutient être en accord avec la Charte des droits et libertés. Il précise toutefois que les problèmes liés au port de la burqa et du niqab ne sont pas vécus dans la région. «On ne se trouve pas face à un envahissement», note-t-il en ajoutant qu'il ne partage pas la position du maire de Louiseville concernant la peine de mort. «Je ne pense pas que c'est un sujet est sur la table, absolument pas.»

Pierre Destrempes estime de plus que la décision de Justin Trudeau, le chef du PLC, de libérer les sénateurs libéraux de leurs liens avec le parti était la meilleure façon de leur permettre d'occuper des fonctions de sages et d'être plus près des préoccupations des populations qu'ils doivent représenter. «Déjà sans être au pouvoir, le PLC a fait une réforme du Sénat assez importante», précise le candidat libéral dans Berthier-Maskinongé.   

Notons que le Parti conservateur n'a pas encore nommé de candidat dans cette circonscription québécoise.

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