Phase 2 du CHRTR: «Cette fois, c'est la bonne»

Bien qu'il venait faire l'annonce de l'agrandissement du... (Andréanne Lemire)

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Bien qu'il venait faire l'annonce de l'agrandissement du centre hospitalier trifluvien, maintes fois repoussé, le ministre le ministre de la Santé et des Services Sociaux, Gaétan Barrette, a été accueilli de pied ferme par des représentants syndicaux et des employés.

Andréanne Lemire

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Cette fois, ça y est. La septième annonce en douze ans de la phase 2 du projet d'agrandissement et de réaménagement du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (auparavant le CHRTR) pourrait vraisemblablement être la bonne. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a fait un saut dans la région mardi pour se présenter comme l'homme de la situation. La première pelletée de terre est d'ailleurs prévue pour cet automne.

«Oui, je sais que c'est la septième annonce de la phase 2 du centre hospitalier. Je n'étais pas là pour les six autres. Cette fois, c'est la bonne», a lancé d'entrée de jeu le ministre Gaétan Barrette. Il répondait ainsi à plusieurs sceptiques qui ne l'espéraient plus cette deuxième phase qui prévoit la construction d'une nouvelle aile, l'ajout d'une cinquantaine de lits ainsi que le réaménagement des départements de cliniques externes, de cardiologie et d'urologie. 

«Et la raison pour laquelle c'est la bonne, c'est parce que dans le régime actuel qu'on a mis en place et dans le ministère que je dirige actuellement, les annonces qui seront faites seront définitives», affirme celui qui se proclame «spécialiste des vraies annonces». «Les autorisations seront données formellement pour qu'un appel d'offres soit lancé. Dès cet automne, vous verrez des travaux sur le site», ajoute sans hésitation le docteur Barrette.

Le projet exigera un investissement de l'ordre de 51 millions $, dont 49,5 millions $ pour la réalisation des travaux. Un montant de 2,6 millions $ viendra combler les besoins en équipement. Cette nouvelle aile à cinq niveaux d'une superficie de près de 12 500 mètres carrés viendra s'annexer à la structure déjà existante. On passera d'une capacité de 428 à 478 lits. Avec ces travaux, on espère pouvoir combler la demande des services de première et de deuxième ligne.

La réalisation complète du projet devrait s'échelonner sur une période de cinq ans. Si tout se déroule comme prévu, les appels d'offres seront lancées à partir du mois d'août et les travaux débuteront en octobre. À l'hiver 2018, les travaux d'agrandissement devraient tirer à leur fin tandis que l'échéance des travaux de réaménagement suivront en 2019.

Pour répondre aux nouveaux besoins, pas moins de 120 emplois équivalents temps complet viendront se greffer au personnel déjà en place. Un budget d'opération supplémentaire de 10 millions $ pourrait être octroyé pour combler ces besoins. 

Quant à savoir si ces agrandissements pallieront les problèmes d'accès aux soins de santé, le ministre a été catégorique. «La réponse à cette question se contient dans deux mots et deux chiffres: loi 10 et loi 20, deux lois qui doivent être appuyées par des infrastructures appropriées. Ce n'est pas l'infrastructure qui va régler les problématiques de l'urgence et de l'accès aux soins», a-t-il spécifié. 

Pour les dirigeants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec, le ministre Gaétan Barrette est l'homme tout désigné pour mener à terme le projet. Martin Beaumont, président-directeur général du CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec est lui aussi convaincu que «c'est la bonne». «C'est l'annonce avec un grand A. L'annonce qu'on attend tous quand on commence un projet, c'est celle d'aujourd'hui, celle sur laquelle on signe l'entente», soutient M. Beaumont qui en était à sa première annonce du projet d'agrandissement, lui qui est entré en poste en mars dernier. «Je pense que ce n'est pas tout de mettre des infrastructures. Il faut qu'à l'intérieur, il y ait de la fluidité, de la collaboration, du leadership collectif, que tout le monde s'y mette. Je crois que [M. Barrette] est l'homme de la situation. Il a déjà démontré des actions concrètes», justifie-t-il. 

Des inquiétudes

Dès son arrivée, le ministre Gaétan Barrette était attendu de pied ferme par des représentants syndicaux et des employés du centre hospitalier. Ceux-ci dénonçaient l'essoufflement des travailleurs du réseau de la santé ainsi que leurs inquiétudes par rapport à l'avenir des services publics au Québec.  

Tout de suite après l'annonce du projet d'agrandissement, Andrée Guillemette, présidente du syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec (SIIIACQQ) affilié à la CSQ, a pu s'asseoir à la table du ministre Barrette avec d'autres groupes de syndicats. Elle a pu faire valoir son point de vue, mais ne se faisait pas d'illusions. «M. Barrette a toujours réponse à tout. Il n'arrête pas de dire que du personnel en santé, il y en a suffisamment, mais qu'il est mal partagé. Ce n'est pas une raison pour que les gens soient à bout de souffle»,

rétorque-t-elle. 

Elle est également revenue sur la promesse de 120 emplois qui seront ajoutés au réseau de la santé de la région grâce à ce projet d'agrandissement. «On parle de 120 postes équivalents temps complet, mais ça ne veux pas dire que ça sera des postes à temps complet», nuance-t-elle. «Ça sera probablement des postes à temps partiel qui vont être affichés en majorité», prévient Mme Guillemette.

Le cas des supercliniques

Le ministre n'a pas échappé aux nombreux questionnements concernant la possible transformation du Centre Cloutier-du Rivage en superclinique. Pour Gaétan Barrette, il ne fait pas de doute que ce centre pourrait devenir une superclinique, car «les infrastructures sont là. Il n'y a rien à construire», remarque-t-il. Mais il semble que se soit le recrutement des médecins qui constitue un frein dans ce dossier. «Actuellement, il semble y avoir une certaine réticence des médecins à y aller. Et je ne peux pas forcer les médecins à aller travailler à telle adresse. Ça ne veut pas dire que ça n'arrivera pas. Aujourd'hui, on n'y est pas», s'est-il contenté de dire. En attendant, l'urgence de Cloutier-du Rivage restera ouverte jusqu'à nouvel ordre. 

Andrée Guillemette du SIIIACQ craint, quant à elle, que ce projet de superclinique ne se concrétise jamais. «Ils ont le personnel, ils ont le matériel. Ils ont l'aménagement pour être une superclinique. Ils ont tout, tout, tout. Mais il manque des médecins», déplore-t-elle. «On a amené la possibilité d'une superclinique en avril et on n'a toujours rien d'annoncé. À mon avis, ça n'arrivera pas», craint-elle.

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