Secteur Lac-à-la-Tortue: égouts ou pas, les riverains devront payer

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Le maire Michel Angers a passé une heure, samedi, à expliquer aux citoyens les avantages du projet d'assainissement des eaux usées dans le secteur Lac-à-la-Tortue.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Habiter les berges d'un plan d'eau a un prix. Qu'ils soient en accord ou non avec le projet d'assainissement des eaux évalué à 43 millions $, les résidents du secteur Lac-à-la-Tortue devront sortir leur chéquier. S'ils acceptent le projet d'égouts piloté par la Ville de Shawinigan, ils devront débourser au bas mot 14 000 $; s'ils refusent, la facture pourrait être encore plus salée.

C'est la conclusion qui est ressortie de l'Assemblée générale annuelle de l'Association pour la protection du Lac-à-la-Tortue (APL) tenue samedi et où un peu plus de 70 citoyens se sont donné rendez-vous. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ainsi que le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson, étaient de la partie et ont répondu pendant plus d'une heure aux questions des riverains.

D'entrée de jeu, le maire Angers s'est montré ferme: la situation actuelle, où des résidences déversent leurs eaux usées directement dans le lac, ne peut plus durer. «S'il n'y a pas d'assainissement des eaux, vous allez condamner le lac», a-t-il lancé à la foule. «Le but principal, c'est de sauver le lac», a aussitôt renchérit le maire Thompson.

Depuis trop longtemps déjà, a rappelé le premier magistrat shawiniganais, la Ville tolère les riverains récalcitrants qui refusent ou négligent de rendre leur fosse septique conforme à la réglementation gouvernementale. «On est plus que tolérant sur les fosses septiques», explique M. Angers, rappelant du même souffle à l'auditoire que la pression exercée sur ses épaules par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques était de plus en plus forte.

Les citoyens dont la résidence jouxte directement le lac doivent donc trancher dans les plus brefs délais: soit ils se résignent à défrayer les coûts inhérents à la construction d'un réseau d'égouts, via une taxe de secteur évaluée à 14 000 $ par maison, soit ils reçoivent, également dans les plus brefs délais, la visite d'un inspecteur municipal qui validera ou non la conformité de leur installation sanitaire avec, dans la négative, une facture évaluée entre 15 000 $ et 20 000 $.

«Ce projet [d'assainissement des eaux] est conditionnel à une chose, c'est que vous nous dites oui», avertit M. Angers en s'adressant directement à l'auditoire. «Si vous nous dites non et que vous n'en voulez pas, dites le moi et je vais arrêter. On a mis de l'énergie en ciboulot pour être capable d'arriver à ça. La pression, vous n'avez pas idée comment on en a mis de la pression auprès du gouvernement. Alors ce que je veux savoir c'est: êtes-vous intéressés oui ou non?», a lancé le maire Angers en parlant «d'opportunité incroyable». Dans la négative, «on va vous forcer, je vous le dis, on va vous forcer à mettre l'ensemble de vos fosses septiques conformes. Si c'est non, on va le faire. Je vous le dis, on va le faire.»

«Vous n'avez pas le droit de polluer volontairement, en sachant que votre fosse septique est non conforme. Vous n'avez pas le droit de dire: je ne le ferais pas. Il y a des amendes et, au niveau de l'environnement, les amendes sont pas mal salées.»

Ainsi, trois choix se présentent aux résidants du Lac-à-la-Tortue. Premièrement, dire non au projet municipal et rendre conforme leur fosse septique. Le président de l'APL, Claude Vaugeois, évalue cette option à près de 20 000 $ par résidence, soit 15 000 $ pour la fosse elle-même, 2000 $ pour le filtre (qu'il faut changer tous les huit à dix ans), auxquels il faut additionner les frais de vidange.

Si les citoyens disent oui au réseau d'égouts, ils devront s'attendre à une facture d'environ 14 000 $ par adresse pour le branchement de leur résidence, à laquelle il faut ajouter les frais de service pour ceux qui ne bénéficient pas de l'eau potable et les frais nécessaires à l'installation d'une pompe individuelle pour les résidences situées en-deçà du niveau prévu où serpenteront les tuyaux. Quant aux sommes qui devront être déboursées pour refaire l'asphaltage de la route qui encercle le lac, le maire Angers n'a pas voulu s'avancer et refuse de dire si la facture sera refilée à l'ensemble des concitoyens de Shawinigan où seulement à ceux touchés par le projet.

Enfin, il existe à l'heure actuelle des procédés de déphosphoration de l'eau, mais cette avenue est évaluée à 25 000 $ par résidence, sans compter la vidange des boues générées.

Chose certaine, si le projet est acceptée par la population du secteur, tous les citoyens touchés devront «brancher» leur maison ou leur chalet sur le système municipal, sans exception, même ceux dont la fosse septique est actuellement conforme aux normes du gouvernement.

La Ville de Shawinigan a reçu la confirmation que le gouvernement du Québec paiera le tiers de la facture du projet. À ce propos, Michel Angers rencontrera le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau, au cours du mois d'août. Le maire attend sous peu une réponse similaire du gouvernement canadien. Aussitôt ce dernier chèque assuré, ce sera au tour des citoyens à se prononcer, peut-être par voix de référendum.

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