Un autre cas d'église laissée à l'abandon à Trois-Rivières

Le terrain de l'ancienne église Sainte-Marie-Madelaine est laissé... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

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Le terrain de l'ancienne église Sainte-Marie-Madelaine est laissé à l'abandon, ce qui déplaît aux voisins.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

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Jonathan Cyrenne
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est une histoire qui rappelle celle de l'église Saint-Philippe, un bâtiment religieux laissé à l'abandon et des taxes municipales impayées. Depuis quelques mois, l'ancienne église Sainte-Marie-Madeleine à Trois-Rivières n'est plus entretenue au grand dam des citoyens et de la fabrique de la paroisse. Cette dernière doit également faire appel aux tribunaux afin d'être payée pour la bâtisse vendue, au coût de 415 000 $, il y a plus de deux ans.

«On est devant les tribunaux et on devrait avoir un jugement au début du mois d'octobre. On s'est fait flouer, on a eu le premier versement de près 120 000 $ et ensuite plus rien. Nous avons pourtant essayé de les accommoder. Ils n'ont pas respecté les ententes de paiement. Nous n'avons pas eu d'autres choix que d'aller devant la Cour supérieure du Québec pour essayer de récupérer notre argent. Le site ne nous appartient plus, on attend des développements afin que l'église soit mise en vente», explique le marguillier Pierre Samson.

Un projet de transformation de l'ancien lieu de culte et son presbytère en habitations résidentielles avait été évoqué par les acquéreurs, en avril dernier. Il s'agissait d'un projet de près de cinq millions de dollars. Les promoteurs souhaitaient amorcer les travaux cet automne en prévision d'une livraison de condos pour la fonte des neiges, en 2016. Il nous a été impossible de savoir si le projet était toujours en branle où s'il a été abandonné.

«Avant de faire des logements, ils doivent nous payer, mais ils n'ont pas d'argent, semble-t-il. Ils doivent aussi pour plusieurs dizaines de milliers de dollars en taxes à la municipalité», ajoute monsieur Samson. À la Ville de Trois-Rivières, on confirme que l'entreprise à numéros, propriétaire du bâtiment, accumule pour plus de 137 000 $ en dettes à Trois-Rivières. «On commence à travailler le dossier afin de vendre l'immeuble pour non-paiement de taxes. En souhaitant qu'on pourra s'entendre prochainement. On vise novembre, tout dépendra du jugement de la Cour», mentionne Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières.

La fabrique Sainte-Marie-Madeleine espère que tout le monde sera payé, comme il se doit. «Advenant que le juge autorise une mise en vente du bâtiment, le prix sera fixé en lien avec son état. Il risque de déprécier. On sait que le toit est encore très bon, il a même une garantie. Par contre, le mur sur le côté du clocher a perdu quelques briques, il y a eu des infiltrations d'eau au sous-sol. C'est dommage, l'édifice se dégrade. La compagnie n'a pas pris soin de maintenir son état. En principe, si l'ancienne église se vend, on ne fera plus beaucoup d'argent avec ça, la Ville est la première créancière à cause des taxes impayées», ajoute le marguillier.

Quant aux résidents du secteur, plusieurs se demandent ce qu'il adviendra de cette structure et déplorent le fait que les mauvaises herbes envahissent le terrain.  «C'est épouvantable, les branches poussent partout, les feuilles mortes n'ont pas été ramassées, c'est dégueulasse. Le Festival de l'Assomption au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap aura lieu bientôt, les touristes vont voir cette bâtisse à l'abandon, ça va nous faire une belle image», lance René Bordeleau un voisin.

La Ville de Trois-Rivières confirme avoir été avisée de la situation. Une lettre recommandée a d'ailleurs été envoyée, le 10 juillet dernier, à l'entreprise qui est propriétaire. Les autorités municipales lui donnaient dix jours pour faire l'entretien du terrain à compter de la réception de l'avis. Des inspecteurs retourneront sur les lieux prochainement, afin de s'assurer que les travaux seront effectués. Pour l'instant, aucune tonte de gazon n'a encore été faite.

La fabrique Sainte-Marie-Madeleine souhaite, elle aussi, que des mesures correctives soient apportées. «On a demandé à notre avocat qu'il parle aux autorités de la Cour supérieure afin que les propriétaires prennent des mesures pour éviter la détérioration de l'édifice. Il nous a dit qu'il ne pouvait pas entreprendre cette démarche», a déclaré Pierre Samson. Ce dernier conclut en se disant, qu'au moins, la fabrique a mis la main sur quelques milliers de dollars. «Après le jugement, si nous réussissons à récupérer un montant d'argent, même minime, nous serons heureux. Il ne faut pas oublier que certaines églises se vendent un dollar.»

Il nous a été impossible de parler à un des propriétaires de l'entreprise qui possède l'immeuble.

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