Les Demois'Ailes ont réussi

Après avoir parcouru, à relais, 720 kilomètres entre... (PHOTO: ANDRÉANNE LEMIRE)

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Après avoir parcouru, à relais, 720 kilomètres entre Toronto et Trois-Rivières, les 45 Demois'Ailes sont arrivées au centre sportif Jérôme-Cotnoir dimanche en fin d'après-midi, sous les applaudissements des supporteurs venus les accueillir.

PHOTO: ANDRÉANNE LEMIRE

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Elles ont déployé leurs ailes, les 45 Demois'Ailes, entre Toronto et Trois-Rivières. Dimanche, elles ont atterri à bon port après avoir couru 720 kilomètres à relais, sous des slaves d'applaudissements de supporters venus les féliciter.

Elles ont couru, donc, malgré la chaleur, malgré les blessures, pour le bénéfice des maisons Le Far et La Séjournelle, deux organismes qui viennent en aide aux femmes victimes de violence conjugale. 

Anne-Marie Fortier, enceinte de huit semaines, a relevé le défi même si elle a dû faire certains petits ajustements, comme réduire un peu la distance à parcourir. 

«Ce défi, ça change une vie, ça fait voir les choses d'une autre manière. Notre défi, on l'a fait pour les femmes victimes de violence. Pour nous, ç'a été aussi un combat personnel, ça représentait leur combat à elles. Je ne peux même pas m'imaginer ce qu'elles doivent vivre. Je ne sais pas comment le dire, c'est inexplicable... En courant, j'ai pensé à la cause. Moi, je l'ai fait enceinte, donc j'ai vraiment pensé à ces femmes qui sont des mères et qui se battent pour leur enfant. Tout l'effort personnel qu'on a donné, tout le défi personnel qu'on a relevé, ça représente un combat, mais en beaucoup moins intense que ce que ces femmes-là vivent», indique Mme Fortier.

Un son de cloche partagé par Michelle Lapointe, qui a relevé le défi aux côtés de sa fille Tania. Cette dernière, qui a subi un grave coup de chaleur samedi et a dû être transportée d'urgence à l'hôpital, n'avait qu'une pensée en tête en arrivant à Trois-Rivières: la cause des femmes. «J'ai demandé à ma mère, qui court déjà, si elle voulait relever le défi avec moi et elle a accepté. Moi, je travaille avec cette clientèle-là [les femmes victimes de violence conjugale], alors je voulais courir pour encourager les organismes de notre région. On ne pourrait pas rien faire sans eux. On a couru beaucoup en pensant à eux. C'est un moindre mal de courir à la chaleur, quand des femmes vivent des choses difficiles comme elles. Ça nous a donné beaucoup de courage», indique Tania.

«Je retire de ce défi une satisfaction du travail d'équipe pour une cause très motivante», renchérit Mme Lapointe. «En courant, j'ai toujours pensé à la cause. Quand on n'en pouvait plus, on pensait aux dames qui vivent des drames dans leur vie. Nous, les blessures qu'on avait, ce n'est rien. Tout le monde est d'accord là-dessus chez les filles. Ce sont des filles vraiment formidables.»

L'émotion était palpable au centre sportif de la rue de Courcelette, où quelques centaines de personnes s'étaient donné rendez-vous. 

Marie-Pierre Brière-Rousseau ne pratiquait pas la course à pied il y a quelques mois à peine. Mais, à l'image de ses consoeurs, la jeune femme a traversé l'équivalent de deux marathons depuis mercredi dernier. Lorsque son père, Denis Rousseau, est venu l'accueillir, les mots se sont bloqués dans sa gorge pour laisser place aux larmes. «Je suis fier, d'elle», a-t-il dit.

«Je suis très fière de moi», ajoute aussitôt la Demois'Ailes en assurant que ce défi aura changé sa vie, tant au niveau de l'exercice physique qu'au niveau de l'alimentation. «L'année prochaine, j'aimerais ça le refaire», lance Marie-Pierre, malgré le mal. «Après quelques kilomètres, on s'habitue au mal. On a encore mal, mais on continue, et on aura encore mal pour les deux prochaines semaines.»

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