Shawinigan: des locataires laissés à eux-mêmes

L'immeuble du boulevard des Hêtres dans lequel Michèle... (PHOTO: JONATHAN CYRENNE)

Agrandir

L'immeuble du boulevard des Hêtres dans lequel Michèle Samson habite.

PHOTO: JONATHAN CYRENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jonathan Cyrenne
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une Shawiniganaise atteinte de la sclérose en plaques n'en peut plus d'habiter dans un logement qu'elle qualifie de dangereux et peu entretenu. Michèle Samson ne sait même plus qui est propriétaire de l'immeuble. Les escaliers tombent en ruine et la tonte du gazon n'a pas été effectuée depuis plusieurs semaines.

Ayant emménagé en mai dernier au premier étage d'un quadruplex du boulevard des Hêtres, la locataire s'attendait que des travaux soient effectués prochainement. Jadis, l'immeuble appartenait à la succession d'un homme de la région de Montréal. C'est son fils qui lui avait loué le logement. Il avait également signé le bail en mentionnant qu'il était l'exécuteur testamentaire. Ce dernier lui aurait mentionné qu'elle pouvait faire des travaux et qu'il la rembourserait en temps et lieu. Or, il y a quelques semaines, la locataire a reçu un avis provenant d'un huissier lui indiquant que «la Caisse populaire Desjardins Cité de Shawinigan retire au constituant de l'Hypothèque l'autorisation qu'elle lui a donnée de percevoir les loyers provenant de la location de l'immeuble.» 

Cette lettre a eu l'effet d'un coup de poing pour madame Samson. «J'ai compris que je ne serais pas remboursée pour les travaux que j'avais amorcés.» Les rénovations à effectuer demeurent colossales, puisqu'un trou est facilement visible au dessus d'une fenêtre, des problèmes de pourriture ont aussi été observés dans une armoire de la chambre de bain et les escaliers extérieurs menant au deuxième étage sont supportés par une roche que les locataires ont placée de façon temporaire. «C'est dangereux pour mon fils qui habite dans le logement du deuxième étage», précise la locataire. 

«La semaine dernière, je m'en allais dehors et la rampe de mon escalier est tombée. Ce n'est pas tout, je me suis levée un matin et j'ai vu de la mousse sur mon plancher, près de la fenêtre. J'ai décidé de l'ouvrir afin de voir ce qui se passait et le cadrage a tassé de quatre pouces (10 cm) dans le mur. J'ai pris mon téléphone et j'ai contacté l'huissier pour lui demander de faire des travaux pour ma sécurité. Il m'a répondu que je devais appeler à la Caisse Desjardins. L'institution financière m'a dit que ce n'était pas elle qui était en charge, tout le monde se passait la balle. Finalement, une dame chez Desjardins a envoyé quelqu'un pour fixer temporairement ma fenêtre, ajoutant qu'elle ne pouvait rien faire d'autre avant le retour de son supérieur.» 

Cette version a d'ailleurs été confirmée par l'employée de Desjardins. « J'ai effectivement envoyé quelqu'un réparer temporairement la fenêtre. Dès que mon patron sera de retour de vacances, nous allons tout faire pour régler la situation.» Notons que deux trous, un en haut et un autre au bas de la fenêtre, sont toujours visibles, permettant aux moustiques d'entrer sans problème. Un trou près de la porte d'entrée, à l'arrière du bâtiment, est aussi visible. Madame Samson s'inquiète également du système d'électricité en place. Le panneau d'alimentation électrique aurait de la difficulté à alimenter les électroménagers du bâtiment. Elle se questionne sur la présence d'une extension passant sous la galerie. 

En ce qui a trait à la réglementation municipale, le propriétaire du bâtiment contreviendrait à l'article 20 du règlement SH202 qui stipule que «tout bâtiment principal ou accessoire doit être maintenu en bon état et être réparé au besoin de manière à garantir son intégrité, sa sécurité et le maintien de son apparence. Les surfaces peintes, teintes ou vernies doivent recevoir une nouvelle couche de peinture, de teinture ou de vernis au besoin. Notamment, tout bâtiment doit être entretenu de façon à ne pas paraître délabré ou dans un état d'abandon.» D'ailleurs, mardi avant-midi, un inspecteur de la Ville est allé vérifier si les lieux étaient toujours sécuritaires et réglementaires. Ce dernier a constaté que l'escalier n'était pas conforme et que le gazon dépassait la hauteur permise. L'institution financière recevra un avis, sous peu, lui demandant de sécuriser l'escalier et de tondre le gazon. Desjardins aura deux semaines pour se conformer.

À la Régie du logement, on mentionne que «le propriétaire a l'obligation de veiller à ce que le logement qu'il loue soit habitable et sans danger. Un locateur ne peut offrir en location ni délivrer un logement impropre à l'habitation, c'est-à-dire dont l'état constitue une menace sérieuse pour la santé ou la sécurité des occupants ou du public. Par conséquent, le locataire peut abandonner un logement insalubre ou refuser d'y emménager. Cependant, ce dernier est tenu d'avertir le propriétaire de l'état d'insalubrité du logement avant d'abandonner celui-ci ou dans les jours qui suivent l'abandon.» 

Or, Michèle Samson estime qu'elle ne peut pas déménager pour diverses raisons. «Je travaille seulement 20 heures par semaine, je n'ai pas les moyens de payer un autre déménagement. Je suis atteinte de la sclérose en plaques, ma santé ne me permet pas de faire les boîtes, peindre à nouveau et déménager. Lorsque je suis arrivée ici, il y a quelques mois, j'ai fait une crise de sclérose en plaques causée par la fatigue. Quant à mon fils, au deuxième étage, il ne peut pas déménager puisque l'escalier n'est pas en mesure de supporter le poids des meubles. Ce qu'on souhaite, c'est qu'il y ait des travaux.»

L'immeuble de boulevard des Hêtres est toujours à la recherche d'un nouveau propriétaire. Il est en vente, par un agent d'immeuble, au coût de 109 900 $.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer