Chaulk Determination: la carcasse du navire sera démantelée

D'ici la fin de l'été, le Chaulk Determination... (Photo: Émilie O'Connor)

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D'ici la fin de l'été, le Chaulk Determination ne sera plus qu'un mauvais souvenir pour l'Administration du port de Trois-Rivières.

Photo: Émilie O'Connor

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Chaulk Determination sera finalement remorqué loin du port de Trois-Rivières où il a sombré le 26 décembre. Après qu'il eût touché le fond du fleuve, déversant dans la nature une partie des hydrocarbures qu'il contenait, après que la Garde côtière canadienne l'eût remis à flot par l'entremise du Groupe Océan, après que l'Administration du port de Trois-Rivières (APTR) eût observé une vigie constante de la carcasse métallique qui menaçait de couler à nouveau, l'APTR vient de remettre les clefs du célèbre remorqueur entre les mains de la firme Construction Démolition G.B.

«Nous aurions bien aimé voir le remorqueur quitter plus tôt, mais nous devions tout de même respecter certaines étapes. Ce qui importe, c'est d'avoir trouvé la bonne solution, le bon fournisseur, pour s'assurer de se départir correctement de l'épave. Bien qu'il se soit écoulé plusieurs mois entre le naufrage et le départ du Chaulk Determination, l'APTR a fait tout ce qui était en son pouvoir entre-temps pour éviter une seconde catastrophe», souligne Gaétan Boivin, président-directeur général de l'APTR.

Effectivement, en juin, ce dernier remarquait, non sans impatience, que le Chaulk Determination était «en pire condition qu'il était l'automne passé. Il va recouler l'hiver prochain, c'est sûr», répétait M. Boivin, ajoutant que «ce n'est pas une coquille vide».

Ainsi, depuis lundi, Construction Démolition G.B. s'active autour de l'épave, qui regorge toujours d'hydrocarbures et d'eaux huileuses. L'opération de nettoyage se déroulera directement au port de Trois-Rivières et devrait durer environ cinq semaines. Par la suite, l'entreprise trifluvienne sollicitera auprès de Transports Canada les autorisations requises afin de remorquer le Chaulk Determination jusqu'à Matane où il sera découpé au chantier maritime Méridien.

À l'APTR, qui demeure légalement responsable du navire, on avoue que ce démantèlement est une excellente nouvelle. À quai depuis des mois, le Chaulk Determination entraînait des pertes financières certaines puisque l'administration portuaire ne pouvait pas utiliser la portion du quai où il gisait. Quant aux coûts globaux de cette aventure et dont l'APTR devra faire les frais, la facture détaillée reste à déterminer. 

«Pour le port, les coûts sont à venir, parce que tous les coûts qui s'en viennent pour le nettoyage, remorquage, démantèlement, c'est le port qui, pour l'instant, va absorber la facture, parce qu'on veut vraiment qu'il s'en aille. À priori, il y a ces coûts-là. Sinon, les coûts pour le port, c'est le fait que le navire est à quai et que cet espace de quai, on ne peut pas l'utiliser. Sans compter une ancienne facture, que je ne pourrais pas chiffrer, que l'ancien propriétaire n'a jamais payée», précise François Jacob, directeur des communications de l'APTR.

Lors du naufrage, l'opération de sauvetage environnemental avait tiré 3,7 millions $ des coffres de la Garde côtière canadienne. 

Pour le propriétaire de Construction Démolition G.B., Guy Boisvert, ce contrat, somme toute inusité pour une entreprise qui se spécialise en démolition depuis 25 ans, est «un beau défi, un beau projet». Sa petite équipe a dès lors commencé à sécuriser le navire, lundi, et procédera au cours des prochaines semaines au nettoyage des débris et des huiles qui souillent toujours l'intérieur de la coque.

«Le première étape, c'est de sécuriser le navire. Après ça on s'occupera du nettoyage, on enlèvera tous les débris, puis on fera le nettoyage des huiles afin de le mettre sécuritaire selon les normes de Transports Canada. Ensuite, on le déménagera», signale M. Boisvert. Ce dernier ajoute que les parois intérieures du navire sont contaminées et devront donc être nettoyées. Qui plus est, le Chaulk Determination contient encore des eaux polluées par les hydrocarbures qui seront pompées, puis traitées.

Rappelons qu'à la suite du naufrage du Chaulk Determination, l'APTR a mis en demeure le Groupe CAI, propriétaire du remorqueur, afin qu'il retire l'épave de ses installations portuaires. Puisqu'aucune réponse n'était revenue en écho, l'administration portuaire s'était tournée vers la Cour fédérale pour obtenir un jugement sommaire lui permettant de se départir de la carcasse. Cette dernière instance avait alors rendu un jugement favorable à l'APTR. Après un appel d'offres, c'est l'entreprise Construction Démolition G.B. qui obtint donc le contrat, contrat dont le montant est demeuré secret, mais qui, assure-t-on, se situe dans les six chiffres.

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