Se battre dans 300 litres de Jell-O

La propriétaire du Pub l'Alibi, Brigitte Grondin.... (photo: François Gervais)

Agrandir

La propriétaire du Pub l'Alibi, Brigitte Grondin.

photo: François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Gélatine à saveur de fraise ou de citron? Les amateurs de Jell-O pourront répondre à cette question, samedi soir au Pub l'Alibi dans le secteur Pointe-du-Lac, alors que se dérouleront les controversés combats de femmes plongées dans 300 litres de gélatine sucrée. S'il y a foule, la propriétaire entrevoit déjà organiser d'autres soirées du même genre, cette fois dans une salle plus grande.

Lorsqu'elle a annoncé publiquement, le 3 juillet dernier, qu'elle entendait gonfler une piscine dans son bar pour permettre à une demi-douzaine de femmes de se débattre dans une mare de Jell-O, Brigitte Grondin, la propriétaire du Pub l'Alibi, ne s'attendait pas à soulever la polémique. Qui plus est, elle ne se doutait guère que son activité, que certains considèrent comme un recul en arrière pour la cause des femmes, allait connaître une telle popularité. En fait, la réponse est telle, admet Mme Grondin, qu'elle s'inquiète de voir son petit établissement crouler sous l'achalandage. Avec sa soixantaine de sièges, le pub ne pourra vraisemblablement pas recevoir tous les passionnés d'empoignades en contexte gélatineux.

«Il faut comprendre que mon bar a juste 64 places. Les gens veulent réserver, mais ça va être premier arrivé, premier servi. Je n'ai pas le choix. On a essayé de louer une autre salle, mais comme on a eu peu de temps pour se préparer... Mettons qu'il va manquer de place, c'est sûr», avoue Mme Grondin, qui ne comprend pas pourquoi la Ville de Trois-Rivières lui a mis «des bâtons dans les roues» lorsqu'elle a voulu réserver la salle communautaire du secteur Pointe-du-Lac. «On a essayé de louer des salles, mais la Ville s'oppose tout le temps», signale-t-elle.

«Il n'est pas question pour nous de recevoir ce genre d'activité dans un édifice qui nous appartient», répond Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. «Je pense qu'on est rendu plus loin que ça dans la vie aujourd'hui, de présenter des femmes qui vont se battre dans le Jell-O. Ce n'est pas très gracieux pour la femme, ce n'est pas une image assez... Bref, on n'est pas intéressé à s'associer à ce genre d'activité», résume le porte-parole.

D'après Mme Grondin, il en va tout autrement des citoyens qui l'ont approchée soit pour réserver une chaise, soit pour se jeter carrément dans la piscine. Si, pour l'heure, une demi-douzaine de femmes se sont montré intéressées à porter le bikini pour batailler dans le Jell-O, il semble que plusieurs autres clientes, voire certains clients, lui ont signifié leur intérêt pour prendre la relève aussitôt les premiers combats terminés.

«Il y a beaucoup de clientes qui veulent embarquer après. Peut-être que même les gars vont embarquer, tout dépendant de l'ambiance, je ne sais pas. Il y a peut-être bien des hommes qui vont vouloir l'essayer, on verra», mentionne Mme Grondin. «On s'entend qu'on est un bar de village, on n'est pas au centre-ville. Je n'ai pas voulu faire le festival du Jell-O, moi. Au départ, c'était juste une petite activité comme ça pour ma clientèle régulière. C'est devenu un peu plus gros que je pensais. C'est sûr que c'est énervant, parce que c'est devenu plus gros qu'on pensait. Ça nous a tombé sur la tête comme ça.»

Une popularité telle, en somme, que Mme Grondin compte bien profiter du filon et renouveler l'expérience, peut-être même en faire un incontournable parrainé par le Pub l'Alibi. Avec son équipe, elle magasine déjà les espaces commerciaux à louer, ici ou ailleurs, et espère qu'un propriétaire se joindra à elle.

«C'est sûr que si ça fonctionne [ce soir], je suis déjà en train de regarder pour une autre salle. La Ville de Trois-Rivières me met des bâtons dans les roues, alors si ce n'est pas à Trois-Rivières, ce sera ailleurs. J'essaie de louer des salles, mais ils ne veulent pas s'engager dans un événement comme ça», se désole la tenancière. «Peut-être parce que ça fait parler les féministes, je ne sais pas trop.»

Pour ceux qui souhaiteraient esquisser une image mentale de l'activité sans de déplacer, notons qu'une piscine gonflable sera installée à l'intérieur du Pub l'Alibi, dans laquelle 300 litres de Jell-O seront déversés (aux fraises, précise-t-on). Après chaque duel, les femmes auront le loisir de se nettoyer à l'aide d'un boyau d'arrosage. Ensuite, les spectateurs seront à leur tour invités à s'opposer les uns aux autres dans la gélatine qui, certainement, aura perdu de sa consistance. L'activité débutera à 19 h.

Rappelons qu'à peine la nouvelle lancée sur la place publique, le 3 juillet dernier, la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie dénonçait cette pratique qui, de l'avis de sa directrice, Joanne Blais, ramenait «la femme dans des situations où elle est utilisée comme un objet sexuel». L'organisme ne prévoit pas se rendre sur les lieux ce soir pour dénoncer l'événement.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer