«Je n'arrêterai jamais», affirme Henri Provencher

Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, tient vendredi...

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Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher, tient vendredi une journée d'activités de sensibilisation dans le cadre de la Journée mondiale de prévention des enlèvements d'enfants, car il ne veut plus que des parents ou grands-parents vivent de pareils événements.

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(Trois-Rivières) Chaque matin depuis huit ans, Henri Provencher se lève avec l'inébranlable volonté de retrouver Cédrika, sa petite-fille disparue depuis cette soirée du 31 juillet 2007 à l'âge de 9 ans. Huit ans plus tard, il est convaincu que sa petite Cédrika a été enlevée et doit quotidiennement affronter la douleur d'une vive blessure à l'âme toujours ardente.

Henri Provencher, à la tête de la Fondation Cédrika Provencher, ne veut plus que des parents ou grands-parents vivent de pareils événements. C'est pour ces raisons qu'il tient vendredi une journée d'activités de sensibilisation dans le cadre de la Journée mondiale de prévention des enlèvements d'enfants.

«On veut travailler avant que les enlèvements arrivent. Nous axons sur la prévention et la sensibilisation des enfants. Des intervenants vont donner des petits trucs aux parents et aux enfants afin d'éviter les enlèvements», explique Henri Provencher au sujet de cette journée.

L'événement se tient au parc Pie-XII et prévoit plusieurs activités pour les enfants, dont des jeux gonflables, les services d'une maquilleuse, des spectacles de magie ainsi que la démonstration de drones. Les activités débutent dès 11 h et doivent se poursuivre jusqu'à 16 h. À 14 h 45, les organisateurs convient les participants à former une grande chaîne humaine autour du lac, afin de dénoncer les sévices dont sont victimes les enfants, mais aussi à la mémoire de Cédrika, disparue il y a maintenant huit ans.

Parmi les intervenants de cette journée, on retrouvera Stéphan Parent, le réalisateur du documentaire, actuellement en production, sur la disparition de Cédrika. Il sera sur place pour présenter son projet, mais aussi pour tenter de recueillir des informations qui pourraient permettre de faire avancer l'enquête. D'ailleurs, Henri Provencher, qui est également le président de la Fondation, souligne qu'encore aujourd'hui, il reçoit des informations de la part de citoyens. Si certaines sont non fondées, d'autres permettent, même si elles peuvent paraître anodines, d'ajouter des morceaux au grand casse-tête qu'est cette difficile enquête policière.

«À travers une foule, des informations peuvent se glisser plus facilement. Nous sommes à l'affût de cette information», note M. Provencher. «Dans toutes les causes de disparition, il y a toujours quelqu'un qui sait quelque chose, mais qui n'ose pas parler. Après huit ans, des gens viennent me voir pour me donner une information. Ils me disent qu'ils ne voulaient pas en parler avant pour ne pas avoir de problèmes. Ils peuvent avoir peur des conséquences de donner une information après s'être tu pendant si longtemps. Ce que nous voulons, ce sont les informations. Elles peuvent être données confidentiellement et il y a des outils pour protéger les personnes qui donnent des informations.»

Depuis huit ans, les proches de Cédrika Provencher vivent dans une totale ignorance, un état d'esprit insupportable. Est-ce que Cédrika est toujours en vie ou est-elle décédée? Cette douloureuse question ronge cruellement les membres de sa famille, confie Henri Provencher.

«On ne sait pas si elle est morte. Elle peut être morte. On ne sait pas si elle est vivante. Elle peut être vivante. Et si elle l'est, est-ce qu'elle est maltraitée? Est-ce que quelqu'un s'en occupe correctement? C'est très difficile à vivre.»

Malgré toutes ces années qui passent, Henri Provencher ne veut pas abandonner. Il rejette du revers de la main cette simple évocation.

«Je n'arrêterai jamais, je ne sais pas ce qui est arrivé à Cédrika», dit-il avec le regard d'un homme déterminé.

Le grand-père de Cédrika Provencher avoue avoir été rongé par des suspicions à la suite de la disparition de sa petite-fille. Il indique que souvent, les enlèvements d'enfants sont commis par des proches ou des connaissances de la famille.

«Quand quelque chose comme ça arrive, tu ne vois plus personne de la même façon, dont tes chums et ta famille», explique-t-il. «On a fait le tour et maintenant on sait que personne ne l'a fait. Les soupçons ne durent pas indéfiniment. Tu connais les membres de ta famille. On appelle ça les dommages collatéraux et chacun vit ça différemment.»

Très actif auprès de la Fondation Cédrika Provencher, le grand-père de la petite disparue a développé plusieurs projets au fils des ans, dont un outil, Mobilisation Cédrika, qui permet de réagir rapidement lors de disparitions.

Nombreux sont toutefois les projets, dont un avec l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui tardent à voir le jour, faute de ressources financières et humaines.

En terminant, une messe à la mémoire de Cédrika Provencher sera célébrée vendredi soir à 20 h au petit sanctuaire du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Cette célébration sera suivie d'une procession aux flambeaux. Les proches de Cédrika espèrent par la suite former une chaîne humaine autour du lac avec les personnes présentes.

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