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Hangar numéro 1 au port de Trois-Rivières: «comme une verrue qu'on a sur le nez»

Le hangar numéro 1 du parc Portuaire de... (PHOTO: OLIVIER CROTEAU)

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Le hangar numéro 1 du parc Portuaire de Trois-Rivières est dans la mire du maire Yves Lévesque.

PHOTO: OLIVIER CROTEAU

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De l'avis du maire de Trois-Rivières, l'Administration portuaire de Trois-Rivières (APTR) doit agir en «bon citoyen corporatif» dans le dossier du hangar numéro 1, ce trait d'union qu'il juge naturel entre le centre-ville et Trois-Rivières sur Saint-Laurent, pour ne pas dire cette porte d'entrée sur l'Amphithéâtre Cogeco. Si les projets ne semblent pas manquer sur la table de travail du premier magistrat, le port de Trois-Rivières refuse toujours de céder ce hangar avant qu'un «projet sérieux» ne lui soit présenté.

«J'ai dit à Gaétan [Boivin, président-directeur général de l'APTR] qu'il avait un rôle à jouer, que le port n'est pas une entreprise privée», avance le maire. «Nous on paye beaucoup la cohabitation [du port] avec la population qui doit vivre avec certains inconvénients. C'est normal qu'il y ait un port, mais d'un autre côté, le port a également un rôle à jouer dans cette cohabitation», affirme M. Lévesque, en prenant la Ville de Québec en exemple. «Le port est dans un milieu urbain et doit redonner quelque chose à la population.»

Avec l'investissement de 16 millions $ récemment annoncé par le gouvernement fédéral pour l'agrandissement des installations portuaires, la Ville espérait que le hangar numéro 1 pourrait accueillir un flot de nouvelles activités populaires. Une espérance jugée nécessaire par M. Lévesque, qu'importe le projet qui s'y implantera. Sera-ce un marché public? Sera-ce un stationnement étagé? Sera-ce une place publique, à l'image du projet qu'escompte réaliser Québec?

«Faut le faire, faut le faire», répète M. Lévesque en assurant qu'il mettra la pression nécessaire au bon endroit pour que le hangar numéro 1 revienne à la population. «Un moment donné, il faut s'enlever le doigt dans... comme on dit. Ça n'a aucun sens. C'est pour ça que moi, je vais mettre un peu de pression. Je suis rendu au hangar, c'est ça qu'il faut régler. C'est comme une verrue qu'on a sur le nez», image le maire. 

Au lendemain de l'inauguration de l'Amphithéâtre Cogeco, le directeur général de la Corporation des événements, Steve Dubé, avoue que le hangar numéro 1 suscite la convoitise. «Il allume des rêves», note-t-il. «Le maire a un beau rêve avec ça. C'est certain que si les projets de M. le maire venaient à se concrétiser, c'est le morceau de casse-tête qui viendrait vraiment faire le lien avec le parc portuaire. Ce serait extraordinaire», croit

M. Dubé.

Lorsqu'on questionne l'APTR sur la possibilité qu'elle déplace ses activités en dehors du hangar numéro 1 pour que la Ville puisse y aménager un espace public, le président-directeur général, Gaétan Boivin, assure qu'il est prêt à s'asseoir autour d'une table de discussion dont le sujet principal sera le hangar numéro 1. Cela dit, son vis-à-vis à cette table devra avoir en poche un «projet sérieux». Pour l'instant, affirme M. Boivin, personne ne lui en n'a jamais présenté. 

«Tant qu'il n'aura pas de projet sérieux, pour lequel il va y avoir du financement et qui permettra de conserver le patrimoine portuaire», indique M. Boivin. Over my dead body. Celui-là [le hangar numéro 1], il n'y en n'a pas un qui va le mettre à terre», signal le PDG. À son avis, la Ville n'a tout simplement pas les moyens de ses ambitions.

«Il faut que le privé s'implique. Il faut que le privé présente un projet. Et si ce n'est pas rentable pour un privé, la Ville n'a pas les moyens, pour l'instant, de faire ça. Et au port, on a tellement d'investissements à faire, qu'on n'a pas d'argent pour faire ça. Le hangar numéro 1 est un revenu important pour le port. Il est loué, j'ai des revenus importants qui sont associés à ça. J'ai un actif qui vaut plusieurs dizaines de millions $ sur le bord de l'eau», précise M. Boivin.

Lorsqu'on lui demande si l'APTR est un bon citoyen corporatif, M. Boivin rappelle qu'il n'est pas un organisme public et qu'il doit donc faire avec les lois du marché. D'autant plus qu'à la lumière des implications sociales réalisées depuis les dernières années, ce dernier estime que son organisation redonne au suivant. Entre autres, M. Boivin nomme la réalisation du parc Hector-Louis-Langevin, l'argent investi dans le terminal de croisières, la clôture ornementale installée à proximité de la place portuaire, ainsi que les milliers d'arbres qui, chaque année, sont plantés sur le territoire.

Du côté de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières (CCITR), on ne souhaite pas s'immiscer, pour l'instant, dans le dossier du hangar de Trois-Rivières. Cependant, on salue le récent investissement du gouvernement fédéral dans la réalisation de la phase 2 du projet Cap sur 2020 qui permettra à l'APTR d'augmenter de 40 % l'espace d'entreposage extérieur à quai. Lors de la visite du ministre Denis Lebel le 28 juin dernier, la CCITR était représentée par la présidente de son conseil d'administration, Karine Provencher, ainsi que par la directrice générale Marie-Pier Matteau.

«La Ville a sa mission, nous on a la nôtre, et on travaille ensemble pour s'aider mutuellement. Mais je comprends que le hangar numéro 1 est une infrastructure intéressante, mais ça peut être intéressant dans la mesure où il y a un projet», conclut Gaétan Boivin.

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