Les femmes dans le Jell-O attirent la foule

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Une demi-douzaine de femmes se sont opposées les unes aux autres dans une piscine où 300 litres de Jell-O avaient été versés.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Brigitte Grondin a gagné son pari. Malgré les critiques, la tenancière du Pub l'Alibi a tenu, samedi, son événement baptisé Jell-O Mania et lors duquel des femmes se sont opposées les unes aux autres dans une piscine remplie de Jell-O... à la fraise. Au plus fort de la mêlée, les clients étaient refoulés à la porte faute de place disponible.

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Pour Xavier Beaudry, venu spécifiquement au Pub l'Alibi pour le Jell-O Mania, la polémique n'est pas toujours là où on l'attend.

Photo: Émilie O'Connor

Brigitte Grondin ne savait plus où donner de la tête, samedi. Son petit débit de boissons, qu'elle qualifie elle-même de «bar de village», était plein à craquer. Des hommes d'un certain âge, d'autres plus jeunes, des femmes également pour le tiers de l'assistance s'étaient réunis pour applaudir à chaudes mains la première édition du Jell-O Mania, c'est-à-dire des rixes de femmes en très petite tenue dans une piscine gonflable où flottent 300 litres de Jell-O.

D'ordinaire, au dire d'un habitué du Pub l'Alibi, tout au plus six ou sept clients montent la garde le samedi soir. En fin de semaine, la police a dénombré près de quatre-vingt personnes, soit bien au-delà des soixante-quatre places permises. Au point où les agents de l'ordre ont demandé à Mme Grondin de réduire l'achalandage. Notons que le prix d'entrée était de cinq dollars, un coût similaire pour chaque consommation. Un pari contre vents et marées qui, en somme, aura rapporté gros à la tenancière.

Personne, donc, au Pub l'Alibi, ne voyait quoi que ce soit de douteux de plonger deux femmes dans le Jell-O pour les voir s'y débattre avec conviction. Les règles étaient sans détour et, somme toute, succinctes: interdiction d'étrangler l'adversaire, de lui tirer les cheveux, de le griffer ou de le mordre. Une animatrice et un arbitre au micro attisaient la nature sauvage des lutteuses, encouragements repris en écho par une foule chauffée par l'alcool et réchauffée par la nouveauté. «Ce n'est pas des affaires que tu vois à tous les jours», lance un client septuagénaire qui, peut-être le seul, s'abreuvait au goulot d'une boisson gazeuse.

Polémique, donc? Pas de trace de polémique au Pub l'Alibi. Naella a sauté dans la piscine sans hésiter pour mener un combat à finir avec sa rivale. Même si des pointes de nudité perçaient ici et là lors des prestations, c'est davantage «pour avoir du fun» qu'elle a accepté l'invitation de Mme Grondin. Personne ne l'a obligée.

«C'est vraiment juste pour m'amuser que je fais ça. J'ai entendu des gens qui disent que ce n'était pas bien vu pour les femmes. Si certaines femmes voient ça comme ça, elles n'ont qu'à ne pas venir. Moi je ne vois pas ça comme ça. C'est juste du fun qu'on va avoir», insiste Naella en ajoutant que, comme à la télévision, lorsqu'on n'aime pas une chaîne, on change de chaîne. «Je suis une fille qui ne se laisserait pas aller dans n'importe quoi. Oui il faut se mettre en bikini, mais à la plage aussi je me mets en bikini. Tout le monde me voit les fesses quand je suis à la plage, alors ici c'est pareil. J'ai demandé à mon chum, il est au courant, et il m'a dit qu'il n'avait pas de problème avec ça. Et puis on ne se bat pas, on se tiraille un peu.»

Les clients non plus n'avaient visiblement «pas de problème avec ça». Pour Xavier Beaudry, venu spécifiquement au Pub l'Alibi pour le Jell-O, la polémique n'est pas toujours là où on devrait l'attendre. «Les femmes sont libres d'être ici ou non. J'ai lu des commentaires comme quoi c'était dégradant pour les droits de la femme. Au 21e siècle, je ne crois pas. Il y a de la porno partout sur Internet, bien pire que ce que l'on voit ici. Je crois qu'il y a une forme de divertissement là-dedans. Est-ce que c'est dégradant pour la femme de se divertir et de divertir? Je ne crois pas. Actuellement, on soulève une polémique par rapport à ce qu'on exploite le corps de la femme. Qui est exploité ce soir? La femme, ou l'homme qui va dépenser tout son argent de la semaine pour venir voir ça? Et puis tout ce que je vois ici, c'est un concept publicitaire incroyablement lucratif.»

Divertissement. Voilà le mot d'ordre imprimé sur toutes les lèvres samedi. Et à vue de nez, les spectateurs se sont sans conteste divertis. Un habitué de la place, qui ne veut pas être identifié, abonde dans ce sens, ajoutant du même souffle que cette «polémique» n'est rien de moins qu'une tempête dans un verre... de bière. «Dans le monde, y'a des choses bien pires que ça. Même au Québec. Je ne comprends pas qu'on s'arrête sur un petit événement de même et qu'on dit que la femme est exploitée. Les danseuses nues, elles, elles ne sont pas exploitées? Juste parce qu'elles se battent dans le Jell-O, les gens pensent que ça recule. Y'a pas rien qui recule ici.»

La propriétaire, Brigitte Grondin, ne recule pas davantage. Son chiffre d'affaire a plutôt avancé promptement lors de la soirée de samedi. De mémoire d'homme, ou de femme, c'est la première fois que son établissement fait salle comble et que les clients doivent être refoulés à la porte. Une polémique qui, somme toute, pèse bien peu dans la balance lorsque le tiroir-caisse ne cesse de sonner. Une «réussite», en résumé, que la tenancière compte bien renouveler.

«On va passer celui-là et, pour le prochain, on sera plus organisé», mentionne Mme Grondin, qui n'exclut pas la possibilité de faire du Jell-O Mania sa marque de commerce. «Les féministes y vont fort un peu», conclut-elle avant de retourner à ses clients.

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